‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 282 sur 672 · DE · texte numérisé non relu

DE

+ nm Per

de Simon Machabée, lequel fut en effet prêtre et roi comm chisédech. Cette hypothèse mérite d'être prise en considéra

faut restituer par conjecture le commencement de quelques-unes.

L'acrostiche n'est donc pas démontré; mais il est vraisemblable.

que le psaume a été composé pour un des princes hasmonéens, grands pontifes et chefs de l'État juif.

Quoi qu'il en soit, le passage allégué par le Sauveur aux scribes contient des vœux pour un roiisraélite, non une prédiction concernant le Messie futur. Il est vrai seulement que l'esprit du psaume est messianique, et qu'il exprime l'espérance d'Israël. Les Juifs, au premier siècle de notre ère, voyaient dans ce psaume, comme dans presque tous les autres, une œuvre personnelle de David. À raïson des promesses qui sont faites au roi, peut-être aussi à la faveur

‘une certaine obscurité qui plane sur l’ensemble, et peut résulter en partie de l’altération du texte, on en appliquait le contenu au Messie. Le Sauveur cite le psaume et argumente conformément à ces opinions, tout comme il a cité plus haut le Pentateuque sous le nom de Moïse, et prouvé la résurrection des morts par les paroles : « Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ».

L’'exégèse chrétienne a trouvé dans la doctrine des deux natures la solution de la difficulté proposée par Jésus aux pharisiens : le

: Messie est fils de David selon sa nature humaine ; selon sa nature

divine, et comme Fils de Dieu, il est Seigneur de David. Mais ce n'est pas ainsi que les auditeurs ont pu le comprendre; et, autant qu'on en peut juger d'après la relation évangélique, ce n’est pas non plus cela que Jésus a voulu signifier. La tradition chrétienne, influencée par la tradition juive, a, dès l’âge apostolique, attaché à l’origine davidique du Sauveur une importance que Jésus lui-même n'avait pas voulu lui reconnaître. Mais on conçoit aisément qu'un intérêt de polémique, dans les controverses des premiers chrétiens avec les Juifs, ait produit ce résultat. Le Sauveur n’a jamais allégué devant les scribes les généalogies qu'on trouve dans Matthieu et dans Luc. Le peuple a crié sur son passage : « Hosanna au fils de David ! » Mais lui-même ne s'est point prévalu de ce titre, tandis qu'il a revendiqué celui de Fils de Dieu.

De la question posée par Jésus l’on peut inférer que lui-même ne se considérait pas comme descendant de David, et qu'il écartait ou prévenait l'objection qu'on pouvait tirer de cette circonstance

LE FILS DE DAVID

contre sa mission divine. Dégagé de toute subtilité théologique f, son discours signifie que le Christ n'a pas besoin d'êtrefils de David, et que sa dignité vient de plus haut. Les évangélistes ne s’en tiennent pas là. Matthieu et Luc certainement, Marc, très probablement, regardent Jésus comme descendant de David, et par conséquent n’entendent pas insinuer ici la négation dela filiation davidique. Mare a pu penser, selon l'esprit de Paul, quele titre quiconvenait le mieux au Christ n’était pas celui de fils de David, mais celui de Seigneur ?. Matthieu, icicomme dans le récit de la confession de Pierre, semble opposer le Fils de David, ou le Fils de l’homme, au Fils de Dieu, qui estle Seigneur, qui est Christ, parce qu'il est Fils de Dieu ÿ. Sans formuler la mêmeantithèse, Luc a dû avoir à peu près la même idée : ce n'est pas seulement de David que Jésus est fils, mais de Dieu, et cette filiation prime l’autre #.

La solution demandée par Jésus n’est pas de celles que pouvaient donner les scribes. Personne ne lui répond. Marc observe que le peuple l’écoutait volontiers ; mais celte indication est destinée surtout, dans la pensée de l'évangéliste, à préparer le discours qui suit. Dans son contexte 6, elle a moins pour objet de faire connaître l'impression particulière causée par les dernières paroles du Sauveur, que d’expliquer comment, grâce aux dispositions favorables du peuple, il a pu prononcer en public la condamnation des pharisiens. En tout ce qui précède, le rédacteur du premier Évangile n'a vu qu'une série de discussions où apparaissent l'endurcissement et l'impuissance des ennemis de Jésus. C’est pourquoi, avant de passer à leur condamnation, il dit que nul n'avait rien àlui répondre, et quon n’osa plus désormais? l’interroger. Il ne s’est pas inquiété de ce que, dans le récit qui précède, c’est Jésus lui-même qui interroge. Luc s’est abstenu de toute réflexion.

1. C’en est une que de regarder la mission du Christ comme indépendante en principe, non en fait, de la filiation davidique (B. Weiss, Mk. 194), ou de dire que Jésus ne veut pas fonder sa prétention messianique sur son origine davidique, d’ailleurs connue, mais sur sa filiation divine (DaLman, 1, 234, 262).

Page 1