‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 391 sur 672 · V. 25. «at etrav avt” nôpe, yet déxa LV&s · texte numérisé non relu

V. 25. «at etrav avt” nôpe, yet déxa LV&s

polation existe en effet, par rapport à la source primitive, mais non au texte du troisième Évangile, bien qu'elle manque dans quelques témoins !. Le motif qui l'a dictée se comprend beaucoup mieux chez l’évangéliste ? que chez un copiste postérieur; d'autre part, l'omission s'explique aisément par l'influence de Matthieu, l'intention de rendre son unité au discours du roi, et peut-être d'effacer en partie la difficulté provenant du chilfre des mines.

Les dernières paroles du maitre, dans les deux Évangiles, sortent du cadre de la parabole, et attestent les préoccupations allégoriques des rédacteurs. C’est le Christ souverain juge qui prononce dans Matthieu la condamnatiou du « serviteur inutile », et ordonne de le jeter en enfer, « dans les ténèbres extérieures, où il y a les pleurs et le grincement de dents ?. » La conclusion est dépourvue d'originalité ; elle vient en surcharge, comme une seconde punition du serviteur, et présente assez visiblement, tant par son contenu que par la façon artificielle dont elle est soudée au récit, le caractère d’une pièce rapportée. L'application de la parabole ne comporte pas de châtiment positif : de même que le serviteur négligent se voit retirer l'argent du maitre, l'homme qui ne met pas à profit le don de Dieu le verra passer à d’autres avec la récompense éternelle.

Ce que le roi dit, dans Luc, à l'adresse de ceux qui ont voulu s'opposer à son avènement #, est également surajouté. Ces paroles, comme tout ce qui a rapport à la royauté du maître, se détachent nettement du fond primitif de la parabole * ; elles visent la destruction de Jérusalem, où elles montrent le châtiment des Juifs qu ont crucifié Jésus. On a vu la même idée introduite par Matthieu

1. D, Ss. Sc. mss. lat. L'omission du v. 25 détermine chez ces témoins l'insertion de yé? après Aiyo.

2. Le v. 25 est de la même main qui a inséré dans le discours du roi la mention des assistants (supr. p. #76, n. 1). Les deux additions se correspondent.

3. C£ Mr. vin, 12; xxx, 13; xxiv, 51; dans tous ces passages on reconnait la main du rédacteur. La qualification de « serviteur inutile » ou « indigne » est appliquée dans Mr. xxv, 30, autrement que dans Lc. xvir, 10; supr. p. 454.

4. V. 27. 7Any zoùs 2 o0ôs mou zouzous ztA. Cf. Le. xvur, 8 b, où une addition rédactionnelle est introduite de la même manière. Après Le. xx, 27, D ajoute encore Mr. xxv, 39.

5. On peut retirer ces éléments sans altérer le récit. Lire, v. 12 : « un homme s’en alla dans un pays lointain », puis v. 13; omettre v. 14; lire, v. 15 : « et quand il revint, il fit venir ces serviteurs » etc.; remplacer, v. 17 et v. 19, la mention des villes par : « je t'en confierai beaucoup »; omettre v. 27.

dans la parabole du Festin !. Grâce à cette addition qui v pléter les précédentes, la parabole, destinée d'abord à faire la proportion que le Juge suprême établira entre la récompense : les mérites des individus, se trouve maintenant contenir une vue apocalyptique sur la destinée du peuple juif. Il semble que ces sup- 3 pléments allégoriques soient une sorte de paraphrase greffée sur la parabole, plutôt que les morceaux d'une allégorie indépendante?, née dans la tradition chrétienne, et que Luc se serait avisé d’amalgamer avec la parabole des Mines. Ces gloses ont le même caractère que celles du Festin dans Matthieu, et bien qu'elles puissent offrir-un sens complet sans la parabole qui les supporte #, elles paraissent avoir été conçues à son occasion.

Matthieu s'est beaucoup moins éloigné que Luc du sens original. Lui aussi a été dominé par l'idée de la parousie et du grand jugement: il ne s'est pas défendu de l'introduire dans la narration, et il en a ainsi altéré l'économie. Mais l'application originelle de la parabole visait, en effet, le jugement, et le tort de Matthieu a été d'insérer, par voie d'interprétation allégorique, cette application dans un récit qui ne se prête pas à l'allégorie #. Le portrait du maître ne convient ni à Dieu ni au Christ, et il ne peut fournir qu'un argument de comparaison : si un homme, préoccupé d'un intérêt égoïste et personnel,se comporte ainsi à l'égard de ses serviteurs, soit pour la punition soit pour la récompense, à plus forte raison Dieu, dans la matière du salut, qui est infiniment plus importante, se montrerat-il généreux pour ceux qui l’auront bien servi, et sévère pour ceux qui l'auront offensé par leur négligence. Le doublement du capital par les serviteurs actifs, osent du talent par l'esclave paresseux, l'idée du dépôt chez un banquier ne sont pas conçus en vue de l’allégorie. Même le proverbe qui servait de conclusion au récit dans sa plus ancienne rédaction : « On donne à qui possède, à qui n’a pas l’on prend ce qu'il a », indique l'application de la parabole, mais ne la contient pas. Il garde sa signification vulgaire, en rapport avec le sens naturel du récit, et il invite seulement le lecteur à penser que, dans l'affaire du royaume céleste, il en va de

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