‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 408 sur 672 · xrv · texte numérisé non relu

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A. Loisx. — Les Evangiles synoptiques, Il. 32

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à coup sûr. Luc ! et Jean? l’ ont ainsi compris, et il est bien Le ei

que le premier connaissait encore la source de Mare, c'est-à-dire le document primitif où il n’était pas question de Béthanie, mais seulement de la montagne des Oliviers. Comme la notation des jours appartient antérieurement au rédacteur qui connaît Béthanie, on pourrait croire que c’est lui-même qui, pour dater l’onction du Christ, a rédigé la notice : « Et la pâque et les azymes avaient lieu dans deux jours », la source faisant succéder simplement la démarche de Judas aux projets du sanhédrin ?. L'anecdote de l’onction a été intercalée entre les deux, pour des motifs qu'il est assez facile de discerner, et l'embarras du début témoigne en faveur de lemprunt à une source écrite.

D'autres hypothèses néanmoins sont possibles, la notation du second jour avant la pâque étant d’un autre caractère que le sectionnement des jours du ministère hiérosolymitain, et le lieu du repas ne pouvant être indiqué sur le mont des Oliviers, comme la retraite de Jésus. Il se pourrait donc que les deux indications viennent ici de la source primitive; mais on peut se demander si le repas dont il s’agit, au lieu d'être celui de l'onction,.n’aurait pas été le dernier repas de Jésus, et si Marc n’a pas anticipé ces indications pour faire coïncider le dernier repas avec la pâque. La mention de Simon le Lépreux n'est pas mieux préparée dans le récit de l’onction que celle de Joseph d'Arimathée dans le récit de la sépulture : on peut se demander si son nom ne se rattachait pas au récit de la dernière cène, ou à celui de la pécheresse de Luc, ou bien si Mare, en arrangeant son récit de l’onction, n'aurait pas voulu le relever par l'invention de ce personnage ?.

Le fait de l'onction se trouve interprété symboliquement en prophétie de la passion, et suggère au Christ une prédiction formelle de la diffusion de rares dans tout l'univers. Au moins dans cette conclusion, l'esprit du rédacteur paulinien se reconnaît. Ne pourrait-on aller plus loin encore, et se demander si une bonne partie de

x1, 37 ; xxnt, 39 (xarà 0 Eos).

xvitr, 1-2; QÉ. 820.

Cf. supr. p. 490.

Cf. Hozrzmanw, 98, commentaire de Mc. x1r, 12. WELLHAUSEN, Me. 115.

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la mise en scène ne devrait pas lui être aussi attribuée ? Sans doute l'historicité du fait n’est point compromise par la prévision que le Christ est censé avoir de sa fin, et l’onction n'est pas à regarder comme un symbole imaginé pour figurer la consécration messianique de Jésus par sa mort et sa résurrection !, bien que Marc ait dû l'entendre ainsi. Mais l’anecdote parallèle, qui est racontée par Luc ?, et qui a provoqué l'omission de celle-ci dans le troisième Évangile, pourrait suggérer l'hypothèse d'une adaptation pratiquée par le rédacteur du second Evangile sur un récit traditionnel, qui ressemblait bien plus à celui de Luc qu'à celui de Marc. On a vu plus haut que le récit de Luc a été influencé par la rédaction actuelle de Marc, et qu'il consistait essentiellement dans la démarche de la pécheresse pleurant aux pieds de Jésus, et dans la parabole des deux débiteurs avec son application. Réduite à ces proportions, l’histoire de la pécheresse peut sembler n'avoir pu être transformée dans celle de la femme qui répand le parfum sur la tête de Jésus. Cependant une telle transformation n’est pas impossible. D'ailleurs, il est aussi parlé d'onction dans le récit de Luc, et si la gaucherie de la narration peut faire supposer que l'onction y est adventice, on pourrait aussi conjecturer que le récit primitif mentionnait le parfum répandu sur la tête, et les larmes répandues sur les pieds : Luc n'aurait pas voulu que la femme touchât la tête du Sauveur ; Jean ? lui-même a euce scrupule, bien qu'il ne mette plus en scène une pécheresse, mais Marie sœur de Lazare. Dans ce cas, Marc n'aurait eu qu'à supprimer ce qui concernait le caractère personnel de la femme, c'est à-dire ce qui fait la signification historique et morale de l’anecdote, et interpréter le reste conformément à son symbolisme théologique, pour obtenir le récit qu'on vient de lire. Le rédacteur qui a supprimé l'histoire de la femme adultère était-1l incapable de modifier ainsi l'histoire de la pécheresse ?

. La remarque des disciples touchant la perte du parfum s'explique très bien si l'anecdote a une origine indépendante ; mais elle se comprend aussi dans l'hypothèse qui vient d'être indiquée, et l'évangéliste veut qu on l’entende comme un nouveau témoignage

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