‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 515 sur 672 · PET RENE · texte numérisé non relu

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sième remiement; c'est pourquoi aussi l'évangélisté sans autre explication, introduire la scène des ou bue aux hommes qui gardaiïent Jésus dans la cour du grand Combinaison artificielle, où la scène des outrages pra

avec le reniement de Pierre, à remplir le temps compris entre l'arrestation du Sauveur et la réunion matinale du sanhédrin ?.

Aïnsi qu'il a été observé plus haut, la scène des outrages chez Caïphe, tout à fait parallèle à la scène de dérision dans le prétoire, pourrait avoir été dédoublée de celle-ci, pour compléter le récit du jugement par le grand prêtre. On s’expliquerait ainsi plus facilement la gaucherie qui caractérisela narration de Mare, et que les deux évangélistes plus récents ont corrigée chacun à sa façon. Les « quelques-uns » qui, d’après le second Évangile, se mettent à frap- £ per Jésus, arrivent on ne sait d'où ; le contexte inviterait à voir en 4 eux des membres du sanhédrin ; mais Marc ne le dit pas expressément, et peut-être n'est-ce que par une maladresse de rédaction qu'il paraît le laisser entendre; il ne semble pas qu’une distinetion nette s'établisse en son esprit entre ceux qui commencent à … frapper Jésus, et les valets qui le reçoivent avec des soufflets ÿ, La

1. V. 63. ai oi àvdpes où ouvéyovtes aûrov véraitoy adr@ dépovres (ce dernier mot à manque dans D, mss. lat.), 64. xai neptxakdbavtes aûtov Étnouirwv Aéyovres" roopf= tevoov, Tis Éotivy © mnaious ge; 65. xai Erepa noA1à flaconuoÿvres EXeyov…elts ENT 6

. HozzmanN, #15. Ë

3. On voit volontiers dans ce passage de Marc un latinisme : « verberibus aliquem accipere » (Cicéron). Frecp, 40, objecte que Jésus ne tombe pas pour la première fois aux mains des valets, ce qui exclut aussi la traduction : « et les valets le prirent (en garde) avec des coups » (Meyer, B. Weiss, J. Weiss), et il préfère la leçon du texte reçu : £Baklov (ëfxkov), qui est plutôt supposé par mss. lat. et Ve. : « « caedebant ». Cf. Baxasy Allo, B£kec. Il semble arbitraire = d'attribuer à une rédaction postérieure le dernier membre de phrase de Mc. 65 (J. Wiss, AE. 320), sous prétexte qu’il n’a pas de parallèle dans Lue, et que les mots oi à ipérisav, qui y correspondent dans Mr. 67, seraient interpolés (Branor, 357). Matthieu et Luc semblent avoir voulu épargner à Jésus les coups des valets, mais ils ont connu tous deux le texte de Marc : le premier s'en sert pour compléter l’'énumération des outrages, et le second paraît y avoir substitué très consciemment l'indication vague de propos blasphéma- Loires. Le soufflet unique de Jn. xvur, 22, dérive de Mc. 65; l’idée d’un rapport inverse est contraire à toute vraisemblance.

mention de ces valets semble venir à la fin, pour compléter et rectifier l'indication donnée d’abord par l'évangéliste.

Matthieu et Luc font disparaître l'équivoque, le premier en ne faisant intervenir que Caïphe et les membres de son tribunal, le second en ne parlant, conformément à l'enchaînement de son récit, que des hommes qui avaient arrêté le Christ et « qui le tenaient » dans la cour du grand prêtre. Il n'était déjà pas très vraisemblable qu'une partie du sanhédrin se fût précipitée sur Jésus pour le couvrir de crachats et l’accabler de coups : l'invraisemblance est au

comble dans le premier Évangile, où Caïphe et tout le sanhédrin font ce que Marc a dit seulement de « quelques-uns ». Le récit de Matthieu est d’ailleurs mieux équilibré, puisque ce sont les mêmes personnes qui se permettent les crachats, les coups de poing et les soufflets. Matthieu et Luc se sont efforcés de ramener à l'unité un tableau dont l’incohérence résultait probablement de ce que Marc. indépendamment de l'intention apologétique dont on a déjà parlé, avait été plus préoccupé de l'accomplissement des prophéties que de la vraisemblance historique.

Le détail du voile jeté sur la face de Jésus pourrait être en rapport avec le passage d’Isaïe où les versions grecques disent que « la figure » de l'homme des douleurs « était comme cachée ! », et il ne faut peut-être pas chercher un rapport trop étroit entre cette circonstance et ce qu’on lit ensuite touchant l'invitation à prophétiser. Matthieu et Luc ont pensé que l’on demandait à Jésus de désigner ceux qui lui donnaient des coups *. Explication plus facile

1. Is. mr, 3. Dans l’hébreu, le Serviteur de Iahvé est comparé à un misérable devant qui on se voile la face. Mais les LXX lisent : 67: aréssoarrat =0 Zp0swroy aÿroù. Aquila (suivi par s. Jérôme : « el quasi absconditus vultus ejus ») traduit : &s äzoxszxcuuuivoy 7pdswroy aÿr05. Pour les autres traits, cf. Micu. 1v, 14 : « Ils frappent à la joue, avec un bâton, le juge d'Israël » ; surtout Is. 1, 6 (LXX). <0Y v@rév uou £dwza sis udoztyas, tùc DE otayôvas mou sis Éarisuaza, 70 DÈ rp6owz0v pou oùx arioresba 70 aisySms iurrusuécwv. BranDr, 10-71, compare aussi l Rois, xxrr, 24 (LXX). rai iréraës (Sedecias) +6y Meryaiay è7i TV GtayÔva zut sine" noïov rvedua xuo'ou :0 Xakioav àv ot ; Ce trait pourrait, en effet, avoir suggéré la demande de prophétie dans Marc ; mais celle-ci est d’abord une adaptation aux sanhédristes et aux satellites juifs de la dérision des soldats dans Mec. xv, 18.

2. L'accord des deux évangélistes en ce point su de Matthieu sur Luc, à moins que l'explication, +is ist: 6 raïous 0, n'ait été ajoutée de très bonne heure dans le troisième Évangile, d'après le premier, ce qui n’a rien d'impossible.

peut-être que naturelle. Dans Luc, qui a retenu voile, Jésus est invité à désigner chaque auteur des reçoit : comment fera-t-1l, puisqu'il ne les voit pas ; il fau a de qu'il dise leurs noms; pour se livrer à ce jeu, on n'avait | besoin de lui bander les yeux. C’est pourquoi Matthieu ne dit rien du voile; mais, comme il ne dit pas que l’on demande à Jésus le p nom de ceux qui le frappent, il semble quele Christ, ayant la liberté de voir, pourrait aisément faire ce à quoi on l'invite. On est done en droit de douter que Matthieu et Luc aient bien saisi la pensée de Mare, et que celui-ci ait voulu prêter aux insulteurs du Christ … l'invitation dérisoire à indiquer, moyennant le don de prophétie dont il devait être investi, soit le nom, soit la personne de ceux … qui le frappaient !. S'agirait-il d'annoncer le destin particulier et la # punition de chaque HÉES ?? Une pareille détermination du sens est moins vraisemblable encore que celle qui a été déduite du contexte par les évangélistes plus récents. On ne voit pas pourquoi … à Mare n'aurait pas attribué au mot « prophétiser » une signification générale *, qui serait, dans la bouche des insulteurs, comme une 4 définition du ministère messianique auquel Jésus prétend ‘. Jésus serait invité par dérision à faire le prophète, soit par une prédie- À tion, soit par un signe analogue à ce que l'on croyait et racontait … des prophètes anciens. |

Marc, xiv, 66. Et Marru. xxvi, 69. Ce- Luc, xx11, 96. Et une comme Pierre élait en pendant Pierre était servante, ayant vu bas, dans la cour, il assis dehors, dans la Pierre assis auprès du vint une des servantes cour, et une servante feu, et l'ayant regardé M du grand prêtre; 67. s'approcha de lui en attentivement, dit : «I et voyant Pierre qui se disant : « Toi aussi, tu était aussi avec lui, » chauffait, après l'avoir étaisavecJésusle Gali- 57. Et il le renia, M regardé, elle dit: « Toi léen. » 70. Et il nia disant : « Femme, je ne M aussi, tu étais avec Jé- devant tous, disant : le connais pas. » 58. sus le Nazaréen. » 68. «Je ne sais ce que tu Et peu après, un autre, Et il nia en disant: dis. » 71. Et commeïil le voyant, dit: « Toi « Je ne saisnine com- sortait vers la porte, aussi, lu en es. » EL prends ce que tu dis.» une autre le vit et dit Pierre dit : « Homme,

Keil, Holtzmann, Schanz, etc.

. B. Weiss, Mk. 227 ; cf. Hourzmann, 178.

Meyer, ap. B. Weiss, loc. cit. Cf. \VELLHAUSEN, Me. 153. Cf. supr. p. 613, n. 1.

Et il s’en alla dehors, dans le vestibule, et un coq chanta. 69. Et la servante, le voyant, se mit à dire de nouveau à ceux qui se trouvaient là : « Il en est. » 70. Et il nia de nouveau. Et peu après, ceux qui étaient là dirent encore :

« Certainement tu en es, car Lu es galiléen. »

71. Et il se mit à faire des imprécations el à Jurer: « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. » 72. Et “aussitôt, pour la sefois, un coq Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus dite: « Avant qu'un deux fois, tu renieras trois fois. » Et à ce souvenir, 1l pleura.

conde chanta.

lui avait

coq ait chanté

me

à ceux qui se trouvaient là : « Celui-ci était avec Jésus’ le Nazaréen. »

72. Et il nia de nouveau serment « Je ne ne connais pas DS CET ceux qui s’approchant, dirent à Pierre :

toi

avec

cet homme.

peu après, étaient là, « Certamement , aussi, tu en es; car ton langage te fait connaitre.» 74. Et 1l se mit à faire des imprécations et àjurer : « Je ne connais pas cethomme.» Et aussitôt un coq chanta. » 75. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite :

« Avant qu'un coq ait chanté, tu me renieras

trois fois. » El s’en allant dehors, 1l pleura amèrement.

Je n'en suis pas. » 59.

Et une heure environ s'étant écoulée, un autre insistait, disant :

« En vérité, celui-là aussi était avec lui, car il est galiléen. » 60. Et Pierre dit: « Homme, Je ne sais ce que tu dis. » Et au même instant, comme il parlait encore, un coq chanta.

61. Et se retournant, le Seigneur regarda Encre el VEeRre Ce ressouvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant qu'un coq ait chanté aujourd'hui, tu me renieras trois fois. » 62.

[Et s'en allant dehors, il pleura amèrement.|

Le récit du reniement fait suite à ce qui a été dit plus haut ! touchant l'entrée de Pierre dans la maison du grand prêtre, et la har-

diesse qu'il avait eue de se glisser parmi les gens de Caïphe, auprès du feu où ceux-ci se chauffaient. Marc dit qu'il se chauffait « à la lumière ? », parce que le brasier, en effet, éclairait à l’entour et allait permettre de reconnaître l’intrus. Matthieu, qui n'a pas égard à la circonstance du feu allumé, préfère indiquer l'intention de Pierre : « voir la fin ? » de cette triste aventure.

Dans l'agitation où le retour de la troupe armée avait mis la mui-

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