C£. Mazpoxar, I
6. In À. loc. : « Legi nuper in quodam hebraico volumine, quod nazarenae sectae mihi Hebraeus obtulit, Jeremiae apocryphum, in quo haec ad verbum scripta reperi. Sed tamen mihi videtur magis de Zacharia sumptum testimonium, evangelistarum et apostolorum more vulgato, qui verborum ordine praetermisso sensus tantum de Veteri Testamento proferunt in exemplum. » S. Jérôme et s. Augustin croient à un lapsus de l'évangéliste ; mais le dernier (loc cit.)
d'un nazaréen, c’est-à-dire d’un judéo-chrétien de son temps, un apocryphe de Jérémie où la citation de Matthieu se trouvait littéralement tout entière. Par malheur, il est’ impossible aujourd’hui, n'ayant pas cet apocryphe, de dire s’il a été composé avant ou après l'Évangile. On admet volontiers que le livre connu de saint Jérôme avait été rédigé tout exprès pour justifier une citation qui ne se trouvait pas textuellement dans les écrits canoniques. Le rédacteur des récits de l'enfance et d’autres morceaux de Matthieu, qui font valoir l’accomplissement des textes prophétiques, n'avait pas grand scrupule en matière de citations; 1l a pu puiser dans une tradition légendaire qui traitait fort librement les textes, et dont il n'aura pas pris la peine de vérifier les données 1!
Marc, xv, 2. Et Pi- Marta. xxvu, 11. Et Pvc, our, 2. Etuils
late l'interrogea : « Tu es le roi des Juifs? »
Et répondant, il lui diPounlerdis >; Et les chefs des prêtres formulaient contre lui beaucoupd’accusations, 4. Et Pilate l'interrogea de nouveau : « Tu ne réponds Vois quelles accusations ils formulent contre toi ! » 9. Et Jésus ne répondit plus rien, de sorte que Pilate était étonné.
rien ?
Jésus comparut devant
le gouverneur; et le gouverneur l'interrogea, disant : «Tu es le
roi des Juifs ? » Et Jésus répondit : « Tu (le) dis. » 12. Et comme les chefs des prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. 13.
Alors Pilate lui dit :
« N'entends-tu pas quels témoignages on porte contre toi? » 14.
Et il ne lui répondit pas un mot sur rien, en sorte que le gouverneur était très étonné.
se mirent à l'accuser, disant : « Voici un homme que nous avons trouvé à pervertir notre nation, à défendre de payer le tribut à César, et à dire qu'il est le Christ-roi. » 3. Et Pilate disant : « Tu es le roi des Juifs ? » Et répondant, il lui dit : « Tu le dis. »
&. Et Pilate dit aux chefs des prêtres et à La foule : « Je ne trouve rien de criminel en cet homme. » 5. Et ils insistaient, disant : « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée, ayant commencé par la Galilée, jusques ici. »
l'interrogea,
pense que Matthieu n’a pas voulu corriger son erreur, parce que, vu l'unité de l'inspiration prophétique, « quae dicta sunt per Jeremiam tam sint Zachariae quam Jeremiae, et quae dicta sunt per Zachariam tam sint Jeremiae quam Zachariae. »
1. Acr. 1, 20, applique à Judas Ps. Lxix, 26; cix, 8. Peut-être n'est-il pas
I1 semble que les accusateurs de Jésus aient trouvé L: tribunal, prêt à les entendre. Le procurateur avait sa
de veiller au maintien de l'ordre. On admet volontiers que |
s’installait alors dans le palais d'Hérode. Mais on a supposé aussi”
que ce palais pouvait rester encore à la disposition des princes de.
de la famille hérodienne, et que Pilate était installé dans la tour.
Antonia, où se trouvait le quartier de la garnison romaine, et d'où -
il pouvait plus facilement réprimer tout désordre qui se serait
produit aux abords du temple. Les récits de la passion supposent |
que le tribunal de Pilate se trouvait tout près de l’endroit où étaient
casernés les soldats romains. Mais ce peut être affaire de perspec- ”
| tive. La tradition primitive de l'Évangile a pu savoir où demeurait … Œ Pilate ; nos évangélistes ne le surent plus que vaguement. 2
L ve Évangile ne contient le procès-verbal de ce qui se passa
chez le procurateur. Nul disciple ne se trouvait à même d'entendre …
les accusations des prêtres, les questions de Pilate et les Me E
de Jésus. La tradition a pu connaître seulement par voie indirecte pa les traits généraux de l'interrogatoire et les principaux incidents …
qui se passèrent depuis le matin du vendredi jusqu’à l'heure du cru=…
cifiement. 8 À Luc ! seul a pris soin d'énumérer les griefs allégués contre le …
Sauveur. Tout se ramène à la prétention messianique, présentée comme une entreprise politique et une révolte contre l'autorité à
romaine. Jésus est un perturbateur, qui défend de payer le tribut
Gate bé.
inutile d'observer que la seconde citation, dans le texte du psaume, est précé-, Ê dée de ces mots : « Que ses jours soient en petit nombre ». Srrauss, Il, 330. L'idée du champ acheté ou possédé pourrait aussi venir de Ps. Lxix, 26, où il est question d’un parc ou d’une campagne (LXX, ëxavax). WREDE, Vorträge, 144. : à 1. V. 2.ñpEavro dè zatryocely adtod Aéyovtes" roïtov edoauev drastoioovra r0 EGvos 4 = fu&y (Marcion, dans Épiphane, et plusieurs mss. lat. ajoutent xai xar@\0vrx rôv M vôuoy za roùs roopñtac. BLass, 103, observe a ec raison que ces mots pouvaient Re tomber aisément devant #2 xwAÿoyza, mais que c'était aussi une glose facile à tirer de Mr. v, 17) xai xwAÿoyta o6pous Katoagt diva (Marcion ajoute encore xæi arooteégovra tas yuvaixas xai à téxva, ce que les mss. lat. c e lisent à la fin du v. 5 : «et filios nostros et uxores avertit a nobis», en complétant : « non enim baptizantur sicut et nos, nec se mundant »; le ms. c. lit « baptizatur », omet «et », et «nec se mundant ») zai Ayoyra Eauroy Xotorôy BasrAéa sivar. E.
à César !, et quise dit le Messie, c’est-à-dire le roi des Juifs. C’est sur«ce dernier point que Pilate interroge l’accusé, soit parce que les autres griefs sont subordonnés à celui-là, soit plutôt parce que la source primitive n’en mentionnait pas d'autre ?. Jésus avoue qu'il est le roi des Juifs ».
Si l’on prend les textes évangéliques comme lettre d’histoire, l'attitude ultérieure de Pilate donnerait à penser que le Sauveur n'a pas dû s’en tenir à cette déclaration, ou que l’accusation se sera contredite elle-même, car le procurateur se montre persuadé que les prétentions messianiques de Jésus n’ont rien de dangereux pour l'État. Dans le quatrième Évangile +, Jésus dit en effet à Pilate que son royaume n'est pas de ce monde, et, bien que les termes de cette déclaration soient tout johanniques, on pourrait être tenté de penser que Jésus a dit au procurateur quelque chose de semblable. Peu disposé à examiner le côté religieux de la question, et complètement rassuré au point de vue politique, Pilate n'aurait vu en Jésus qu’un homme inoffensif, poursuivi par la haine de ses coreligionnaires, pour des raisons qui n'avaient aucun rapport avec les intérêts de la domination romaine en Palestine. Ce serait seulement après avoir donné ces explications, que Pilate avait le droit de recevoir, et quand le procurateur faiblit devant les accusations réitérées et les récriminations passionnées des Juifs, que Jésus se serait renfermé dans le silence. Il n'aurait pas voulu défendre inutilement sa vie; Pilate n’en aurait pas moins été étonné de voir un homme, en danger d’être condamné à mort, si peu soucieux d'éviter le sort qui le menaçait ?.
{. Cf. Mc. xu, 13-17, et parallèles, supr. pp. 331-336.