‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 550 sur 672 · Mc. x1v, 65; supr. p. 611, n · texte numérisé non relu

Mc. x1v, 65; supr. p. 611, n

6. La rédaction actuelle est en correspondance avec Mc. x, 34 (Mr. xx, 19; noter que Le. xvurr, 32, ne se trouve que partiellement accompli dans la passion). Cf. supr. p. 613, n. 1.

AT

PPT Se ER

. Fi. mnt

Tv

DEVANT PILATE à 657

Avant d'emmener le Christ au Calvaire, les soldats lui ôtent le manteau de pourpre, et probablement aussi la couronne d'épines, non pas peut-être que, tout en se moquant du judaïsme, à l’occasion du roi des Juifs, Pilate n'ait pas voulu, par prudence politique, poursuivre cette dérision dans les rues de Jérusalem {, mais parce que l'exécution devait se faire dans les formes ordinaires, et que la comédie de royauté ne se poursuivait pas jusqu'à la fin. On finit donc par remettre à Jésus ses propres habits, et on l'emmène hors de la ville pour le crucifier ?.

1. Hozcrzmanx, 104. ; 2, Mc. 20. xat ote evérarEay aût@, <Eédusav aûzoy tnv ro0pUpa za Év£duSaY aUTOY TX 7 HE 1 |) bol

Cr DS “hs Ces. ee r re 7 » = 3 iudria avTod. xat EEdyouoiv autov Eva oraupusousty adrôv. Mr. 31. x. 6. à. a, £. à. +.

Aïda, 4. Ë. &. t.L. &., 4. ARNYAYOV adTOV Ets TÔ cTaupéaat. Ve 0 i L

À. Lorsy. — Les Evangiles synoptiques, IL. 42

Marc, xv, 21-39. Marru. xxvu, 32-54. Luc, xx, 26-47.

La mort de Jésus fut la grande épreuve pour la foi de ses disciples. Cette foi fut assez puissante pour grandir en une occurrence qui aurait pu la détruire. Mais elle dut plus tard se :justifier à ses propres yeux et se défendre contre les objections des Juifs. Elle s’est représenté la mort de Jésus comme il convenait à son propre idéal et au besoin de son apologétique.

Marc, xv, 21. Et ils Marru. xxvu, 32. Et Luc, "xx 96PRER requirent un passant en sortant, ils trouvè- comme ils l'emmequiarrivaitdeschamps, rent un homme de Cy- naient, ayant pris un Simon de Cyrène, père rène, appelé Simon ; certain Simon de Cyd'Alexandre et de Ru- ils le requirent pour rène, qui revenait des fus, pour qu'il empor- qu'ilemportât sa croix. champs, ils le chargètât sa croix. rent de la croix, pour

la porter derrière Jésus.

A Rome, le supplice de la croix! était réservé aux esclaves. On l’appliquait aussi aux condamnés à mort qui n'étaient pas citoyens

. romains, aux voleurs de grand chemin, aux rebelles. Cette peine

était regardée comme la plus infamante. Chez les anciens peuples d'Orient, la croix consistait en un simple poteau. Chez les Romains, elle avait de plus une traverse que l’on attachait horizontalement au sommet du poteau, et sur laquelle on clouait les bras du crucifié. Le poteau dépassait-il la traverse, ou bien celle-ci était-elle ajustée à l'extrémité du poteau ? On ne saurait le dire. Il semble que, dans la croix de Jésus, le sommet du poteau dépassait la traverse, puisqu'on mit une inscription au-dessus de sa tête. Néanmoins cet argu-

4. Sur la croix et le crucifiement, cf. DB, I, 528-529 ; EB, I, 957-961 ; Branor, 179-192.

ment n'est pas décisif, car on conçoit qu'une inscription ait pu être visible au-dessus de la tête de Jésus, même avec une croix en forme de T, car le corps du Sauveur était entraîné par son poids vers la terre, et sa tête pouvait être à un niveau plus bas que ses mains clouées. Une cheville plantée dans le poteau passait entre les jambes des crucifiés et ‘soutenait leur corps. Mais on peut douter que cette cheville ait été placée de façon que les bras n'eussent rien à supporter et se trouvassent étendus tout droits le long de la traverse.

On ignore si Jésus fut chargé des deux morceaux de sa croix, mais il fut au moins chargé du poteau ‘. La flagellation avait épuisé ses forces. Comme il succombait sous un fardeau trop pesant pour lui, les soldats prirent un passant, qui arrivait de la campagne, et l’obligèrent à porter la croix. La tradition à conservé le nom de cet homme : c'était un juif de Cyrène, appelé Simon ?. Ses deux fils, Alexandre et Rufus, étaient connus de la communauté chrétienne pour laquelle fut rédigée cette notice, peut-être vivaient-ils encore lorsque ce passage du second Évangile fut écrit. Il est donc tout à fait vraisemblable qu'ils embrassèrent la foi de Jésus, peut être après leur père lui-même; toutefois, leurs noms étant des plus communs, il n’y a pas lieu de les identifier avec l'Alexandre des Actes, ou celui des Épitres à Timothée, et le Rufus de l'Épitre aux Romains?. L'indication qui les concerne paraït surajoutée dans Marc; elle a été omise par Matthieu * et par Luc®, comme dépourvue d'intérêt pour leurs lecteurs.

Rien ne prouve que Simon demeurât à Jérusalem. Il pouvait y être venu seul ou avec sa famille, pour la fète de pâque. Les soldats le mettent à réquisition comme il entrait en ville, arrivant de la campagne. On ne dit pas qu'il vint de travailler dans un champ. Cette circonstance, alléguée souvent pour démontrer que le Sauveur

. « Patibulum ». Cf. Branpr, 172, n. 1.

2. Mc. 21. xai GER n (cf. Mr. v, 41 ; 1, 587, n. 5) zaséyovré tua X'uwva Kupnvaïov Écyouevoy àr'aypob, Toy rarioa ‘ A vÜcou zxai ‘Poÿoou, ya on =0v GTaucoy aÜToÿ.

3. Act. x1x, 33 ; 1 Tim 1, 20 ; II Tru. 1v, 14; Rom. xvi, 13. 4. NV. 32. Ecpyduivor dt c0cov av0owroy Kopnvaïov (D, mss. lat. ajoutent sic a74y- GS adtoÿ) ovôuart Eluwva- robrov nyyéceusay (va &on TOY sravpüy adroë. . V. 26. ai &s ànfyayoy aÿrov (ces mots correspondent à Mc. 20 b, supr. D ea n. 2), érihzfqpevor Etuwové riva Kugnvaïoy 2oyôuevoy àr'ayeoÿ (d'après Mc. 21)

èr ee adt@ TOv sraupoy pécetv Ortoflev ro5 Insoù (cf. 1x, 23 ; x1v, 27).

La

a été crucifié un jour ordinaire, et non le jour de la pâque, n'est pas ñ

indiquée dans les textes évangéliques. L'heure de la rencontre n'invite pas autrement à voir en Simon un paysan revenant de son travail. On lit dans la finale de Marc, à propos des disciples d'Emmaüs, qu'ils allaient « à la campagne ! » ; or ces disciples n’allaient pas travailler aux champs ; ils sortaient simplement de la ville. Les soldats romains prirent cet étranger, parce qu'ils ne voulaient pas porter eux-mêmes l'instrument de supplice, et qu'ils n'osaient peut-être pas réquisitionner un habitant de Jérusalem ?.

Luc, xx, 27. Et il y avait à sa suite une grande multitude de peuple et de femmes qui se lamentaient et le pleuraient. 28. Et se retournant vers elles, Jésus dit: « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. 29. Car voici venir des jours où l'on dira : « Heureuses les stériles, les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n'ont pas nourri ! 30. Alors on en viendra à dire aux montagnes : « Tombez sur nous! » et aux collines : « Couvrez-nous ! » 31. Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu'arrivera-t-il du sec? »

Les deux premiers Évangiles ne disent pas que la foule ait suivi Jésus et les soldats qui devaient le crucifier. On conçoit néanmoins que beaucoup de personnes, mues par des sentiments divers, se soient jointes au cortège pour être témoins de l'exécution. Luc parle d'une grande foule de peuple, et spécialement de femmes qui se lamentaient sur le sort de Jésus ?. Ce n’est point le groupe de pieuses femmes dont on dira plus loin qu'elles accompagnaïent le Sauveur depuis le temps de sa prédication galiléenne, mais des femmes de Jérusalem, qu'on doit supposer en assez grand nombre et témoignant publiquement leur douleur. D'après la tradition rabbinique “, les femmes de la haute société hiérosolymitaine avaient

coutume de préparer pour les condamnés à mort un breuvage assou-

pissant qu’elles apportaient elles-mêmes. Selon Marc *, ce breuvage aurait été, en effet, présenté à Jésus, mais par les exécuteurs.

4. Mc. xvi, 12. ropevouévors et àypôv. Mo. xunr, 16, 6 sis zov aypôv, où «le champ » (avec l'article) s'oppose à « la maison », n'est point parallèle à xv, 21, où la campagne s'oppose à la ville. Cf. Branpr. 170.

Page 1