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LES GALILÉENS MASSACRÉS

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une mort si effroyable parce qu'ils étaient particulièrement crimi- TS nels. Jésus tire de l'événement une leçon pour ses auditeurs : les maux qui atteignent certains individus ne prouvent pas qu'ils soient plus coupables que d’autres, mais leur infortune doit servir +. d'avertissement à tous. Jésus ne nie point qu'il y ait un rapport | nécessaire entre la faute et le châtiment, ni que les Galiléens fussent coupables devant Dieu et dignes de punition; sans toucher à la question générale de la justice providentielle et de l'origine du mal, il conteste que ces hommes aient été plus coupables que la masse de la nation juive. Ce qui leur est arrivé ne manquera pas d'arriver à tous les autres, s'ils persévèrent dans leur impénitence et leur incrédulité.

On doit entendre de la même façon le second exemple, au sujet duquel on n'est pas mieux renseigné que sur le premier. Il est question cette fois d'un accident: dix-huit hommes de Jérusalem écrasés sous une tour qui s’est écroulée. Siloé désigne probablement la piscine de ce nom, au sud-est de la ville, et la tour devait être attenante au mur de Jérusalem. Ces faits attristants ne sont que le prélude du châtiment universel, la destruction du peuple juif.

Luc,xm, 6. Etil dit cette parabole : « Quelqu'un avaitun figuier planté j dans sa vigne, et il vint y chercher du fruit, et n'en trouva pas. 7. Et il dit au vigneron : « Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et que je n’en trouve pas. Coupe-le. Pourquoi rend-il même la terre stérile ? » 8. Et (le vigneron), répondant, lui dit : « Seigneur, laisse-le encore cette année, pour que je creuse à l'entour, et que j y mette du fumier. 9. Peut-être portera-t-il du fruit à l'avenir; sinon, tu le cou-

peras. »

La parabole du Figuier peut se rattacher historiquement aux déclarations précédentes. Le développement ne manque pas d'analogie avec l’allégorie de la vigne dans Isaïe!, mais ce n'est qu'une parabole, entièrement exempte de symbolisme.

Un homme avait dans sa vigne un figuier qui se trouva stérile ; trois ans de suite, il vient inutilement pour en cueillir les fruits?;

4. v, 1-7. Le rapport est plus éloigné avec l'allégorie des bonnes et des mauvaises figues, Jér. xx1v, et celle de la vigne transplantée, Ps. Lxxx. L'analogie de pensée avec Mr. xr, 40 (Lc. 111, 9) n'autorise pas à dire {avec Wez- LHAUSEN, Le. 72) que la parabole procède de ce passage.

2. V. 7. idoù rota En 42° 00 pyouat x7h. Dans la rigueur des termes, il y aurait trois ans accomplis depuis la première démarche et la première déception ; mais on peut entendre : « Voici la troisième année que je viens », ce qui ne

improductive !, non pas précisément en épuisant le sol ou en gêi de son ombre le voisinage, mais en tenant une place qu'auraien occupée utilement d’autres plantes ?, Le vigneron demande une année

de répit : 1l bêchera autour du figuier pour y mettre de l'engrais ; |

après cela, si l'arbre ne donne rien, il faudra bien qu'on le coupe *. Les trois années d'attente ne sont ni les trois années du ministère

public du Sauveur, d'après Jean, car on ne voit pas à quoi correspondrait l'année de grâce, ni les trois années au bout desquelles

seulement le propriétaire avait, d’après la Loi ‘, le droit de cueillir les fruits, puisque l'on est venu pour en prendre; elles marquent un espace de temps suffisamment long, durant lequel l'arbre aurait dû produire, et n’a rien produit. L'application aux contemporains de

Jésus se fait d'elle-même : depuis longtemps Dieu attend qu'Israël

se repente. Encore un peu de temps, et Israël périra, s'il ne se convertit. Il est probable que Luc a compris la parabole en allégorie de la réprobation d'Israël ; 1l peut aussi l'avoir entendue en leçon morale pour ses lecteurs. Le récit est complet, car sa pointe est dans l’incertitude où l’on reste touchant le sort de l'arbre.

Cette parabole offre des analogies frappantes avec l'histoire du figuier desséché *. Luc aura omis l'histoire, parce que le miracle lui a semblé contenir la même leçon figurée que la parabole. La correspondance de la parabole à l’histoire était facile à supposer, si la source rattachait la parabole à la prédication hiérosolymitaine.

signifie pas que le propriétaire soit venu seulement une fois l'an, ou bien, au contraire, tous les jours de chaque année. Cf. Jüricner, I], 435. 1. Exrobdov adrriv ‘iva ti xai tv yiv xarapyei ; Dans D, le maître dit d'abord :

gége ray aEivny, ce qui pourrait être une glose, d'après 11, 9 (Jürrcmer, loc. cit.) 2. B. Weiss, Lk. 505.

3. V. 8. zôpre, ages adrnv ai robro T0 Eros (D, Ëxt =oèrov +ôv évraurov, peut-être

par allusion à « l'année de grâce », 1x, 19, et au ministère de Jésus; Jüzicner, 11, 437), Ews 6vov sado rep adtiy xai Békw x67çux (D, mss. lat. x6o:voY x0xplev) xav uèv roman xaprôv sis 70 uékhov (on peut traduire : « à l'avenir », ou bien sousentendre £tos, suggéré par le commencement de la phrase), ei dÈ uriye, éxxoÿere adtiy. L'issue de la première alternative : «et s’il donne du fruit à l'avenir », n'est pas formulée ; il est facile de suppléer : « tout sera bien ». AD, Ss. Sc- Vg. lisent sis +0 p£kaov après ei è uwy:, « sinon, tu le couperas l'an prochain. »

4. Lév. xix, 23-25 ; les fruits de la quatrième année étaient réservés au Seigneur, et le propriétaire n’en jouissait que la cinquième année.

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