‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 209 sur 807 · Mr. xx · texte numérisé non relu

Mr. xx

À à : ch

bien l un et l'autre à la ae loi la Œ de l Pr est dé donnée à la conception eschatologique du règne de Dieu ; elle en fait p lie, et si on essaie de l’en détacher pour en faire l pe. del Évangile cs du royaume, l'essentiel de la foi et de la religion, en même temps qu ‘une | instruction suffisante pour la direction de l'individu, l'institution de la famille et l'instauration de la société dans Lous les temps, on n'aura qu'une doctrine sublime, mais incomplète, inapplicable, jetée comme en défi à À FA des hommes et à la réalité des choses.

Bien qu'on ait, depuis l'origine du christianisme el jusqu'à nos jours, cherché de bonne foi à réduire la part de l'élément eschatologique dans la prédication du Sauveur, l'historien ne peut se dissimuler que cette part … a été prépondérante, en tant du moins qu'il convient d'y reconnaître le principe moteur de l'Évangile. Ainsi qu'on vient de le voir, tout l’enseigne= ment moral du Christ est conçu en vue de l'avènement du règne de Dieu, avènemeut qui n'est pas censé devoir se faire attendre indéfiniment ou se produire par une lente transformation de l'humanité, mais qui est supposé prochain ou plutôt imminent. Le peu de place que tiennent les descriplions apocalyptiques dans les discours authentiques de Jésus ne doit pas faire illusion sur ce point. Son eschatologie n'avait rien d'un système doctement élaboré sur les prophéties, et habilement adapté aux circonstances de l'histoire. Il se figurait les élus dans une atmosphère de joie et de paix, menant une existence analogue à ce qu'on s'imaginait être la vie des. anges ?, sur une lerre renouvelée, qui était comme un autre ciel. L'important n'était pas de décrire par avance les charmes de cette félicité, mais de s'y assurer d'abord une part. Aucune suite d'événements n'était censée la condition préalable de ce fait qui devait terminer l'histoire. Les temps étaient accomplis, Dieu allait se manifester ; il devait venir bientôt et à

l'improviste. C'est ce que signifient très clairement les avertissements

multipliés de se tenir prêts, de veiller, la déclaration formelle touchant l'apparition du Messie au cours de la génération présente ?, les paroles caractéristiques du dernier repas ‘, où Jésus semble bien plus certain de la venue prochaine du royaume que de la mort qui l'attend lui-même le lendemain, On vient de voir que cette forme de l'espérance rend compte du caractère idéal et impraticable de la morale évangélique, si on la considère dans son ensemble et selon sa signification originelle.

Mc. x, 14-15 (Mr. xx, 14; Loc. xvur, 16-17).

Mc. xur, Ka supr. cit. p.235, n. 6.

Mc. 1x, 1. Cf. supr. pp. 92, 110, et le commentaire. #. Me. x1v, 25 (supr. p. 100).

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RÉOSSE AIEASSSS ENSEIGNEMENT DE JÉSUS

= Le règne de Dieu est proprement l'ère de bonheur dans la justice, qui va

être inaugurée par une manifestation de puissance, la subite transformation des choses, l’exaltation du Messie. Mais étant donné que cette ère va commencer, que l'Évangile y prélude immédiatement, que les convertis de Jésus sont les élus du royaume, que Jésus lui-même est le Christ qui va paraître dans sa gloire, l'Évangile est une anticipation du règne, et l'on peut parler de ce royaume comme s'il arrivait, et même comme s'il était déjà commencé, non toutefois comme s'il était accompli et définitivement organisé. Que l'Évangile fasse pour ainsi dire corps avec le royaume, on peut le déduire, non de telle parole plus ou moins sujette à caution qui tend à expliquer le royaume de Dieu par la communauté chrétienne, mais par les paraboles où le royaume figure comme terme de comparaison impliquant toute l'économie de l'œuvre divine, et sa préparation avec sa consommation. Îl en est ainsi dans la parabole du Festin !, dans la parabole des Talents ?, dans celle des Vierges *. L'inséparabilité des deux éléments, préparation et accomplissement, fait que l’un est inintelligible sans l’autre. Il n’en reste pas moins que le règne de Dieu, dans sa pleine réalité, n'est pas acquis, mais qu'il doit, qu'il va venir. On fausse l'Évangile même et la notion du règne de Dieu, en résumant la prédication de Jésus dans la foi au Dieu père. Cette foi n’est pas le règne de Dieu, elle est seulement un de ses postulats.

Entre l'Évangile et le règne de Dieu, la transition devait se faire en un instant, mais cet instant était capital. Avant l'ère de gloire, c'était le moment de la justicé. Autant qu'on peut le conjecturer, Jésus ne se figurait pas le jugement de Dieu comme une grande séance où le sort de l’humanité tout entière serait débattu, et où chacun recevrait en présence de tous la sentence qui déciderait de son sort pour l'éternité *. Il concevait plutôt une sorte de sélection qui s'opérerait inopinément et en un clin d'œil sur les hommes alors existants ; les justes seaient comme ravis à Dieu, transportés au lieu de la félicité messianique, mués en êtres immortels, tandis que les autres seraient abandonnés sans doute à leur châtiment, à un état de mort, qu: n'excluait pas la douleur *. Les justes défunts ressusciteraient en même temps.

L'idée de résurrection n'éveillait pas dans l'esprit du populaire juif les difficultés qu'elle suscite maintenant dans le nôtre. Pas plus qu'aucune autre branche de l'humanité, la masse d'Israël n'avait pu se résigner

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