‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 236 sur 807 · PROLOGUE DE LUC · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE LUC

(Luc, 1, 1-4)

La belle phrase classique ! par laquelle Luc inaugure son récit est la seule de ce genre qui existe dans tout le livre. L'auteur s’y réfère au commencement des Actes, dont le préambule ne manque pas non plus de solennité, mais se perd, en quelque façon, dans la

narration qu’il introduit. La préface de l'Évangile est bien caracté-

risée comme telle, et délimitée relativement à l'ouvrage qu’elle annonce. Elle tend à classer celui-ci dans la catégorie des œuvres personnelles, et l'on peut dire qu’elle tend pareillement à en faire une œuvre hellénique, au lieu d’un écrit impersonnel et sémitique, comme les deux premiers Évangiles. Il y a la toutefois plus d’apparence que de réalité, les procédés de composition employés par

1. P. pe LaGarne (Psalterium juxt. Hebr. Hieronymi, p. 165) a signalé la grande ressemblance qui existe, au point de vue de la forme, entre le prologue de Luc, et celui du traité De materia medica de Dioscorides. On en a conclu que Luc avait imité Dioscorides. Maïs le thème de ces phrases dédicatoires étant partout le même, Luc a pu employer des formules plus ou moins stéréotypées, sans les copier dans un auteur particulier. Dioscorides ne doit pas être le seul écrivain de ce temps qui ait parlé de ceux qui l'avaient précédé, ou du soin avec lequel il avait composé son œuvre, ou de la méthode qu'il avait suivie.

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