PT SA LME TC MR AUTE EE
vf Le Es J E EE PT MS Et
Le in
dE Pr,
RP
; Er
UE
rar MA”
fonda doschite avec échoue La généalogie n'a pas été improvisée, et l'auteur lui-même nous livre le secret de ses combinaisons quand il déclare que ses trois séries sont de quatorze générations chacune: pour des raisons à lui connues et fondées sur la valeur mystique des nombres, il n'en voulait ni plus ni moins: c'est pourquoi il compte seulement quatorze générations entre David el la captivité: c'est aussi pourquoi il nen met que quatorze pour remplir les six siècles compris entre Josias et Jésus. On ne peut pas amener Joachim à la fin de la seconde série, et Jéchonias au commencement de la troisième: Le schéma exige que le nom de Jéchonias soit répété deux fois, d'abord comme fils de Josias, puis comme père de Salathiel. D'ailleurs ce n'est pas Jéchonias, mais Josias, qui termine la seconde série, et qui est le point de départ de la troisième. En faisant le total des générations, l'évangéliste désigne comme points culminants des séries David et la captivité,
et le nom qui pour lui se rattache à la captivité n'est pas celui de Jéchonias, qui engendre après la captivité, mais celui de Josias qui engendre « au temps de la captivité ». L'évangéliste doit avoir eu
quelque raison puissante de faire violence ainsi à l'histoire et à la chronologie : cette raison est qu'il a voulu avoir pour chefs de file des hommes selon le cœur de Dieu, et certes 1l ne pouvait trouver mieux qu Abraham, David et Josias.
Après les patriarches et les rois viennent les simples particuliers. Les moyens de contrôle par l'Ancien Testament font défaut pour cette partie de la liste. La Chronique * présente Zorobabel comme le petit-fils de Salathiel: mais le livre d'Esdras * ne suppose pas d'intermédiaire entre les deux. Il serait oiseux de chercher où les autres noms ont pu être pris. Maintenant la ligne généalogique se bifurque de telle sorte dans la conclusion * que le travail du premier rédacteur a perdu son utilité : « Jacob engendra Joseph, l'époux de
1. D'après Zaux, IE, 291, le nom de Jéchonias représenterait Joachim dans le v. 11. Par ce moyen, Jéchonias arrive, au v. 12, sans avoir été engendré. 2. I Caron. 11, 19.
3. re nr, 2e 2 NÉS UT, 1 /HAG- A ENG Nr 27e ME AN Taxdf 05 Eyiwnoev roy ‘lmong so av0pa Magias, 2 1: iyewrün Insoës 6
: Ë AEYOUEVOS 4 5:05.
Marie, de laquelle est né Jésus, qu'on appelle Christ ». Jésus est donc fils de David, parce que la vierge sa mère était mariée à un homme qui descendait de ce roi. On devrait soupçonner une retouche de la finale, quand même il n'en resterait pas trace parmi les témoins du texte évangélique. Mais ces traces existent. Dans la version syriaque du Sinaï, le dernier verset de la généalogie se lit ainsi : « Jacob engendra Joseph ; Joseph, à qui était fiancée la vierge Marie, engendra Jésus, qui est appelé Christ. » D'autres témoins donnent cette lecture bizarre : « Jacob engendra Joseph, dont la fiancée, la vierge Marie, engendra Jésus !. » Que ces leçons gauches et contradictoires procèdent du texte canonique par voie d'altération accidentelle, il est bien difficile de le croire. Leur caractère et leur antiquité donnent plutôt à penser que la suture par laquelle se fait l'accommodation de la généalogie au récit de la conception virginale n'a pas acquis du premier coup la perfection que nous lui voyons dans le texte traditionnel. La version syriaque du Sinaï contient encore la conclusion d'une liste où Jésus descendait de David par Joseph ; cette conclusion a été modifiée par l'interealation des mots : « à qui était fiancée la vierge Marie » ; et sans doute on croyait avoir indiqué suffisamment par là que la paternité de Joseph était putative et légale, non naturelle. Mais l'expression : « Joseph engendra Jésus », n'en était pas moins choquante : on + remédia en supprimant le nom de Joseph comme sujet du verbe, et ainsi fut obtenue la leçon singulière qui dit que « Marie engendra Jésus ». La lecon canonique élimine cette bizarrerie en disant que Joseph
. Plusieurs mss. de l’ancienne Vulgate, a # : « Jacob autem genuit Joseph cui Re (b : erat virgo Maria, virgo autem Maria virgo Maria genuit Jesum. » d a cru devoir remplacer le dernier genuit par peperit. Quelques mss. grecs (mss. 346, 556, 826, 828) ont le texte que supposent Sc. et les mss. latins : ’lazxbf ÔÈ Eyivmssy 207 'luono © uvnozeuleion Zaolévos Magièu ?yévvnsev ’Insobv =0v Asyousvoy Xotozov. Horrzmaxx, NT. I, #10, conjecture que Ss. dériverait d'un ms. grec où il n'y avait pas de généalogie, celle-ci ayant été rapportée et ajustée par le traducteur ; mais cette hypothèse ne rend pas compte de la leçon des mss. latins et du ms. 346, obtenue par suppression de ’losig è: dans un original grec où on lisait : [az66 52 syévncsy <0v 'Iooste, ['Iuoie à] & uvnstevbeton ragÜivos Maçrau 2yivvnsev ’Inoodv <0v Asyouevoy Xetozoy. Les derniers mots : «dit Christ », appartiennent au schéma primitif de la généalogie, qui tend à établir que Jésus est appelé à bon droit Messie. La leçon de Ss. se retrouve dans un passage du Dialogue de Timothée et d'Aquila (v° siècle), publié par ConyBEaRE (Oxford, 1898).
était « l'époux de Marie. de laquelle est né Jésus d mi J d'être de la généalogie s'évanouit de plus en plus à mesure q formule s’harmonise avec l'idée de la conception virginale.
Pour finir, l'évangéliste fait observer au lecteur que ces trois
séries sont de quatorze générations chacune : quatorze d'Abraham à David, quatorze de David à la captivité, quatorze de la captivité au Christ. Nouvelle perplexité des commentateurs : la liste ne contient quarante-deux noms que si l’on compte Marie et Jésus; mais Marie ne peut pas compter pour une génération entre Joseph et Jésus, et Jésus ne peut guère figurer dans la série des générations qui mènent jusqu'à lui, ni dans le total des générations qui représentent ses ancêtres: restent donc seulement quarante noms. Mais l’évangéliste lui-même paraît indiquer l'artifice de sa combinaison quand il fait de David et de la captivité les aboutissants d’une série et les points de départ d’une autre. David et Josias doivent être comptés deux fois : il y a quatorze générations
d'Abraham à David, en comptant Abraham et David; quatorze
générations de David à la captivité, en comptant David et Josias, qui représente la génération de la captivité; quatorze générations de la captivité à Jésus, en comptant Josias et en laissant Jésus en dehors. On pourrait être tenté, pour la dernière série, de ne compter Josias qu'une fois et de prendre Jéchonias pour point de départ ; mais l’évangéliste paraît écarter cette hypothèse en reprenant à la captivité et non à Jéchonias ; s’ilne nomme pas Josias à la reprise, et s'il dit la captivité au lieu de Josias, c'est qu'il a conscience de l’anachronisme qu'il commet en associant Josias à la captivité. Le schéma tracé par lui-même ne permet pas de commencer la seconde série avec Salomon, et de la terminer à Jéchonias, sauf à reprendre celui-ci pour point de départ, et Jésus pour terme de la troisième
série !. Il est probable que l’auteur, attachant tant d'importance
aux chiffres, attribue à chaque génération un nombre d'années déterminé, probablement quarante ans ?; cette circonstance expliquerait
1. Les commentateurs modernes proposent d'autres combinaisons : compter Joachim {Zaux), compter deux fois Jéchonias (HorrzmANN, Scxaxz). Celle qu'on a proposée ci-dessus est indiquée par Marnoxar, I, 19, comme étant de quelques interprètes.
2. La longévité des patriarches n’est pas une difficulté, car l'évangéliste n'y regardait pas de si près.
& des GÉNEALOGIES DU CHRIST 325
peut-être plus facilement pourquoi certains noms ont été omis. Quoi qu'il en soit, la genéalogie de Matthieu est fondée principalement sur une combinaison arithmétique où les nombres dix et quatre jouent le rôle principal : dix plus quatre, quatorze !: dix fois quatre, quarante : elle est artificielle dans le choix et la combinaison de ses éléments : elle se présente comme un symbole, non comme un document historique: elle signifie simplement que Jésus est le fils de David, le roi annoncé par les prophètes, et qu'il a droit au nom de Christ, que ses disciples lui donnent. Par lui la royauté, perdue depuis l'exil, rentre dans la famille davidique.
La liste de Luc contient soixante-dix-sept noms, y compris Jésus en bas, et Dieu en haut de la série. Ce chiffre, onze fois sept, soixantedix, ou dix fois sept, plus sept, pourrait être voulu, comme celui de Matthieu ?. Un nom, Aram, a été dédoublé par les copistes dans les meilleurs manuscrits grecs, et devient Admin et Arm *. L'orthographe d'autres noms a beaucoup souffert. Un seul manuscrit, le coder Bezae, omet Caïnan entre Séla et Arphaxad. On sait que ce patriarche n’est pas signalé dans le texte hébreu de la Genèse, mais seulement dans les Septante. La généalogie de Luc ayant été composée d'après la version grecque, il n'est pas étonnant que Caïnan y figure. et cette circonstance ne change rien à son caractère. L'auteur, qui n’est probablement pas le rédacteur du troisième
1. Quatorze représente aussi deux fois sept : mais Matthieu opère volontiers aussi avec le nombre dix (choix de dix miracles dans la première partie de l'Évangile, après le discours sur la montagne).
2. Voir B. Weiss, Lk. 393. On peut douter néanmoins que ce chiffre soit
primitif. S. IRÉNéE (Haer. in, 18) écrit : « Propter hoc Lucas genealogiam, quae”
est a generatione Domini nostri usque ad Adam septuaginta duas generationes habere ostendit, finem conjungens initio et significans quia ipse qui omnes gentes exinde ab Adam dispersas et universas linguas et generationes hominum cum ipso Adam in semet recapitulatus est. » Chiffre et interprétation sont très satisfaisants. On verra plus loin que soixante-dix ou soixante-douze représente le total des peuples issus d'Adam. Mais en défalquant Dieu et Jésus, la liste actuelle comprend encore soixante-quinze noms : comment Irénée a-t-il pu n’en trouver que soixante-douze ? Jules Africain (dans Eusèse, His{. eccl. 1, 7, 5) fait de Melchi le père d'Héli et le grand-père de Joseph: il ignore donc Mattat et Lévi dans Lc. 24: Ss. omettait un nom dans le même v.. Lévi ou Melchi {voir Merx, IT, 11, 212) : si la liste est d’origine judéochrétienne, comme il est probable, elle n'a pas dû avoir Caïnan au v. 36. On obtiendrait ainsi le chiffre d'Irénée.