‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 38 sur 807 · Cf. QÉ · texte numérisé non relu

Cf. QÉ

apocryphe. Mais, si l'Église a conservé ces quatre Évangiles, ce n'est pas pour avoir mieux su que Marcion comment ils avaient été écrits ; c’est parce qu'elle les avait et qu'elle s’y retrouvait !.

Le témoignage de Justin a donné lieu à beaucoup de discussions. La date de ses œuvres et même celle de sa mort ne peuvent être déterminées avec précision. Sa carrière littéraire s'est déroulée entre les années 140 et 165 environ ?. Il parle à diverses reprises des écrits évangéliques, désignés par lui, peut-être à l'intention de ses lecteurs non chrétiens, sous le titre de « Mémoires des apôtres * », et il nomme même « les Évangiles # » ; 1l les connaît comme livres ecclésiastiques, lus dans l’assemblée chrétienne avec les prophètes anciens, mais il n'indique aucun nom

Les données concernant l'usage que Basilide (vers 130-135) et Valentin (vers 135-160) ont fait des Évangiles manquent de précision ou de solidité. D'après les Acfa Archelai, 55, le treizième livre des Exegetica de Basilide commençait par une explication de la parabole du Riche (Lc. xvr, 19-31). Ter- TULLIEN, Praescr. 38, ne reproche à Valentin que des licences d’exégèse : « Neque enim si Valenlinus integro instrumento uti videtur, non callidiore ingenio quam Marcion manus intulit veritati. Marcion enim exserte et palam machaera non stylo usus est; quoniam ad materiam suam caedem Scripturarum confecit. Valentinus autem pepercit; quoniam non ad materiam Scripturas, sed materiam ad Scripturas excogitavit : et tamen plus abstulit et plus adjecit, auferens proprietates singulorum quoque verborum, et adjiciens dispositiones non comparentium rerum. » Cf. IRÉNÉE, Haer. ], 3, 6.

2. Dates de Harnack : Justin commence à enseigner en 141-142; peu après 150, Apologie ; entre 155 et 160, Dialogue avec Tryphon; martyre entre 163 et 467, peut-être en 165. Stanton : Apologie, vers 145-146; Dialogue, avant 161 ; martyre, un peu après. Abbott (après Lightfoot) met les écrits de Justin entre 145 et 149. Cf. Hannack, I, 274-284.

3. Apol. I, 33 (à propos de l'annonciation et de la conception virginale). we

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ériotetoauey, iret0n at Où “Hoatou roù reodeônhouévou ro rpopnrtxov rvebua tobro yevnsduevoy (var. Totoy ye/Ynoémevoy) de roocunyvouev, on. 67. za t7 roù nAlov \eyousvn Quépa Févrwy xaTà RO 1 Lyeods pevOvTwy Er! T0 auro ouvéAeuots yivetar, xai Tà GrouvquoyeuuatTa TOV dT0STOÀWV N Tà GUYYPÉUUATA TOY TEOPNTOY àVAYU/(OLETAL, uéyots éyrwpget. Dial. 88. Éfpabay oi ardotohot aûtod roÿrou où Xe1o7où qu@y. 100. viov 0eoû yeypauuévoy adtov Év rois àTOuYnuoVEUUAGt TOV 4T0STOAWY aToÙ ÉyovTEs ai vi0y aûroy Xéyoytes. Nombreux passages ap. Zann, Geschichte des neut. Aanons (GX.), 1, 469-470.

4. Apol. 1, 66. ot yàp àandoroho: ëv vois yevouévors Dr” adt@y àrouvnuovesuaav, à Aaheïtar edayysAux, oùTue raps0mzxav évrerd\0ar avrois (il s’agit de la cène eucharistique). C’est le seul endroit où Justin emploie le mot «évangile » au pluriel, et l'on a pu soupçonner que l'explication à %. sbxyy£ua était interpolée; mais l'hypothèse est gratuite, attendu que ces sortes d'explications sont dans les: habitudes de Justin (voir, par ex., Apol. I, 66. at n zooon av=n xakeïrar mas” quiv

A. Lois. — Les Evangiles synopliques. 3

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d'auteur, Le caractère de ses citations fait qu'elles ne suppléent pas autant qu'on le souhaiterait à l'insuflisance de ses assertions générales.

On a pu soutenir que Justin avait employé, avec les Synopliques ou même avec nos quatre Évangiles, l'Évangile des Hébreux, ou l'Évan-

gile de Pierre !, ou un Évangile absolument perdu, antérieur aux Synop-

tiques ?, ou bien encore une harmonie des Synoptiques ? analogue à celle

de Tatien, ou un proto-Matthieu et un proto-Luc ‘. Il paraît du moins

certain que tout ne vient pas de nos Évangiles, que nulle distinction n'est faite entre les sources évangéliques, et que ces sources, tant pour ce qui regarde l'enseignement que pour ce qui regarde les faits de l'Évangile, sont dans le courant de la tradition synoptique #.

Justin entend par « Mémoires des apôtres » les souvenirs écrits que les apôtres ont laissés touchant la vie et l’enseignement de Jésus-Chmst,

comme Xénophon a écrit des mémoires sur Socrate ©. Il observe cepen=.

dant que ces mémoires ont été rédigés par les apôtres ou par leurs disciples T. Interprétée à la rigueur, cette façon de parler permettrait de supposer que Justin connaissait deux évangiles au moins, qui avaient été

écrits par des apôtres, et deux par des disciples des apôtres ; d’où il serait aisé d'inférer que son recueil évangélique était précisément le canon des

quatre Évangiles tel que le connaît Irénée $. Mais l’assertion n'a pas la

evyastoria; autres exemples dans Zanx GK. I, 467), et l'on n’a pas lieu de s'étonner qu'il fasse connaître une fois le nom chrétien des livres qu'il. cite ordinairement aux païens sous une désignation propre à donner quelque idée de leur origine et de leur contenu. Aiülleurs Justin emploie le mot au singu-

lier, par ex. Dial, 100. xai ëv = edayyeliu Où TR TaL cirwy (0 Xe:szoc), eb Try

phon lui-même est censé dire, 10. Su D al +à èv r@ Acyouiv cdayyekiw) rapay- YÉAUATA, TA.

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