‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 527 sur 807 · v, 32 ; cbid · texte numérisé non relu

v, 32 ; cbid

3. La menlion expresse des pharisiens dans plusieurs mss. latins et dans la Vulgate doit venir de Le. v, 30.

XVHI LE CENTURION DE CAPHARNAUM

Matra. vin, 5-13. Luc, vu, 2-10.

Selon Matthieu, Jésus, en descendant de la montagne, rencontre le lépreux dont Marc a raconté la guérison; puis il entre à Capharnaüm ! et se trouve en présence du centurion. Luce, en suivant le second Évangile, a mis la guérison du lépreux avant le discours des béatitudes ; et le premier miracle que Jésus fait après le discours est celui qu'il accorde au centurion de Capharnaüm. Il est à noter que, dans Mare et dans Luc, la guérison du lépreux précède aussi une guérison de paralytique, mais opérée dans des conditions tout autres que celle dont il s’agit maintenant. L'histoire du centurion ne peut se placer dans les premiers temps du ministère galiléen. Si la dépendance de Luc à l'égard de Matthieu était établie par ailleurs, on pourrait supposer que le rédacteur du troisième Évangile, ayant rapporté plus haut, d’après Marc, la guérison du lépreux, l'omet ici, et, prenant dans Matthieu le récit du second miracle après le discours sur la montagne, a rattaché directement le miracle au discours. Mais comme cette dépendance trouve précisément ici un indice qui comporte d’autres explications, et que l’arrangement des récits de Matthieu entre le discours sur la montagne et le discours de mission apostolique est très artificiel, il est beaucoup plus probable que les deux évangélistes dépendent d’une source commune, rédaction peut-être secondaire des discours du Seigneur, dont Matthieu aura changé la disposition, parce qu'il voulait mettre en première ligne la guérison du lépreux. On ne saurait indiquer les motifs qui ont pu le déterminer à placer tel miracle avant tel autre. Étant donné que l'histoire du centurion prélude, pour l'évangéliste, à la conversion des Gentils, on peut conjecturer qu'il a mis en premier lieu la guérison du lépreux, parce qu'elle représente en

1. V.5.Ss. (et lat. k) lit : « Et après cela, un chiliarque vint à lui », ete. au lieu de : sis:AÎdvros Dè 4dr09 sis Kazasvaoiu. Les deux leçons se trouvent réunies dans plusieurs mss. latins : « post haec autem cum introisset etc. ».

LE CENTURION DE CAPHARNAUM

quelque façon l’origine de la communauté judéochrétienne, qui a précédé l’évangélisation des païens. Déjà dans la source, le rapport établi entre l'histoire du centurion et le discours devait marquer la destination de l'Évangile aux Gentils; à eux aussi Jésus avait apporté le salut sans venir chez eux; 1l les avait guéris à distance,

comme le jeune païen de Capharnaüm. Ce symbolisme du récit a

été senti par les deux évangélistes, et n'a pas été sans influence

sur leur rédaction.

Marre. vin, 5. Et quand il fut

entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui, le suppliant 6. et disant : « Seigneur, mon enfant est couché à la maison, paralysé, et il souffre horriblement. » 7. Il lui dit :

« Je vais aller le guérir. » 8. Et le centurion, répondant, lui dit : «Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; mais dis-le seulement, et mon enfant sera guéri. 9. Car Je suis, moi, un subalterne, ayant sous moi des soldats; et je dis à celuiei : « Va », et il va; à un autre :

« viens », et il vient; à mon serviteur : « fais-ceci », etil (le) fait. » 10.

Et Jésus, entendant (cela), fut dans l'admiration, et il dit à ceux qui le suivalent : « Je vous (le) dis en vérité, Je n'ai trouvé chez personne autant de foi en Israël. 11. Et Je vous dis que beaucoup viendront d'orient et d’occident, et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume de cieux ; 12. et les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. Là il y aura les pleurs et le grincement des dents. » 13. Et Jésus dit au centurion : « Va, qu'il t’arrive selon que tu as cru. » Et l'enfant fut guéri à cette heure.

autre

Luc, vi, 2. Or un centurion avait un serviteur malalade, sur le point de mourir, qui lui était cher ; 3. et avant entendu parler de Jésus, 1l lui députa des anciens des Juifs, le priant de venir sauver son serviteur.

4. Et ceux-ci, étant venus trouver Jésus, le prièrent avec instance, disant : « Il mérite que tu fasses cela pour lui; 5.

nation, et c’est lui qui nous a fait bâtir la synagogue. » 6. Et Jésus

car il aime notre

alla avec eux. Et comme il n'était déjà plus loin de la maison, le centurion envoya des amis, lui disant :

« Seigneur, ne prends pas de peine; car Jenesuis pas digne que tu entres sous mon loit.7. C’est pour cela que je ne me suis pas permis de venir à toi moi-même. Mais dis-le, et que mon serviteur soit guéri. 8. Car Je moi, un subordonné, ayant Sous moi des soldats, et Je dis à celui-ci : «Viens », et il vient ; à mon serviteur : « Fais ceci », et il le fait. » 9. Et Jésus, entendant cela, fut pris d'admiration pour lui, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit : « Je vous le dis, pas même en Israël je n’aitrouvé tant de foi. »

10. Et s’en étant retournés à la maison, les envoyés trouvèrent le serviteur en bonne santé.

suis,

CMNan ebrtlvar-samun

648 LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES de. x

Le récit de Matthieu est, dans l'ensemble, beaucoup m libré que celui de Luc. Un centurion, non sans doute un off l’armée romaine, mais quelque officier d'Hérode Antipas, à tétrarchie duquel appartenait la Galilée, avait chez lui un jeune homme atteint d'une maladie nerveuse ou paralysie, qui le faisait horriblement souffrir!. Le mot? que l'évangéliste emploie pour désigner le malade peut signifier «enfant » ou « fils », et « serviteur »; et comme, en d’autres endroits, il est pris tantôt dans le premier sens *, tantôt dans le second #, la probabilité plus grande de l’une ou de l’autre acception résulte seulement de l’ensemble du récit. Le centurion parle de son « enfant » avec un intérêt qui est plutôt celui d’un père pour son fils que d’un maitre pour son esclave. Aussi bien Luc, qui parle d'un serviteur, a-t-il soin d'observer que son maître l'aimait beaucoup ?. Dans le discours qu'il tient à Jésus, le centurion, décrivant l'obéissance que lui rend son serviteur, se sert d'un autre motÜ pour le désigner. Le « serviteur » et le « jeune homme » semblent donc être deux personnes distinctes, le « jeune homme » étant le fils du centurion, et non un esclave. Ainsi l’a compris l’auteur du quatrième Évangile, dans la transposition qu'il a faite de ce récit ?. Si la substitution du serviteur au fils n’a pas été voulue par Luc, elle pourrait s'expliquer soit par une méprise sur le sens du mot grec, que l'évangéliste aurait voulu remplacer par un synonyme non équivoque, mais mal choisi ÿ, soit par une double traduction d'un mot hébreu * ou araméen!!, qui offrait le même double sens que le terme grec de Matthieu.

L'idée d’une substitution volontaire est peut-être moins invraisemblable qu’elle ne parait. En d'autres détails, Luc est secondaire

1. V.6. xôpre, 6 ais uou Bé6Antar àv +5 olxia maoauruxdc, detv@s Bacaytouevos.

3. CET A0: VIT, ASIE EC . 4. x11, 18 (où 6 raiïg pou correspond à l'hébreu 172ÿ, mais doit signifier fils pour l’évangéliste ; cf. 111, 17) ; x1v, 2 (cas où il s’agit de serviteurs).

5. V. 2. Exarovrépyou Dé zuvos Doddos xaxe Eymv Huekey teheuTav, 06 ro ait ÉVTULOG. à

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