isyupdc
3. V. 22. ërèv de isyupôrepos aûrod ExeAwv vwxfor adtov (D a simplement : isyve07ecos érehôn),.…. 22 za 6x5ha auroù (D omet aÿ=o5) Gtxôtôwau. Il s’agit du butin trouvé chez le fort, non précisément du butin que le fort a ramassé.
L'homme fort est Satan; sa maison est la masse des hommes
tyrannise; ses outils sont les démons, et celui qui, après l'avoir hé,
met sa maison au pillage, n'est pas autre que Jésus. Luc paraît avoir
retouché et développé la description : il montre d'abord le guerrier
bien armé qui veille sur sa maison et en garantit la sécurité, puis le
même homme attaqué et vaincu par un plus fort, qui prend ses
armes et distribue ses dépouilles. Si vivement peint que soit le
tableau, Luc ne fait pas l'application de la comparaison, parce qu'il. l'entend en allégorie. Pour lui aussi le fort est Satan, le plus fort
Jésus; les armes sont les démons que Jésus chasse tous, ce qui
anéantit le règne de Satan ; quant à la distribution du butin pris sur Satan, c'est un trait emprunté par l'évangéliste à Isaïe !. Les
trois Synoptiques ont introduit dans la comparaison l'idée qui
était dans l'application, à savoir le triomphe de Jésus sur Satan.
C'est grâce à l'interprétation allégorique de la comparaison du fort
que la suite du discours s'y rattache plus ou moins naturellement.
Marru. x, 30. « Qui n'est pas Luc, x1, 23. « Qui n'est pas avec avec moi est contre moi; et qui moi est contre moi; el qui n'amasse n'amasse pas avec moi dissipe. » pas avec moi dissipe. »
Comme cette pensée, étrangère à Marc, se trouve à la même place dans les deux Évangiles, on peut croire qu'elle y était déjà dans leur source commune. La réflexion ne convient qu'à Jésus et à sa situation à l'égard des Juifs; du moins ce ne serait pas une vérité dans la bouche du premier venu?. Les évangélistes entendent que les calomniateurs de Jésus, ceux qui ne savent pas reconnaître en lui le vainqueur de Satan, sont nécessairement amenés à le combattre, et se constituent ses ennemis. L'œuvre évangélique étant conçue comme une moisson faite ou à faire, l'opposition au Christ, ou simplement la propagande religieuse entreprise en dehors de lui est comparée à l'acte de celui qui disperse le grain au lieu de le recueillir. Il s'agit d'un point au sujel duquel on ne peut rester neutre : Jésus vient-il de Dieu ou non? Dans les conditions où il se présente, il ne peut venir que de Dieu. Mais on nie sa mission dès qu'on ne la reconnaît pas; l'abstention ou l'indécision équivalent ici à la négation et à l'hostilité. Si juste que
4. Lu, 12. Mr. 29 se rapproche d'Is. xzix, 2#. 2. Jücicuer, II, 233.
AA étins :
BEELZEBOUL 7109
soit l’idée, elle parait un peu froide dans ce discours, où la polémique prend un ton assez vif, et elle n'était pas de nature à toucher grandement les pharisiens qui ne tenaient pas à être pour Jésus. Elle peut avoir été formulée dans une autre occasion.
De tout temps les commentateurs ont été frappés de l’espèce de contradiction qui existe entre cette sentence et ce qu'on lit dans Mare !: « Celui qui n'est pas contre vous est pour vous. » On dit volontiers, comme il est vrai, que les deux paroles peuvent se jus-
tifier à des points de vue différents, en raison de leur application,
qui n'est pas la même, et des circonstances où elles ont été respec-
tivement prononcées. Luc, qui les rapporte toutes les deux, a dû penser ainsi. Mais tel n'était peut-être pas l'avis de Matthieu, qui ne rapporte que la première. En réalité, la seconde parole, avec l’anecdote qu'elle termine, semble parallèle à ce qu'on vient de lire sur les exorcismes juifs. Si l’on admet que le second Évangile est primitif en tout, l'on pourra supposer que la question intercalée : « Au nom de qui vos fils chassent-ils les démons ? » s'inspire du récit de Marc *, et vient d'un rédacteur qui voulait en tirer parti sans le reproduire: ne serait-ce pas le même rédacteur qui aurait cru devoir retourner la sentence : « Qui n'est pas contre vous est pour vous », en : « Qui n'est pas avec moi est contre moi »? L'addition d'un membre parallèle : « Qui n'amasse pas avec moi dissipe », prouverait d'autant moins contre cette hypothèse que l'image n'était pas difficile à trouver *, et que le parallélisme n'est pas autrement réussi. IL y aurait une rectification du texte de Marc, en vue des rapports existant alors entre le judaïsme et le christianisme. Les « fils » des pharisiens seraient toujours des exorcistes Juifs, mais ce pourraient être des exorcistes qui chassaient les démons au nom de Jésus sans se faire chrétiens { : dans ce cas, ils seraient dits juges de leurs frères au dernier jour, par imitation de ce qu'on lit des Ninivites et de la reine de Saba *. La discussion du récit de Marc, on le verra plus loin, favorise l'hypothèse contraire, pour ce qui regarde la teneur primitive de la sentence, l'ar-
rx 40: