Cf. supr. p. 93, le cas de la transfiguration
parole que l’évangéliste a craint d'attribuer au Christ‘, bien que Jésus l'ait sans doute prononcée ? : « Je détruirai ce temple et Je le rebätirai en trois jours ». Le discours même est fondé sur une petite apocalypse en trois tableaux * : le commencement des douleurs, les douleurs, la fin. L'énumération de tous ces signes contredit l'enseignement ordinaire et incontestable du Sauveur touchant le caractère subit et imprévu du grand avènement ; elle n'appartient pas à la tradition historique des discours du Seigneur ni à leur recueil primitif: aucun indice n'invite même à lui supposer une origine chrétienne, et l'on pourrait tout aussi bien y voir une œuvre juive. Marc l'a complétée par des morceaux pris au recueil de discours et concernant soit la conduite que les disciples auront à suivre dans les persécutions, soit l'avènement du royaume, soit la préparation à cet avènement :. La conclusion du discours * est comme un abrégé des paraboles où Jésus recommandait à ses auditeurs de se tenir prêts pour la manifestation prochaine et inopinée du règne de Dieu. Jamais le Christ de l’histoire n’aurait dit : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront point f » : ces paroles formaient .probablement la conclusion du document apocalyptique et étaient censées dites par Dieu même. Marc semble avoir voulu corriger l'absolu de cette prédiction par ce qui est dit touchant l'incertitude du « jour » et de « l'heure » 7, parole qui est dans l'esprit de Jésus, mais qui a chance de n'être en cet endroit qu'une explication de l'évangéliste.
Par l'intrusion du discours apocalyptique, le début des récits de la passion $ a perdu contact avec les récits antérieurs. La date indiquée d'abord semblerait viser un fait plus précis que les machinations des princes des prêtres; maintenant elle doit se référer au repas de l’onction *. La démarche de Judas'° est en coordination logique avec la délibération des prêtres, et le récit de l'onction est comme interpolé entre les deux. Ce récit a été interprété par Marc en prophétie de la mort du Christ et de l'avenir chrétien : peut-être n'est-ce qu'une adaptation de
Cf. Le. xix, 42-44 (x, 34-35).
CE xrv, 58; xv,,29 et JN. 1,49.
. xt, 6-8; 14, 17-20 ; 24-31.
. xx, 9-43 (cf. Mr. x, 17-22; Le. xn, 14-12); 15-16 (?), 24-23 (? cf. Le. xvur, 23); 33-37 (cf. Mr. xxv, 14-30; Le. xix, 12-27; Mr. xxv, 1-13; Le. x11, 35-36. Voir Bousser, art. cit., 12.