‹ Les eaux de ParisChapitre 80 sur 152 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

d’adopter des projets qui permettront d’étendre le même système jusqu’aux fortifications.

Service des établissements publics. — Le gouvernement, en abandonnant à la ville de Paris ses établissements hydrauliques, créés par la compagnie Pcrier, lui imposa, par l’arrêté du 6 prairial an XI, et par le décret du 4 septembre 1807, l’obligation de ’ livrer l’eau gratuitement à tous les établissements de l’État existant à cette époque dans l’enceinte de Paris. Malheureusement, la nomenclature de ces établissements, ni la dotation de chacun d’eux ne lurent alors spécifiés. La question est restée indécise jusqu’à ces dernières années, et, le 24 juin 1858, le Conseil d’État a rendu un arrêt entaché d’une de ces erreurs que les tribunaux les plus éclairés ne peuvent pas toujours éviter. D’après cet arrêt, la ville doit fournir l’eau aux établissements de l’Etat, non pas d’après les besoins constatés au moment où la cession a eu lieu, c’est-àdire au 6 prairial an XI, mais d’après leurs besoins actuels. 11 en résulte qu’elle doit livrer gratuitement à l’Etat 7,745 mètres cubes d'eau par jour,

c’est-à-dire 1 ,743 mètres déplus que les machines de Cliaillot et du Gros-Caillou, qui lui ont été abandonnées, n’en ont jamais élevé, et qu’elle est, en outre, obligée de payer toutes les dépenses de charbon et de main-d’œuvre nécessaires à l’élévation de cette eau.

» La ville donne encore l’eau gratuitement à tous les établissements municipaux, écoles, collèges, salles d’asile, casernes, etc., etc.

Le bois de Boulogne absorbe à lui seul, en temps de grande sécheresse, jusqu’à 6 à 8,000 mètres cubes d’eau de Seine, et 12,000 mètres cubes d’eau d’Ourcq ou 20,000 mètres cubes d’eau de toute nature, c’est ce qui suffirait pour une distribution normale d’eau dans une ville de 200,000 âmes. Il est vrai qu’à la moindre pluie la dépense du bois de Boulogne se réduit à peu près à rien.

En résumé, le volume d’eau distribuée aux grands établissements de Paris peut s’évaluer ainsi :

Établissements de l’État 7,700 m. c.

— du département. . . 000

— municipaux 5,400

Page 1