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CHAPITRE V

Les PUITS en CHAMPAGNE DÉVASTÉE

Nous venons de voir que les sources sont rares en Champagne

crayeuse et localisées en certains points, aussi la plupart des communes sont obligées d'utiliser l’eau des puits pour leur alimentation.

De nos constatations il résulte que l’on trouve de l'eau partout dans la craie blanche à micraster ou à belemnites ; une puissante masse aquifère existe aussi bien dans les vallées que sous les plateaux, mais par suite de son écoulement vers les thalwegs le débit des puits est beaucoup plus abondant dans les vallées, où se trouvent d’ailleurs situées généralement les agglomérations.

Dans les terrains tertiaires de la Montagne de Reims, du Tardenois et du massif de Saint-Thierry, le régime est différent, il n’y à pas de nappe aquifère continue et l’on ne trouve l’eau que sur les assises imperméables, le niveau varie brusquement d'un puits à un autre eten creusant un puits on n'est pas toujours assuré d’avoir de l’eau.

Après la guerre, la situation générale des puits devenait un danger permanent pour la santé publique ; ainsi dans la région dévastée de notre département sur 15.792 puits existant en 1914 7.669 étaient entièrement détruits, 7.403 pouvaient être remis en état et 1.440 devaient être reconstruits complètement. |

Les puits dans la région des combats étaient comblés ou leur ‘protection extérieure détruite, déterminant une contamination par les écoulements superficiels ; l'ébranlement du sol par les obus avait produit des fissures amenant une pollution intérieure. Les puits dans la région occupée avaient été infectés directement par l'ennemi, en y jetant des projectiles, des munitions, des effets d'équipement, des aliments en putréfaction ou en les transformant en fosses d’aisances. Les nombreuses troupes en passant dans les cantonnements d'arrière avaient pollué certains puits, par des feuillées trop proches et comblées sans désinfection suffisante, par le lavage du linge, etc.

Une surveillance active et rigoureuse de la nappe aquifère devenait nécessaire et il importait surtout de signaler les points

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ÉTroRSE

d'eau les moins contaminés et d'éviter la propagation des maladies d'origine hydrique d'autant plus redoutables qu'elles atteindraient des populations très éprouvées pendant la guerre et vivant dans des conditions précaires d'existence.

Quand on considère l'état de ces puits on ne peut être surpris du grand nombre de ceux qui sont contaminés, mais plutôt qu'ils ne le soient pas tous. D'autant plus que les causes habituelles de pollution sont nombreuses .dans les villages et même les petites vilies. Les fosses d’aisances et les fosses à purin non étanches, sont souvent établies à proximité des puits ; les eaux météoriques lavent les fumiers et les immondices et s'infiltrent directement dans les puits insuffisamment protégés. Les seaux ou récipients divers servant à puiser l’eau sont trop fréquemment malpropres et en agitant l'eau et la vase du fond déterminent une pollution fréquente et répétée.

Les puits, constamment situés au milieu des agglomérations, n'atteignent pas toujours la nappe phréatique et sont quelquefois approvisionnés exclusivement par des eaux superficielles ou de ruissellement fortement polluées. :

Toutes ces contaminations nous ont été signalées par une forte proportion de matières organiques, de chlore, de nitrites et surtout par un nombre énorme de microbes où nous trouvons le Bactérium Goli, les germes putrides, indoligènes et anaérobies parmi lesquels se rencontrent des espèces pathogènes.

L’étude de la nappe phréatique et surtout l'examen bactériologique nous ont permis de rencontrer exceptionnellement un certain nombre de puits suffisamment protégés naturellement ou artificiellement ayant une eau relativement salubre.

Les puits contaminés ont été curés, remis en état, désinfectés ; mais les meilleurs résultats ont été fournis par les puits forés installés soigneusement et le plus loin possible des habitations. Ces puits tubulaires, instantanés et très économiques sont constitués par des tubes de fer, perforés à leur base et enfoncés dans le sol jusqu'à la nappe phréatique ; ils sont munis d'une pompe et ils évitent la pollution de la nappe par les eaux de surface ‘’introduisant par l'ouverture des puits ordinaires ou s'infiltrant entre les interstices de la maçonnerie. Les puits forés ont une eau généralement bonne aiors que les añciens puits ordinaires, alimentés à la même nappe avaient des eaux polluées.

Nous avons visité 259 communes, prélevé des échantillons de 3.021 points d'eau dont 2.469 puits. L'analyse chimique et surtout l'examen bactériologique nous ont indiqué que 946 puits avaient une

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