‹ Les Eaux En Champagne DévastéeChapitre 9 sur 55 · TERRAINS CRÉTACÉS SÉRIE INFRACRÉTACÉE · texte numérisé non relu

TERRAINS CRÉTACÉS SÉRIE INFRACRÉTACÉE

Au début du crétacé, une régression ramène la mer de la région du Jura au voisinage de Saint-Dizier et mous retrouvons, de Sermaize vers Triaucourt, des sables fins accompagnés de fer géodiésique. Le minerai, autrefois exploité, se trouve localisé dans les anfractuosités du terrain jurassique.

A l'époque aptienne, la mer remonte vers le Nord jusqu'à Grandpré, et toute cette région orientale du bassin de Paris va participer à la sédimentation et les dépôts albiens se suivent en une bande continue qui enveloppe la Champagne par Sermaize, les Islettes, Grandpré, Sauices, Drâizes, etc.

M. LAMBERT y distingue trois assises :

1° A la base des sables glauconieux à phosphates et Aramonites Milleti, reposant sur le portlandien par un lit de sables ferrugineux à Terebratula de 4 centimètres d'épaisseur ;

2° Des argiles tégulines à Ammonites interruptus et A. Beudantis ;

3° Des argiles grises phosphatifères à /noceramus sulcatus.

Les deux dernières assises formant une masse argileuse qui reçoit le nom de Gault.

Les sables verts renferment des rognons de phosphate de chaux, ils sétendraïent sur plus de 20.000 hectares et atteindraient 24 millions de tonnes. Exploités dans les Ardennes et la Meuse, l’agriculture en recevait autrefois 60.000 tonnes chaque année, mais les riches gisements de l'Algérie et de la Tunisie ont amené une telle baisse sur les prix que beaucoup d'exploitations ont dû être abandonnées.

Les argiles du Gault forment le sous-sol du Perthois et sont exploitées par les tuileries de Pargny-sur-Saulx, Maurupt, etc. ; cette argile a une épaisseur de 25 à 30 mètres à Sermaize, elle diminue en montant vers le Nord, elle n’a plus que 5 mètres à Grandipré et elle disparaît à Saulces.

SÉRIE SUPRACRÉTACÉE

1° L’étage cénomanien est formé des parties immergées par les anciennes mers Néocomiennes ; on le retrouve à Serven, Binarville . D . Ë Melzicourt, Malmy, Moiremont, Chaude-Fontaine, Sivry-sur-Ante,

Re

Fontaine-en-Dormois, Vrenne-la-Ville, Givry-en-Argonne, Dommartin-sous-Hans, Maffrécourt.

2° L'étage turonien recouvre le cénomanien et se présente avec les mêmes caractères tout le long de la Falaise de Champagne, depuis Vitry-le-Framçois jusqu'à Rethel.

MM. BARROIS et PERRON y signalent les zones suivantes :

1° Marnes à Belemmites plenus et Rhynchonella Cuvieri ;

2° Craie marneuse à /nocéramus labiatus ;

3° Marnes à Terebratulina gracilis ;

4° Craie blanche à Micraster breviporus.

Cet étage se montre à Rouvroy, Hans, Saint-Mard-sur-Auve, Varimont, Gizaucourt, Noirlieu, Saint-Amand, Soulanges, Vitry-le- François et se dirige dans l'Aube, en passant par Humlbeauville et

Saint-Ouen.

3° L’étage senonien est le plus important, il constitue toute la

plaine de Champagne. On y retrouve 4 zones plus ou moins dis-

tinctes :

4° Craie à Micraster cor testudinarium, reposant sur la craie à M. Breviporus ;

2° (Craie de Châlons à Micraster cor anguinum. (santonien) ;

3° Craie de Reims à Belemniles quadrata (campanien) ;

4° Craie d'Epernay à Magas pumilus (campanien).

La Craie à M. Breviporus plus tendre et moins calcaire que la craie noduleuse se montre à Saulce-Chamjpenoise et Seuil, elle est exploitée pour la construction et le marnage des terres ; elle présente au Moncet une blancheur et une friabilité exceptionnelle et sert pour la fabrication du blanc d'Espagne.

La craie à Micraster cor anguinum. renferme également l'Echino-

corys vulgaris, particulièrement développée aux environs de Châlons,

elle forme le sol de la Champagne pouilleuse et du camp de Châlons.

C'est une craie tendre et très blanche, on y trouve des boulets de pyrite de fer, à sa base des rognons magnésiens très durs ou buquands servant à l'empierrement des routes et des nodules phosphatés en couches irrégulières.

La craie à Belemnites se trouve exclusivement aux environs de Reims et grâce aux remarquables travaux de M. PÉRON, elle est très bien connue, il la fait remonter au nord de Reims jusqu’à la Suippe et M. le Dr LEMOINE au congrès de 1880, à fait remarquer que la carte géologique est inexacte et que cette zone devrait être reportée au-delà de Moronvilliers.

La craie de Reims peut se distinguer de la craie à M. cor dnguinum, par ses caractères pétrographiques ; le sol est mibins

Pb pe SL desséché et beaucoup plus fertile, étant à proximité des terrains tertiaires, les limons superficiels qui en proviennent ont une assez grande épaisseur.

La craie de Reims est également plus résistante et fournit de bons matériaux de construction, dorsqu'elle possède son eau de carrière elle est facile à travailler et durcit rapidement à l'air. On y trouve de nombreux nodules de pyrite de fer, mais pas de silex. Elle est exploitée comme marne et pour la fabrication de la chaux et de l'acide carbonique. Son épaisseur de plus de 300 mètres de puissance et sa solidité ont permis d'y creuser d'immenses caves dont la régularité de température est un grand avantage pour la fabrication du vin de Champagne.

La craie d'Epernay, qui surmonte la craie de Reims, est moins blanche, moins légère et mioins tendre, miouchetée de points orisâtres ; aux environs de Vinay et de Bergères-les-Vertus on y rencontre en abondance d'énormes rognons de silex, entièrement translucides au centre, ils deviennent blancs, opaques, porcelanés par hydratation. |

La craie d'Epernay à Magus pumilus, très bien étudiée par DUTEMPLE, affleure au sud de Reims dans la vallée de la Marn:. Elle forme le talus de la falaise terminale du plateau de Brie s'étendant d'Epernay à Montereau en passant par Vertus et Sézanne.

4° L'étage montien ou calcaire pisolithique occupe le sommet du Mont Aimé et ie plateau à l’ouest de Vertus depuis Cormiont, Faloise et la Madelaine, jusqu’au boïs de la Houppe.

Depuis plusieurs siècles on extrait ce calcaire par des carrières souterraines et sa situation au bord de la falaise terminale ainsi que les belles emipreintes qu'on a recueillies (Poissons, cérithes, dents de squales, ossements de tortues, de crocodiles etc.) avaient intéressé nombre de géologues.

Le calcaire pisolithique produit par sédimentation dans la mer Montienne est, comme le calcaire grossier, une formation de rivage, différant essentiellement par sa faune et sa nature pétrographique de la craie sous-jacente.

En 1897, MUNIER-CHALMAS a &@mis une opinion qui est actuellement acceptée sur la position qu’il convient de lui assigner. Il fait remarquer que les pisolithes sont des algues calcaires du genre Lithothamnium, leur faune est analogue à celle de Meudon et il range le pisolithique à Ia base de l'étage Montien en faisant un terme de passage entre le crétacé et le tertiaire.

RS LORe 3° SÉRIE TERTIAIRE

Les sédiments tertiaires de la région de la Marne se limitent à la falaise de l'Ile de France et ses dépendances, ils s'étendent du Nord au Sud d'Hermonwille à Chantemerie et de l'Est à l'Ouest d'Avenay à Dormans.

La Montagne de Reims est le massif le plus important, et nous trouvons quelques montieules de même formation qui en ont été isolés : la butte de Brimont, le mont de Berru, le mont Sarran et le mont Bernon.

La partie supérieure de ces dépôts tertiaires appartient à l’éocène et la partie inférieure à l’oligocéne.

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