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CHAPITRE XX

DISTRIBUTION DES EAUX ANCIENNES

(suite)

De la fin du douzième siècle au commencement du seizième. — Les fontaines publiques. — A la fin du quinzième siècle, douze fontaines dans l'intérieur de Paris et cinq à l'extérieur. — Les concessions d'eau.

— Mode de prise d'eau. — La concession d'eau des Filles-Dieu, 1265.

— 17 concessions à la fin du quinzième siècle. — Seizième et dixseptième siècles, jusqu'à la mort de Henri IV. — Deux fontaines nouvelles dans le seizième siècle. — Fontaines du Tirouer et de Birague. Restauration des fontaines sous Henri IV. — 3 fontaines nouvelles. — Les concessions d'eau. — Très-peu nombreuses dans le seizième siècle.

— Grande sécheresse de 1538 à 1559. — Letires patentes de Henri H retranchant les concessions. — 11 n'est plus question des fontaines et des concessions depuis la mort de Henri H jusqu'à l'avènement de Henri IV.

— Suppression des concessions en 1594. — Arrêt du Conseil d'État.

— Les concessions sont réduites à 15. — Premières concessions payantes, ou à titre onéreux, 1598. — Tableau des concessions en 1607. — Lettres patentes du 19 décembre 1608 qui les retranchent. — Progrès réalisés sous le règne de Henri IV.

De la fin du douzième siècle au commencement du seizième.

On me pardonnera de consacrer un chapitre de cette histoire anx premiers tâtonnements du service des eaux. On se rappellera

(â» LES ANCIENNES EAUX.

qu'à la fin du quatorzième siècle, la ville ne disposait que de l'eau des aqueducs de Bellcville et du Pré Saint-Gervais, qu'en temps de grande sécheresse, ces aqueducs débilaient à peine 200 mètres cubes et, en temps ordinaire, 546 mètres cubes d'eau en 24 heures'. On se contenterait à peine aujourd'hui d'un si petit volume d'eau pour une bourgade de 2000 âmes. Paris comptait 200 000 habitants au treizième siècle, et 274000 au quatorzième et au quinzième'. Le bureau de la ville avait donc un problème bien difficile à résoudre pour répartir équitablement ce petit volume d'eau entre un si grand nombre d'habitants. A la moindre sécheresse, l'eau manquait partout, et alors on attribuait toujours aux concessions particulières le dessèchement des fontaines publiques; ce n'était pas sans raison, comme on le verra ci-après.

Fontaines publiques.

Les premières fontaines construites, celles de la Halle et des Innocents, furent alimcnlées en eau du Pré Saint-Gervais. J'ai décrit la canalisation jusqu'au prieuré de Saint-Lazare, qui se trouvait rue du faubourg Saint-Denis, à peu près à l'emplacement actuel du carrefour du boulevard de Strasbourg". La conduite qui se détachait de la fontaine Saint-Lazare suivait la rue du faubourg Saint-Denis et celle de Saint-Denis jusqu'à la TIalle; le diamètre de celte conduite est inconnu. A peu près à la même époque, les religieuses de l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs dérivèrent leur source de Savies ; j'ai décrit le tracé de la conduite ; elle était en poterie depuis le regard Saint-Martin jusqu'à la rue Saint-Maur, et en plomb depuis le regard de Saint-Maur jusqu'à son entrée dans la rue du Temple, au carrefour dos grands boulevards'; à partir du couvent du Temple, elle se ramifiait: une

' Voy. p. 88 et suiv.

« Voy. p. 19.

' Voy. p. 109 et 118.

♦ Voy. p. 129.

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