RETRANCHEMENT DES CONCESSIONS
Un partage d'eau entre le seigneur de Yilleroy et la dame de Longueville fut autorisé le 10 mars 1585. La nouvelle prise d'eau était de deux lignes de diamètre.
Le maître des œuvres reçut, le 8 février 1586, l'ordre de percer sur la conduite de la rue Yieille-du-Temple un trou de deux lignes et demie de diamètre, prise d'eau accordée par le Roi à madame d'Angoulême, « à la charge que la dicte dame fera faire tous les thuyaulx et assiette d'iceulx à ses fraiz et dépens. »
Il n'est nullement démontré que la pénurie d'eau dont on souffrait alors ait été le résultat d'une sécheresse; il est bien plus probable qu'elle tenait au mauvais état des conduites publiques qui, étant toutes en plomb ou en poterie, avaient dû être trèsdétériorées pendant les guerres civiles. Une des préoccupations d'Henri IV, dès son avènement au trône, fut le rétablissement des fontaines. Un règlement du châtelet de 1578 ordonnait d'employer au service public les plombs des concessions particulières ; une mesure analogue fut prescrite le 6 juin 1594 par le bureau de la ville ; il fut enjoint au premier des sergents de « saisir et arrester toutes et chacune des marchandises de plombs qui arriueront en ceste ville, soit par eaue, soit par terre, pour eslre emploies aux réparations des fontaines de ceste ville suiuant la volonté du Roy \ »
Le retranchement des concessions fut prescrit par un arrêt du Conseil d'Etat du 23 juillet 1594.
Cette pièce, que je reproduis en entier, ne laisse aucun doute sur les intentions du Roi ; il voulait surtout remettre la canalisation de la ville en bon état, et supprimer l'abus des concessions accordées aux grands seigneurs, au grand détriment du pubUc.
Ecus, emplacement dont la balle au blé occupe aujourd'hui le centre. La tour où Catherine faisait ses observations d'astrologie existe encore. La fontaine de la halle au blé y est accolée. La rue du Jour porte aujourd'hui le nom de la rue Vauvilliers. ' Registres de la ville, vol. XIV, fol. yC.
Extraict des registres du conseil d'Etat.
Arresl dti Conseil d'EsInf qui ordonne que les fontaines particulières seront retranchées et deffenses faictes aux preuost des Marchands et Eschevîns de donner aulcunes concessions deau aux particuliers .
Le Roy désirant restablir sa ville de Paris en sa première splendeur auroit comandé aux preuost des marchands et Eschevins de lad" ville de Paris de faire restablir et remettre les conduite et tuyaulx des fontaines de ceste dicle ville en leur premier estât et les faire descendre aux reseruoirs publicqz et a ce que le peuple de ladicte ville en recoipue la commodité et soulagement que Sa Ma'" désire sans qu'aulcuns particuUiers de ladicte ville les puisse diuertir par conduitz et tuyaulx particuUiers en leurs maisons au preiudice des reseruoirs pubHcqz. Et a ceste fin sad'' Ma'* a faict et faict inhibitions et deffcnces a tous parliculliers de destourner le cours desdictes eaux pour en foire venir en leurs maisons par conduitz et tuyaulx particuUiers soubz qquoz considérations et remonstrances quilz puissent faire, Et ordonne que par le Maistre des œuvres de ladicte ville ou aultre officier dicelle ayant charge des dictes fontaines toutes les clefz des robinetz seruant a conduire de leau en maisons particullieres seront leuécs et ostéés et apportées au bureau de la Ville et lesdicts robiuetz condampnez et tamponnez de boys ou aultre chose généralement, en telle sorte que le cours desdictes eaux ne soye nullement diuerty desdicts reseruoirs publicqz, a peyne de deux cens escus damande contre le premier contreuenant ; Il enjoinct auxdits preuost des marclians et escheuins presens et aduenir dy tenir la main ; auxquelz preuost des marchans et escheuins auons faict et faisons deffences de donner aulcunes concessions permettre ne souffrir estre faictes aulcunes entreprinscs sur le cours desdictes fontaines de tenir la main que tout le cours desdictes eaux aile auxdicts reseruoirs publicqz qui seront fermez et les clefz mises entre les mains des personnes cappables quils y commettront, Et a ce quilz nen puissent prétendre cause dignorance de noz voulloir et intentions, voulions ces présentes estres enregistrées au greffe de ladicte ville et employées aux ordonnances d'iccllc. Faict au Conseil d'Estat tenu à Paris le XXlir Juillet mil cinq cens quatre vingtz quatorze signe « Fayet' ».
Cet ari'cl du Conseil d'Étal parait avoir élc mieux exécuté que les autres. Dès le 20 janvier de l'année suivante, Pierre Guillain, maître des œuvres, reriit l'ordre de réduire, d'après leurs litres,
' Hegistres Je l;i ville, vol. XIV, fol. 70.