DISTRIBUTION. — FONTAINE DE LA POINTE SAINT-EUSTACHE
en 1796, au moment de la grande pénurie des eaux. D'après un rapport de Brallc, les dalles de l'intérieur de l'édifice étaient brisées et laissaient un libre passage à l'eau qui s'infiltrait dans les fondations, l'escalier en bois qui conduisait au réservoir tombait de vétusté; on ne pouvait sans danger laisser la fontaine dans cet état de dépérissement. Sur ce rapport est inscrite la note suivante : « L'ingénieur hydraulique est autorisé à faire d'urgence les réparations nécessaires'.»
Il ne paraît pas que cette restauration ait été bien sérieuse; car une décision du ministre de l'intérieur, en date du 20 juin 1806, portait que « la fontaine du Pilory serait transférée à la Pointe- Saint-Euslache, que celte opération serait liée avec celle de l'érection de nouvelles fontaines ordonnée par le décret impérial du 2 mai, et que les plombs, cuivres et autres matériaux de cette ancienne fontaine, seraient employés à la nouvelle^ »
L'emplacement choisi était le pan coupé qui se trouve au carrefour des rues Montmartre et Montorgueil, bien connu sous le nom de Pointe-Samt-Eustache. Le j)rojet fut dressé par Bralle et la sculpture fut confiée h Beauvallet. Cette fontaine, dit M. Amaury-Duval, fut vivement critiquée dans les journaux par les gens de goût, et souleva une vive opposition des habitants du voisinage; celte difficulté fut tranchée, comme cela se faisait alors, par une simple décision du ministre de l'intérieur. La fontaine se composait d'une urne renfermée dans une niche, qui versait son eau dans une petite vasque, le tout recouvert d'un toit donnant à l'édifice l'aspect d'une guérite. Des bornes disposées en arc de cercle autour de la fontaine protégeaient les porteurs d'eau. La dépense s'éleva à 28 472 francs; une simple borne- fontaine aurait coulé 3 ou 400 francs, et aurait été plus commode. Celte fontaine a été démolie vers 1856 pour faire place aux Halles centrales.
' Archives nationales, F'^-1005 (liasses). * Fontaine Sainl-Eustache, n" 58 de la carte.
Fontaine Desaix, 1803. — Celle fontaine, élevée sur la place de ThionviUe, aujourd'hui place Daiiphine, à la mémoire du général Desaix, par les soins d'un comité de souscripteurs, fut inaugurée le 28 prairial an XI, jour anniversaire de la mort du général Desaix et de la bataille de Marengo.
Le gouvernement, qui resta totalement étranger à l'érection de ce monument, et ne voulut pas contribuer à son alimentation, permit cependant que, pour l'inauguration, un fdet d'eau fût tiré d'une des conduites de la Samaritaine, en attendant la construction, sous la troisième arche du Pont-Neuf, d'un bélier hydraulique inventé par Monlgolfier, qui devait fournir 80 000 pintes ou 4 pouces d'eau pour l'alimentation de la fontaine. Ce bélier hydraulique n'a pas été exécuté.
Le décret du 2 mai 1806 porte que « la Pompe de la Samaritaine continuera d'alimenter la fontaine de la Croix-du-Trahoir, rue Saint-Honoré, et donnera de l'eau à la fontaine Desaix. »
Ce monument était fort médiocre; voici ce qu'en dit M. Amaury- Duval : « Desaix n'était point l'enfant gâté de la fortune... son étoile était nébuleuse... Un sort fâcheux l'aurait-il donc poursuivi au delà du tombeau ! Jusqu'ici le mauvais goût a présidé à tous les monuments érigés en son honneur. Nous signalons cette fontaine comme un exemple dangereux à suivre, parce qu'elle est l'ouvrage d'un homme de talent, de M. Percier, chef de la plus nombreuse école d'architecture. »
La principale décoration de la fontaine était le buste du général couronné par le génie de la guerre. Le soubassement était orné de bas-reliefs et de deux génies en demi-ronde bosse écrivant dans des cartouches les noms des principales victoires du général . »
Cette fontaine a été démolieen 1875, en même temps que les bâtiments de la préfecture de police, qui masquaient la façade nouvelle du Palais de Justice. Elle était en fort mauvais état, cl les inscriptions suivantes étaient devenues presque illisibles'.
• Aicliives nationales, F'^-lOlô (liasses]. N* 101 de la carie.