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AQUEDUC DU PRE-SAIA'T-GER VAIS

ETAT ACTUEL

meal dans ce bassin et courbée en arc de cercle, est percée de vingt trous d'un pouce (0"',0'21) de diamètre disposés sur la même ligne horizontale. C'est au moyen de ces trous qu'on jauge l'aqueduc : pour cela, on débouche le nombre de trous nécessaires pour que l'eau s'écoule, et que son niveau se maintienne à 7 lignes au-dessus du centre des trous ; le débit de chaque trou ainsi réglé est ce qu'on appelle un pouce d'eau. J'ai visité cet ouvrage le 4 avril 1 876, à la suite de la grande crue de la Seine. Les sources, elles aussi, étaient en grande crue : les vingt trous étaient rem-

noR.na du Trou-Morin. — Allilu.ie du dépan de l'eau : S8",07.

plis et les deux branches de l'aqueduc débitaient environ 400 mètres cubes en 24 heures.

Entre les regards du Trou-Morin, des Marchais ou Maraîchers, et de la fontaine du Pré-Saint-Gervais, qui portent sur la carte les n°' 6, 7 et 13, ou descend au-dessous du niveau d'eau des marnes vertes : il n'y a plus de pierrées, mais seulement des conduites forcées.

Enfin, le troisième groupe est situé sur les territoires de Belleville et du Pré-Saint-Gervais, entre les fortifications et le regard n° 15. Il se compose des pierrées et conduites forcées qui se développent autour des cinq regards des Motissins, des Bernages ', de laPiuelle-des-Bois, de Pont-Carré et des Olivettes, qui portent sur la carte les u°' 8, 9, 10, 11 et 12. A partir du regard des

* L'eau du regard des Bernages en sort à Fallitude 74", 22; la conduite ne peut donc pénétrer dans le regard n" 15 du Pré-Sainl-Gervais dans lequel le départ do l'eau est à l'altitude 74°. 75 ; elle se relie un peu plus bas à cette conduite de départ.

Moussins, les eaux de ce groupe déboucheut directemenl dans le regard n" lo do la fontaine du Pré-Sainl-Gervais par des conduites forcées.

Le regard des Moussins est le plus iniportanl des ouvrages de rnqueduc. On y accède par un Irou pratiqué dans une luaigre iiaie d'épine, en passant au milieu de pans de murs à demi écroulés : tristes restes du siège de Paris. Le robuste édilice du moyen âge a résisté et s'élève intact au milieu de ces ruines. Il a en plan la forme d'un reclangle, de 5'", 71 de longueur sur 4"", 75 de largeur

Ilptanl Hp? Mous

. — AililiiJe du l)as>in : 90-,G7,

et saliauleur sous clef est de 7™, 67. Sa solide structure lui donne un véritable aspect de grandeur. On voit encore, scellés dans le mur, les anneaux en for auxquels les écbevins altacliaiont leurs chevaux dans la visite aniniollo qu'ils étaient tenus de l'aire. Le clocheton on pierre de taille, qui surmonte la coupe, n'existe plus aujourd'hui. On descend dans rinlérieur du regard par un escalier à double rampe conqiosé de 1 i marches. Les branches de ce groupe de pierrées y débouchent par trois rigoles dont une seule, celle de gauche, a quelque abondance. L'cjiu quelle porte y laisse un épais sédiment. Ces rigoles se déversent dans un petit bassin,

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d'où l'eau s'échappe par une rigole couverte de 0"\o5 de largeur sur 0'",25 de hauleur qui se relie à une conduite en plomb de 0"',081 de diamètre intérieur. Le 4 avril 1876, cette conduite débitait facilement toute l'eau des trois pierrées, qui était cependant en crue : le regard des Moussins recevait ce jour-là environ 160 mètres cubes d'eau par 24 heures. Le contraste que forme le rapprochement de cette petite conduite et de cet énorme regard est singulièrement frappant : un simple puisard d'un mètre de diamètre aurait suffi pour un si mince volume d'eau. Le regard des Moussins passait néanmoins autrefois pour un ouvrage tout à fait correct et rationnel ; on l'a choisi pour type, en 1612, dans le devis des ouvrages de l'aqueduc d'Arcueil \

Les pierrées ne se dirigent point en ligne droite d'un regard ou d'un puisard à l'autre : le tracé de leurs sinuosités est déterminé par des bornes plantées sur le sol, et à l'aide desquelles il est aisé de retrouver telle partie de pierrée qu'on a besoin de visiter.

Toutes les eaux de l'aqueduc se réunissent à un regard commun, la fontaine du Pré-Saint-Gervais, désignée sur le petit plan par le n° 13; la cuvette qui reçoit l'eau est en plomb. Le 4 avril 1876 l'aqueduc était en grande crue et portait 616 mètres cubes en 24 heures. La conduite de départ, de 0"',lo5 de diamètre, débitait facilement ce volume d'eau. L'altitude du départ de l'eau est 74"', 75. Les concessions d'eau, dont jouissent encore quelques habitants du pays, sont desservies par une cuvette de jauge. Chacun de ces usagers possède sa conduite particulière, qui a son point de départ dans la cuvette du regard et se prolonge jusqu'au domaine à desservir. Je reviendrai plus loin sur ce mode de distribution d'importation romaine.

Ces concessions sont aujourd'hui réduites à six, comme l'indique le tableau suivant :

' Dans ce devis, on a adopté le nom de Maussins . Le service des eaux de Paris écrit Mossiiis. Girard et les registres de la ville disent Moussins. J'ai conservé ce dernier nom.

MMÉROS 'm'AMlTÉS SITUATION KOMS des cases deao

DES DES DD CUATEAU A LIVREIÏ

PROPniËTÉS DESSERVIES CI!SCESSIO\NAIRES - DE LA ES

— — FONTAINE 2-i HEURES

Mèlres cubes.

Place de la Mairie. La coniiminc. iMiiilaine i)ubli<iue ^ iiulétermince

Grande rue n" 54,

cité Hervi. . . . MM. Charvin, Henri, etc H 0,55

Grande rue n° 65.

villa du Pré. . . MM. Gidtlo cl Pouton, Lizoray, etc., ... 4 0,45

Grande rue n° 65,

asile du Pré. . . M. Sivière. Madame Badiche. La commune. 5 O.-'O

RuePlatrièren"18. MM. Bélichonet Ducliemin.i

., ,. JLe partacc sei

— n^SO. — et Marlier.. . ,.•'.,"• o n --

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— n''22. — et Bigot. . . ,, ,,. l

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— n^aO. — et liesclos. ./

A partir du regard de la fonlaine du Prc-Saiiil-Gcrvais, l'aqueduc n'est plus qu'une conduite forcée ordinaire. Yoici ce que dit Girard de la partie la plus importante de celte conduite qui, du regard n° 13, se dirige vers Paris :

« Cette conduite en plomb, deO"",!! ' de diamètre, suit le pied du versant septentrional du coteau de Belleville. Elle porte, sur 2140 mètres de développement, à tiès-peu près, six robinets d'arrêt , par la fermeture successive descpiels on reconnaît les parties de cette conduite qui peuvent laisser échapper l'eau par des ruptures. On s'assure ainsi de l'état de celte conduite, et l'on arrive, sans beaucoup de recherches, à en découvrir les parties défectueuses. Les robinets qu'elle porte sont enfermés dans des regards désignés par les noms du Pré-Sain l-Gervais, des Chauvcs- Soiu'is, des Noyers, des Jardins, de Ba/.ancourt et de Saintc- Perrine'. » Aujourd'hui cette conduite forcée verse ses eaux dans un égout près des fortifications, vers l'emplacement de l'ancien regard des Noyers. Deux de ces regards, situés hors des murs, les n°' 15 et 14, existent encore.

Le croquis suivant représente, en plan cl en coupe, le regard

« Le diamèlre de celte conduite est en réalité de 0",lô."); le [ilomb est remplacé sur une •Tande partie de la longueur par de la tôle bitumée ou de la fonle.

- Regards n°' lô, 14, 15, Itl, 17 et 18 de la carte. On éciit ordinairement Périne et non Perrine.

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