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AQUEDUC D'ARCUEIL. — TRACE ET PENTES

duc débiterait facilement l'eau des plus grandes crues des sources. Cela étant admis, son tracé me paraît irréprochable.

Dès le départ, l'ingénieur de Marie de Médicis a très-habilement réparti sa pente pour obtenir un grand raccourci. On voit en effet sur le tableau ci-contre que la pente kilométrique dont il pouvait disposer était en moyenne de l^jSQ; jusqu'au regard n° 7, sur une longueur de 379 kilomètres, il s'est tenu bien au-dessous de cette moyenne, ce qui lui a permis de se maintenir sur le plateau et d'éviter le long développement de la petite vallée du ruisseau de Rungis. Aussi la longueur de l'aqueduc, depuis le Grand-Carré jusqu'au regard n° XIV, à la sortie du pont aqueduc d'Arcueil, est 7 504 mètres; celle de la rigole romaine entre ces deux points, est de 10284 mètres'. L'ingénieur de Marie de Médicis, en abandonnant la méthode romaine et en se tenant sur le plateau, au lieu de se développer à flanc de coteau dans la vallée de Rungis, a donc obtenu un raccourci de 2 780 mètres.

Entre les regards n°' VII et XII, sur une longueur de 2 884 mètres, la pente kilométrique s'écarte peu de la moyenne; elle est de 1°',46. Entre les profds n"' XII et XIII, on devait au contraire perdre une grande partie de la pente pour diminuer la hauteur du pont-aqueduc : il suffisait de réserver assez de pente, à partir

' Cette longueur se décompose ainsi :

MÈTRES

Rigole de Rungis, entre le regard n° l du Grand-Carré et !e

regard D de la rigole principale 1 186

Rigole principale, entre le regard D et le point où elle coupe le

pont-aqueduc 9 098

Longueur totale 10 284

Je ne puis parlager l'opinion de M. Jollois sur le tracé de l'aqueduc d'Arcueil; suivant cet ingénieur, ce tracé est moins bon que celui de la rigole romaine : « La pente de celte dernière est régulière et de 0,001 par mètre ; celle de l'aqueduc de Marie de Médicis est des plus irrégulières, offrant en certaines parties un courant très-rapide et, dans d'autres, des eaux presque stagnantes. »

J'ai fait voir que si, en effet, le tracé de la rigole romaine vaut mieux que celui de l'aqueduc moderne, c'est uniquement parce que ce tracé a permis de dériver d'autres sources que celles de Rungis. Mais comme )1. Jollois ne connaissait pas ces sources, sa critique n'a pu porter sur ce point. Il résulte, au contraire, de la discussion qui précède que si les sources à dériver par les deux aqueducs étaient uniquement celles de Rungis, comme l'admettait M. Jollois, le tracé de l'aqueduc moderne serait de beaucoup le meilleur.

de ce grand ouvrage, pour débiter l'eau de Faqueduc, et c'est ce qu'on a fait de la manière suivante. On a fixé la hauteur du radier à l'aval du regard n° 15, tête du pont-aqueduc, à . . GO^GS l'altitude du regard de l'Observatoire étant réglée à l'avance à 56 88

il restait 5"', 80

pour régler la pente entre ces deux points, quantité plus que suffisante pour une longueur de 5 788 mètres, puisque, répartie entre ces deux points, cette différence de niveau donne une pente kilométrique moyenne de 0'",66.

La différence de niveau entre les deux regards n^'Xll et XIII, qui est de 7"", 67, a donc pu être perdne entièrement entre ces deux regards, espacés de 490 mètres, par un pente kilométrique moyenne de 15'", 65, énorme sans doute, mais néanmoins parfaitement rationnelle.

Ce tracé de l'aqueduc et cette répartition des pentes ', à part les erreurs de détail que le tableau fait ressortir, me paraissent très-remarquables. On voit qu'on s'approche de cette époque de notre histoire si justement célèbre par les hommes qui se sont illustrés aussi bien dans les sciences que dans les lettres : l'architecte du Luxembourg, Desbrosses,' était aussi l'ingénieur de l'aqueduc d'Arcueil.

Pont-aqueduc d'Arcueil . — Quoique je n'approuve pas ce monument, qui n'est nullement en rapport avec l'importance de l'eau à dériver, je dois néanmoins le décrire sommairement.

Le croquis de la page 202 représente l'élévation de la tête d'aval de cet ouvrage, non pas telle qu'elle est aujourd'hui, mais dans l'état où elle était avant la construction de l'aqueduc delà \anne.

La longueur, y compris celle des deux regards n"' XIII et XIV,

• Voy. ci-dessous comment j'ai proûté de celle réparlilion des pentes pour améliorer la distribution de l'eau d'Arcueil.

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