‹ Les eaux-fortes nommées ou marquéesChapitre 47 sur 56 · XIV. — Le MAITRE I?V · texte numérisé non relu

XIV. — Le MAITRE I?V

Bartsch, Brulliot et Passavant ont décrit une série d’estampes marquées du signe I ? V, qui appartiennent tout à fait à l’École de Fontainebleau, aussi bien par leur style que par les sujets empruntés en partie à la décoration du château. Nous ajoutons à leur liste quelques pièces que des recherches ultérieures ont fait découvrir, et constituons ainsi un œuvre de vingt-huit numéros.

Quel est l’artiste qui a employé cette marque? Renouvier l’appelle Jean Vigny ^ Vignay on Veigne; Passavant hésite entre Jean Verdun et Jean Vaquet. Tous deux ont eu recours au même procédé, qui consiste à chercher, sur les registres des Comptes, un artiste dont le prénom commençât par un I, et le nom par un V. Nous pouvons continuer ce petit jeu et offrir au lecteur, par ordre alphabétique, un

tableau de tous ceux qui répondent à cette double condition :

Jacques Vallet, manouvrier stucateur, payé à raison de 3 sols par jour (i535, 1537-40) ;

Jean Vaquet, peintre, payé à raison de i3 livres par mois (i54o-5o) ;

Jean Veigne, doreur, payé à raison de 10 livres par mois (1537-40) ;

Jean Veloux, poupetier, payé à raison de 20 livres par mois (1537-40) ;

Jean Verdun, imagier, payé à raison de i3 livres par mois (1537-40); on trouve, en 1570, un Jean de Verdun, clerc des oeuvres du roi ;

Jean Vignay, peintre, payé à raison de 20 sols par jour (1537-/10);

Jacques Vignolles, peintre, payé à raison de 20 livres par mois (i540-5o);

Jean Vigny, peintre, payé à raison de 12 livres par mois (i 540-50) ; il est expert en 1548 et habite Paris.

Si l’on s’avisait de pousser plus loin les recherches, on trouverait encore parmi les artistes qui ont travaillé au château de Fontainebleau à la fin du xvu siècle :

Jehan Vernansal'.

I. Jehan Vernansal, parrain en iSgg, i6ii, 1614, témoin en 1617 et 1622, achète, le 25 avril 1622, un terrain aux héritiers de Jean de Iloey. Il est mort le 12 mai 1622 (Registres paroissiaux ci' Avon). Dans son testament (cité dans les Nouvelles archives de l’Art français, i8go, p. iSg), il avantage sa femme et son gendre, Antoine Melicque. Sa veuve, Anne Féru, ses tilles : Madeleine, femme de Pierre Petit; Charlotte, femme de Jean Pellier; Christine, femme de Michel Dugué, figurent dans divers actes. Son fils Guy, ou Guinot, était aussi peintre. Jean Vernansal était concierge de l’hôtel du Grand Ferrare.

JOSSE DE VOLTIGEM*.

Ceux-ci ont sur les précédents l’avantage d’être connus ; il serait possible d'esquisser leurbiographie.

En examinant c[uelques-unes des pièces signées 1 ? V, j’ai eu l’impression qu’elles étaient postérieures à celles des Fantuzi, des L. D., des Mignon. La pointe est plus lourde; la planche est plus travaillée ; les types sont plus vulgaires. Je ne suis pas frappé du caractère inventif que Renouvier reconnaît à ce maître. Dans sa plus belle estampe, Apelles dessinant Alexandre et Campaspe, les ornements ont été pris à une gravure de Mignon. Il serait donc possible que l’auteur dût être recherché parmi les artistes de l’époque qui a suivi la floraison de l’Ecole, .de la période flamande. Mais deux pièces que nous décrivons plus loin d’après Mariette et le catalogue Delbecq, les n°^ ig et 25, portent la date de idqq! Si ces pièces sont effectivement du maître, notre hypothèse se trouverait ruinée, et les différences signalées viendraient seulement d’une différence de talent h

I. Josse de Voltigem est l’auteur d’une copie de la Visitation de la Vierge, de Sébastien del Piombo, qui était placée dans le cabinet de la reine, et d’une copie de la Sainte Marguerite de Raphaël. Il a eu d’un premier mariage avec Balthasarde Houin deux filles : Madeleine, femme de David Petit, et Françoise, femme de Jean Bouzé, et un fils, Henry, né le 21 octobre iSgS, marié à Madeleine Maquet, qui fut peintre. D’un second mariage avec Catherine Chauvin, il a eu deux fils ; Ambroise, né le 19 mars iSgS, et Jean, né le 8 octobre 1606, et deux filles : Jeanne, née le 21 janvier 1602, et Marie, qui épousa Jean Rossignol, le iq septembre 1617. Il est mort le 29 mars 1622 {Registres paroissiaux d'Avon). La tradition, rapportée par Nivellon, qui veut que Lebrun ait fait son portrait en 1634, est donc inexacte. Josse de Voltigera était concierge des Héronnières.

2. De ces deux pièces, nous n’avons pu en rencontrer qu’une, le n» 25, qui ne nous paraît appartenir ni au maître IÇV ni même à l’Ecole de Fontainebleau. C’est une estampe italienne.

Comme, d’ailleurs, il serait impossible de choisir entre Vernansal et Voltiçem, de même qu’il n’y a aucune raison de préférer Vigny, Vignolles, Vaquet ou Verdun, le plus sûr est de désigner simplement le maître par son monogramme.

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