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AQUEDUCS HUMAINS. - DÉTAILS DE CONSTRUCTION

riiéliogravure II, il ne reste plus au-dessus de la dalle de la cunellc (le Marcia que les resles informes de Tepula ; Julia a tolalemciil disparu. Au contraire sur l'iiéliogravure lY (])orte Majeure) on voit à droite, les trois aqueducs superposés. (Voir aussi PL IV, fig. R et T et PI. VII, fig. 1 et 2.)

Marcia conserve, comme sur toutes les photographies de la collection, son appareil de pierre de taille. Julia et Tepula qui sont ligures au-dessus, semblent érigés à la même époque et par le même ingénieur. En effet les deux aqueducs sont construits en petits matériaux, sans qu'on remarque entre eux aucune solution de continuité i la voûle de Tepula se relie au radier de Julia comme si elle avait été construit en même temps. Agrippa aurait-il reconstruit Tepula d'un bout à l'autre en érigeant Julia? Julia aboutissait à Pioiiie sur l'Esquilin, où l'on voit encore les ruines magni(i(|ues de son châleau d'eau. La collection Parker comprend trois belles photographies de ce monument^, dont les resles sont très-imposanls. Suivant M. Parker, il aurait été restauré par Alexandre Sévère, il est entièrement construit en briques. La section transversale de Tepula a 0"',80 de largeur, sur 1 mèlre de hauteur; celle de Juha 0'",70 de largeur, sur i"V40 de hauteur.

Je laisse décote Virgo, qui, dérivé par Agrippa treize ans après Julia, n'offre rien de remarquable, sous le rapport de la construction. L'aqueduc à 2 mètres de hauteur et0'",50 de largeur.

Claudia et Anio Noviis. — J'arrive aux deux plus grands et plus beaux aqueducs romains, construits par Claude, le plus célèbre des empereurs-maçons. 11 est difficile de séparer ces deux ouvrages, non-seulement parce qu'ils sont l'œuvre du même constructeur, mais encore parce que leurs tracés, sauf vers Tivoli, marchent presque parallèlement et souvent chevauchent l'un sur Tautre.

' l'holog. u"6I, 'JGô, 904.

Je rappelle sommairement que Claudia dérivait trois sources, Curtia, Coerulea et Albudina, aujourd'hui Acqiui Santa, lac de Sainte-l.ucie, et première Sereine. Le lac de Sainte-Lucie est une pièce d'eau de forme elliptique, de 40 mètres de long sur 27 mètres de large. Augusta, aujourd'hui laRosolina, pouvait à volonté être jetée dans Claudia ou dans Marcia.

Anio Novus avait sa prise d'eau en rivière, d'abord en amont d'Agosta, vers le 42' milliaire de la voie Sublacensis, plus tard, par les soins de Nerva, beaucoup plus haut, dans la région rocheuse située en amont de Subiaco. (Héliog. V.)

J'ai indiqué ci -dessus la position relative des sources de Marcia et de Claudia. L'origine de ces deux aqueducs était à gauche de la voie Sublacencis, dans l'étendue du 38'' milliaire. Celle de Claudia était la plus voisine de Rome. La coupe transversale (le Claudia a 1 mètre de largeur, sur 2 mètres de hauteur; celle d'Anio Novus 1 mèlre de largeur, sur 2"\70 de hauteur. Trajan ajouta à cet aqueduc, vers la prise d'eau, une seconde cunette d'environ O^jSO de largeur (point B de la carte).

D'après Pline, tous les aqueducs le cèdent en beauté à Claudia et à Anio Novus. On alloua pour leur construction 55500000 sesterces^, 14985000 francs de notre monnaie, en comptant le sesterce pour 0^',27; la longueur totale des deux aqueducs étant de 156 082 mètres, le prix du mètre courant ressort à 94 francs, prix qui paraîtra très-élevé pour cette époque éloignée, surtout si l'on considère qu'en raison de leur forte pente, la section des deux aqueducs n'était pas très-grande, et que, dans les parties en arcades, ils étaient construits l'un au-dessus de l'autre.

La collection Parker comprend quarante- sept photographies des ruines de Claudia et d'Anio Novus, entre les sources et les murs de Rome; neuf ' s'appliquent à la partie supérieure, vers les sources. Elles font voir que celte partie de la vallée de l'Anio est

1 Plise, leNaiur., liv. XXXVI, chap. xxiv, § 12. J'adopte la valeur du sesterce donné par Rondelet.

* Photog. a- 1514, 1515, 1516, 1517, 1518, 1519, 1556,1555 et 1556.

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largo el bien ouverte ; les monlngnes en forment le dernier plan, le lointain et le paysage sont plutôt riants que pittoresques. Les eaux pluviales s^; chargent donc facilement de limon dans ces terrains meubles, et troublent le cours de la rivière.

L'héliogravure V donne une idée très-nette de cette région pierreuse dont parle Frontin, qui forme le bassin supérieur de l'Anio en amont de Sabiaco; la vallée n'est, à proprement parler, qu'une gorge étroite ouverte dans une masse calcaire. Les pluies ne peuvent donc entrauier dans le torrent une grande quantité de limon. C'est à l'issue de ces gorges, que se trouvent les ruines du Nymphœum ou maison de campagne de Néron, dite Sublacencis, et le réservoir au bas duquel Nerva reporta la prise d'eau d'Anio Novus, pour avoir de l'eau plus limpide \ Les successeurs de ce prince favorisèrent encore la clarification de l'eau, en créant deux autres réservoirs ou lacs dans le lit même de la rivière.

Dans l'origine, la prise d'eau d'Anio Novus avait lieu vers le 4'2'' milliaire de la voie Sublacensis, c'est-à-dire à 6 kilomètres en amont des sources de Marcia et de Claudia ; comme c'était une prise d'eau en rivière, peu élevée par conséquent au-dessus dn fond de la vallée, il est possible que son altitude ne fût pas plus grande que celle de ces sources ; les niveaux, dans tous les cas, devaient être peu différents. On ne comprend donc pas pourquoi cet aquednc, construit par Claude comme Claudia, ne suivait pas le tracé rationnel de ce dernier; à partir de la A allée Degli iVrci, il cheminait avec Marcia et Anio Vêtus, en faisant un long détour vers Tivoli, pour doubler les monts Ripoli, Spaccato et S. Angclo, du côté d'aval, tandis que Claudia prenait un tracé beaucoup plus court en les longeant du côté d'amont; de là la différence énorme de longueur de ces deux aqueducs, commençant et aboutissant aux mêmes points (08 512 ii;ètres et 87 169 mètres).

' FuoMiN, chap. xciii.

Claudia franchissait l'Anio vers Vicovaro; les ruines du pont existent encore (fig. F). A la traversée du ruisseau degli Arci ^ se trouvent des ruines très-intéressantes, décrites avec beaucoup de soin par Fabretti, qui s'est néanmoins trompé dans leur classification. Suivant lui, les plus rapprochées de l'Anio appartiennent à Claudia ; viennent ensuite celles d'Anio Novus.

D'après la carte de M. Fabio Gori, les ruines les plus rapprochées de l'Anio sont celles d'Anio Vêtus ; viennent ensuite celles de Marcia, qui se reconnaissent à leur appareil en pierre de taille; puis, celles d'Anio Novus, construites en petits matériaux, qui en constituent toute la masse. La tour médiévale s'élève aujourd'hui à l'extrémité de la seule pile qui soit encore debout (héliog. VI). M. Parker attribue à tort ces ruines à Claudia, dont les arcades, d'après la carte de M. Fabio Gori, franchissent la vallée à une assez grande distance en amont, et sont remarquables par leur hauteur (PI. V, fig. L).

On voit encore une ruine d'Anio Novus, le pont d'Enfer, (fig. H), et d'autres traces du même aqueduc, mais moins importantes, en divers points, entre la vallée de l'Anio et Ponte- Lupo, notamment à Arcinelli (fig. K). D'autres arcades très-importantes de Claudia s'élèvent en amont de la vallée degli Arci, et forment un double aqueduc (fig. 1).

M. Parker commet une erreur, en attribuant le pont Saint- Antoine, une des plus belles ruines de la contrée, à Claudia et Anio Novus. On a vu ci-dessus que ce pont portait Anio Vêtus et Marcia ; Claudia et Anio Novus n'en passaient pas bien loin ; le pont Saint-Antoine est probablement une restauration, car il est construit entièrement en petits matériaux; c'est ce qui a pu tromper M. Parker.

La traversée de la campagne de Rome par ces deux aqueducs

' Six photographies de la collection Parker représentent les ruines des deux aqueducs près de Tivoli, n"' 1052, 1055, Ihôi, 1525, 1524 et 1559 de la collection.

Travaux souterrains de VaT\% /'/n traduction fkqe ôoj

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