TOTAL
DE l'aqueduc
mètres cubes.
2iî8 000 65 000 101 000 50 000 61000 24 000 101000
mètres culics.
Le débit total des aqueducs romains n'était donc pas de 1 500 000 mètres cubes, par 24 heures, comme on l'admet généralement d'après les calculs de Rondelet. Le volume de 953000 mètres cubes donné ci-dessus paraît même très-exagéré.
J'ai admis, en effel, dans les calculs qui précèdent, pour Anio Yetus, Appia, Julia et Anio Novus, les sections mouillées données par Frontin ; il est probable qu'elles sont trop grandes, comme celles de Marcia et de Claudia. Néanmoins je dois faire
AQUEDUCS ROMAINS. — QUANTITE: D'EAU DISTRIBUEE. 9'j
remarquer qu'Anio Velus et Anio Novus, puisanl dans une rivière, ne subissaient pas l'aclion des sécheresses comme les autres aqueducs alimentés par des sources.
Si nous examinons le second tableau, qui donne le produit du quinaire pour chaque aqueduc, on voit que ce produit varie de 22 à Cl mètres cubes par 24 heures.
Les ingénieurs romains n'ont donc jamais eu la prétention de donner aux concessionnaires, au moyen de leurs calices, un volume d'eau déterminé à l'avance. Ils comptaient sur une sorle de débit moyen pour les orifices de même diamètre d'un château d'eau. 11 est à remarquer, d'ailleurs, que si les calices étaient trop nombreux pour le débit de l'aqueduc, les grandes concessions étaient les premières atteintes.
Rondelet suppose que les centres des calices étaient à 12 doigts au-dessous du plan d'eau. C'est une simple hypothèse. D'après Frontin \ les calices en brdnze doivent avoir au moins 12 doigts de longueur et être placés sur la même ligne horizontale; mais, dans les recommandations si minutieuses qu'il fait à ses collaborateurs ', il ne dit pas un mot de la hauteur du plan d'eau au-dessus de la ligne des centres. Cette hauteur était nécessairement variable, et plus grande en temps de hautes eaux qu'en temps de sécheresse extraordinaire. L'orifice de trop plein du château d'eau n'était certainement pas placé au niveau correspondant à ces sécheresses. Ces petites variations de niveau n'avaient pas une action bien sensible sur les débits tant que les calices ne se découvraient pas, parce que les vitesses d'écoulement sont proportionnelles à la racine carrée des charges; par exemple, le volume d'eau reçu par l'usager dont l'orifice de sortie était à 2 mètres au-dessous du plan d'eau moyen du château d'eau, variait de 5 p. 100 à peine, lorsque ce plan d'eau s'élevait ou s'abaissait de JO centimètres. H en
< Fkomix, tli;!i). xxxvi.
- Fkomin, cliai). cxii clc\m.
était de même lorsque les bords des calices commençaient à se montrer : un pelit abaissement ne diminuait pas considérablement le débit de la prise d'eau. La figure suivante fait voir combien il était nécessaire que les centres ou mieux encore les points bas des calices d'un château d'eau, fussent tous placés sur la
même ligne horizontale. Avec celte disposition, les premiers calices qui paraissaient au-dessus de l'eau, en temps de sécheresse extraordinaire, étaient ceux d'an grand diamètre. Ainsi le sepîénaire, qui avait 0'",0163 de rayon, était découvert de près de J de ce rayon lorsque le quinaire, dont le rayon 'é la il de 0'",0116, était encore complètement immergé.
Les débits des orifices d'un même château d'eau se réglaient donc d'eux-mêmes, suivant l'état d'abondance ou de pénurie de l'eau; dans ce dernier cas, les grands usagers étaient les premiers à souffrir; les diminutions relalives des débits des divers modules n'élaienl sans doute pas très-importantes, m;u*s, enfin, la quantité d'eau reçue par les petits concessionnaires était un peu moins variable; ils étaient mieux prolégés.
Le débit de la concession d'eau romaine se faisait en quelque sorte par estimation, à peu près comme nos abonnements à robinets libres. En plaçant convenablement (fl|)f(?) le château prive, le curateur des eaux savait que chaque usager recevrait un volume d'eau suffisant en toute saison. Mais ce volume n'était une constante ni pour les calices de même diamètre, ni pour chaque calice d'un château d'eau. Le service se réglait de lui-même, comme je viens de le dire : en temps de crue des sources, l'eau s'élevait à l'orifice de trop plein et se déversait dans le