‹ Les Eaux minérales D'AuvergneChapitre 21 sur 51 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

Les effets physiologiques des eaux de laBourboule étudiés avec soin et longuement décrits dans un premier mémoire du D' Choussy, ont été le sujet de Texpérimentation de quelques autres médecins, qui ont consigné dans leurs études de cette station les expériences faites sur eux-mêmes.

Prises en boisson, le matin, les eaux de la Bourboule laissent, après leur passage, une sensation de chaleur: elles altèrent et diminuent notablement Tappétit. Ces eaux que Ton pourrait comparer pour le goût et la température à du bouillon de veau nourrissent et donnent à Festomac une sensation de plénitude; Tintestin de son côté ralentit ses fonctions, il devient paresseux et les buveurs se plaignent d'une constipation constante. Malgré ces troubles des fonctions digestives les malades ne dépérissent pas et quelques-uns même prennent de l'embonpoint. Ils se sentent soutenus par les principes toniques des eaux et l'air vif de ces contrées élevées.

Aux symptômes de paresse des fonctions digestives que nous venons de noter, nous aurons à

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opposer du côté du système circulatoire une activité presque fébrile ; sous Tinfluence de Texcitation portée à la circulation capillaire, la peau devient sèche et brûlante, les couperoses acnéiques de la face s'empourprent ; le prurit des affections cutanées augmente; les tissus sous-jacents deviennent rouges et gonflés; les malades se déchirent avec leurs ongles.

Du côté des voies respiratoires nous trouvons également des symptômes d'excitation; c'est une sécheresse de la gorge qui donne lieu à une constriction pénible des muscles du larynx; c'est une diminution dans les sécrétions bronchiques qui occasionne une toux fatigante sans expectoration ; ce sont même des accidents fluxionnaires qui forcent quelquefois les malades à suspendre leur traitement, tels que des hémoptysies chez les tuberculeux, des épistaxis chez les anémiques, et des métrorrhagies chez les chlorotiques.

L'excitation du système nerveux se traduit par une diminution notable du sommeil, un besoin de marche et d'exercice, une augmentation de la contractilité des muscles de la vie organique et de la vie de relation, un réveil des douleurs rhumatismales.

En un mot, les eaux de la Bourboule possèdent, en commençant, une action excitante, qui réclame la plus grande surveillance, et qui est suivie, vers le milieu du traitement, de l'action altérante définitive que procure leur minéralisation.

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

Les eaux de la Bourboule présentent une minéralisation éminemment propre à combattre la scrofule dans toutes ses manifestations.

Le chlorure de sodium, cet excitant du système lymphatique, stimule les fonctions des muqueuses, modifie leurs sécrétions et s'unit aux carbonates alcalins pour devenir un fondant précieux des engorgements strumeux. G*est sans doute à Faction combinée du sel marin, qui intervient utilement toutes les fois que la nutrition et les actes plastiques languissent et deTarsenic, ce modérateur des pertes de l'économie, ce médicament d'épargne, que les eaux de la Bourboule doivent leur puissance. Toujours est-il, que, mieux que toutes autres, elles combattent la scrofule, en arrêtent les manifestations, en réparent les ravages.

L'action de ces eaux n'a échappé à aucun des praticiens qui sont venus leur confier leurs malades, et les médecins de cette station nous fournissent chaque année, par le nombre et la variété de leurs observations, des preuves nouvelles de leur toute-puissance.

Alors que, perdues dans les montagnes, ces sources étaient à peine connues, Michel Bertrand avait su déjà en apprécier toute la valeur : « quant aux affections strumeuses, disait-il, quels qu'en soient le siège, laforme et jusqu'à un certain point l'intensité, je ne crois pas, telle est du moins ma convie-

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lion, que nulles eaux jusqu'à présent connues puissent le disputer à celles de la Bourboule. »

Le D' Peironnel, inspecteur depuis plus de vingt ans de cette station, dans une série d'observations curieuses recueillies dans sa longue pratique, cite des adénites cervicales énormes suppurées, des altérations profondes des cartilages et des qs, des tumeurs blanches anciennes, des nécroses, des caries vertébrales qui ont été amendées et même guéries par Tapplication externe et l'usage interne prolongé des eaux de la Bourboule.

« La scrofule, dit Bouchut, est une diathèse qui donne aux liquides comme aux solides du corps, une vitalité si faible qu'il en résulte une aptitude particulière au développement des maladies cutanées, muqueuses, séreuses, ganglionnaires et osseuses toutes spéciales. » Aussi les formes si diverses sous lesquelles se traduit cette diathèse, les affections nombreuses qui, par un côté, s'y rattachent, constituent-elles à la Bourboule une immense clientèle plus variée par la forme que par le fond. Parmi ces malades, surpris de trouver aux mêmes eaux la cure d'affections qui leur paraissent si différentes, nous trouvons :

Des sujets atteints d'adénites cervicales suppurées ou non, qui viennent, en nombre, demander à ces eaux si actives un peu plus d'activité dans la résolution si lente de leurs engorgements. L'effet du traitement thermal se fait ordinairement attendre plus longtemps que dans certaines autres manifestations de la diathèse scrofuleuse. Rarement le mé-

decin de la station peut constater une modification appréciable dans ces masses ganglionnaires, surtout si elles ont été cimentées par le temps. Cependant il remarque déjà le ramollissement du tissu cellulaire entourant les ganglions engorgés et, s'il a occasion de revoir le malade quelques mois après, il constate que les ganglions eux-mêmes ont considérablement diminué. Le D' Peironnel qui, plus que tout autre, a eu occasion de revoir ses malades, nous dit avoir souvent constaté un changement notable dans Tétat de leurs tumeurs strumeuses qu'il retrouvait quelquefois réduites au quart de leur volume, et qu'il parvenait à effacer presque complètement par une seconde saison.

Les blépharites, les conjonctivites, les kératites scrofuleuses sont à la Bourboule comme à Saint- Nectaire soumises à Taction des douches pulvérisées ; ces applications topiques de Teau minérale modifient assez rapidement les lésions dont le traitement général combat l'origine. Ce sont également ces douches qui, dirigées dans le conduit auditif, en réparent les altérations et tarissent l'écoulement auquel sont soumis certains scrofuleux.

Les affections articulaires, telles que les tumeurs blanches et les engorgements, suites d'entorse ou de luxation, tout en demandant une surveillance attentive, sont souvent, les unes amendées, les autres dissipées par l'action combinée des bains et des douches de la Bourboule.

Les caries, les nécroses et les trajets iistuleux auxquels elles donnent lieu proclament hautement Teffet réparateur de ces eaux. La clinique du D' Peironnel peut à elle seule en fournir des preuves éclatantes. Elle renferme les observations les plus curieuses. Nous ne pouvons du reste résumer plus clairement Teffet du traitement tonique de la Bourboule dans les manifestations de la scrofule que ne le fait notre honoré confrère le D' Choussy dans les lignes suivantes : « Sous Tinfluence des bains, les ulcérations tendent à se cicatriser, les cicatrices vicieuses à se raffermir : les enfants rachitiques voient leurs os se consolider et ceux dont une parlie du corps a subi un arrêt de développement regagnent peu à peu ce qui leur manquait. Les ganglions tuméfiés entrent en résolution, les périostites et les ostéites chroniques tendent h disparaître; les séquestres se détachent, les raideurs et les déformations articulaires sont atténuées sinon guéries, etc., etc. » Ces effets remarquables contrôlés chaque année par les médecins de celte station

attestent assez les propriétés antiscrofuleuses et reconstituantes des eaux de la Bourboule.

Les affections des voies respiratoires naturellement tributaires de toutes les eaux arsenicales le seront d'autant plus légitimement de celles de la Bourboule, qu'elles pourront être attribuées à la diathèse scrofuleuse. La richesse arsenicale de cette station mise en relief par les travaux et les cliniques de M. Guéneau de Mussy a fixé Tat-

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tention du public médical et lui a attiré depuis quelques années une immense clientèle; cependant Tobservateur consciencieux qui laissera de côté les théories séduisantes de la chimie sera forcé de reconnaître que le traitement thermal de la Bourboule n*est vraiment efûcace que dans les phlegmasies chroniques des voies respiratoires qui ont été précédées de manifestations indiquant Tétat lymphatique ou scrofuleux du sujet.

Notre honoré confrère le D' Château nous fournit soit dans les Annales de la Société d* hydrologie^ soit dans son étude de la Bourboule, de nombreuses observations de bronchites chroniques à râles buUaires, de catarrhes pulmonaires, d'asthmes humides, de laryngites, dephthisies môme qui grâce à leur origine ont été amendés et quelquefois guéris par ces eaux.

La bronchite chronique à forme catarrhale, bronchite à râles bullaires, dont nous avons déjà parlé à propos des indications thérapeutiques du Mont-Dore, nous paraît une des affections les plus légitimement tributaires de la Bourboule, quand elle est une manifestation avérée d'un tempérament très lymphatique ou scrofuleux. Ces eaux excitantes, après avoir réveillé chez ces sujets mous Tacuïté de la sécrétion bronchique, la diminuent, la tarissent môme en modifiant la muqueuse malade et en combattant la diathèse qui lui a imprimé ce caractère. La Phthisie même, Phthisie torpide à évolution lente, comme dit Gubler, présentant ces formations caséeuses bien circonscrites que Ton

rencontre chez des sujets lymphatiques et scrofuleux, peut être parfois enrayée par le traitement de la Bourboule.

C'est au D"" AUard, notre maître, que revient l'honneur d'avoir, le premier, attiré l'attention sur la curabilité de certaines phthisies pulmonaires diathésiques par les eaux chlorurées arsenicales ; mais ce sont les leçons de M. Guéneau de Mussy à THôtel-Dieu qui ont fait entrer l'arsenic dans la thérapeutique de cette redoutable affection, et ont déterminé les expérimentations de MM. Moutard- Martin, Gubler, Gazalis et autres.

Le D' Escot, dans un de ses intéressants mémoires, a rappelé les relations intimes qui unissent la scrofule et la tuberculose. Ce point de doctrine éclairé aujourd'hui explique encore mieux que les expériences citées le succès des eaux de la Bourboule dans la phthisie.Le tubercule est souvent en effet la dernière production morbide de la scrofule, produit nouveau dû, d'après Bouchut, à la transformation des éléments fibro-plastiques qu'ont accumulés dans les tissus les phlegmasies scrofuleuses.

D'assez nombreuses observations recueillies dans le mémoire du D' Escot ainsi que dans les études du D' Château et des autres praticiens de cette station , constatent les bons effets du traitement sur l'état général, la suspension, et quelquefois même l'arrêt déflnilif des manifestations morbides antérieures. Mais nous sommes autorisé à avancer que c'est uniquement chez les sujets

dont révolution tuberculeuse peut se rattacher à la diathèse scrofuleuse, car chez les autres le traitement thermal de la Bourboule excitant et congestif ne serait pas sans danger.

A côté des manifestations variées de la diathèse Scrofuleuse, viennent naturellement se placer des altérations de la diathèse Herpétique qui se rapprochent tellement des premières qu'elles s'en distinguent par leurs localisations plutôt que par leurs origines qui, pour plusieurs auteurs, restent confondues. Nous trouvons ainsi dans les affections pulmonaires, tantôt un état catarrhal des voies respiratoires alternant avec des altérations herpétiques de la peau, diminuant ou augmentant suivant Facuïté plus ou moins grande de ces dernières, tantôt, au contraire, une certaine sécheresse de la muqueuse bronchique s'accompagnant d'une dyspnée très-pénible et ne se calmant qu'au retour de la sécrétion normale. Tel est l'asthme humide qui, d'après MM. Pidoux, Trousseau, Millard et autres, est le plus souvent lié à un vice herpétique. Ces affections doivent être considérées comme des localisations ou des manifestations différentes de la même diathèse, et se trouvent naturellement tributaires des eaux arsenicales de la Bourboule les plus propres à combattre rherpétisrae comme la scrofule.

Nous avons également les angines et les laryngites chroniques que M. Guéneau de Mussy a réunies sous le nom d'angines glanduleuses, et qui le plus souvent doivent à leur origine herpétique leur chronicité; elles trouveront dans les eaux chlorurées

arsenicales de la Bourboule un modificateur aussi puissant que dans les eaux sulfureuses des Pyrénées trop exclusivement employées jusqu'à ce jour. Cependant, nous le répétons, malgré leur minéralisation alcaline et leur richesse arsenicale, nous croyons que les eaux de la Bourboule s'adressent seulement aux affections pulmonaires de nature scrofuleuse ou herpétique pour le traitement desquelles elles sont admirablement appropriées, et que celles du Mont-Dore revendiquent ajuste titre la préférence dans tous les autres cas.

Si, dans Ténumération des manifestations si variées de la scrofule, nous avons omis les affections cutanées, qui ont avec elle des liens de parenté plus ou moins directs, c'est que nous avons voulu laisser aux herpétides exfoliatrices du D' Bazin la place qui leur revient dans ce triste cortège qui se rend chaque année à la Bourboule. Dans la classe des herpétides vulgaires, nous avons, en effet, TEczéma symétrique, le Pityriasis et le Psoriasis qui y sont traités avec le plus grand succès. Le D"" Vérité, élève distingué du D' Bazin, a fait à la Société d'hydrologie plusieurs communications sur ce sujet, et nous a soumis des échantillons remarquables de desquamation obtenus par le traitement du Psoriasis super-unguéal. Toutes les affections cutanées de nature herpétique- se trouvent plus ou moins amendées par l'usage interne et externe de ces eaux qui modifient à la fois la lésion et sa cause.

L'Eczéma cependant demande une grande sur-

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veillance, le traitement thermal le ramène souvent à une période de subacuïté qui force le malade à suspendre Tusage des bains, et le fait recourir à Tœil exercé du médecin, qui peut seul le diriger dans un traitement aussi actif.

Mais à côté de TEczéma, du Pityriasis, se présente ici une autre affection cutanée bien autrement réfractaire à tout traitement : c'est le Psoriasis, qui trouve également dans ces eaux un modérateur de cette exfoliation incessante. L'arsenic est certainement Fagent actif du traitement thermal des affections herpétiques. Employé la première fois par Dioscoride, plus tard, par Galien, puis par les Arabes, il a été repris au commencement du siècle par Fowler el Pearson en Angleterre, par Biett et ses élèves en France. Les recherches physiologiques modernes on,t justifié Tusage empirique de cet agent puissant. C'est, en effet, un médicament d'épargne qui diminue les phénomènes d'oxydation, et s'oppose ainsi à la dénutrition des tissus. C'est à sa présence plutôt qu'à celle du chlorure de sodium, ce sel si précieux pour combattre les manifestations de la diathèse scrofuleuse, que les eaux de la Bourboule doivent leur efficacité dans le traitement des herpétides communes. Mais les liens de parenté qui rapprochent ces affections des scrofulides nous font croire que le sel marin n'est pas plus étranger que le bicarbonate de soude aux effets de la cure.

Prises eu boissons à d'assez hautes doses et aidées par Faction prolongée des bains, ou l'effet excitant

LA UOURBOULE. »9

des douches, les eaux chloro-arsenicales de la Bourboule donnent dans le traitement du psoriasis les meilleurs résultats. Les nombreuses observations, recueillies par M. Vérité dans la clientèle duD'Bazin, nous montrent le traitement général de cette station procurant quelquefois dans les cas les plus invétérés des améliorations inespérées. Les baina débarrassent les malades des squames qui recouvrent leurs articulations, en arrêtent la reproduction, et arrivent même à effacer lentement les taches foncées qu'elles avaient laissées à leur suite. Les D" Peironnel, Château, Pradier et les autres médecins de cette station sont unanimes pour constater Tefficacité d'un traitement à Tappui duquel ils citent de nombreuses observations. Les récidives ne sont malheureusement pas rares, et il est peu de malades qui ne reviennent deux ou trois années de suite, tantôt pour s'assurer une guérison que tout leur fait espérer, tantôt pour efiacer de nouveau les squames que le printemps a régénérées. Enfin les eaux de la Bourboule améliorent toujours et même guérissent quelquefois les affections cutanées les plus rebelles. Le traitement. des herpétides exfoliatrices a rencontré dans cette minéralisation un agent plus puissant pour les combattre que toutes les autres substances essayées jusqu'à ce jour. L'amélioration du psoriasis herpétique suffirait à elle seule pour assurer à ces eaux une immense renommée.

11 est curieux de voir réunies en Auver^cv^^ ^

iOO L\ BOURBOULE.

quelques kilomètres Tune de Tautre, les deux stations qui occupent le premier rang dans le traitement des affections de la peau :

La Bourboule indiquée dans toutes les manifestations cutanées de la diathèse herpétique, et

Royat, dans toutes celles qui dépendent de la diathèse arthritique.

La température des eaux de la Bourboule les rend favorables au traitement du Rhumatisme.

Quoique les espérances qu'avait données à M. Guéneau de Mussy leur richesse arsenicale pour le traitement du rhumatisme noueux ne se soient guère réalisées, elles sont cependant fort employées dans la raideur que laisse dans les articulations le passage du rhumatisme, et dans les névralgies et douleurs qui ont la même origine. L'installation nouvelle de douches puissantes favorise un traitement que la thermalité si élevée de ces sources, rendait déjà très-efficace.

Nous avons à mentionner encore Feffet remarquable de ces eaux dans les affections du jeune âge, le Lymphatisme et TAnémie, combattus par cette minéralisation essentiellement reconstituante. Nous aurions à en discuter l'emploi dans certaines affections générales comme le Diabète , dont le traitement a fait. Tan ^assé, le sujet d'une intéressante communication du D' Danjoy. Mais ces divers états morbides, tributaires de toutes les eaux qui par leur minéralisation ou leur applica-

LA BOURBOULE. iOI

tion interne imprtrae»t àTéconomie la tonicité qui lui manque, doivent s'effacer, croyons-nous, devant les effets si remarqùatifeg-des sources chlorurées arsenicales de la BourbcMllè fl^ns les manifestations les plus avancées de la dîafhè^e scrofuleuse.

CONTRE-INDICATIOKS: \-

La pléthore en général, la tendance aijK congéslions, aux hémorrhagies, les altérations jsvganiques du cœur et des gros vaisseaux sont lê§»*ci9ntreindications classiques de ces eaux stimulâj>l«^ et congestives et de ces bains chauds et excitantéy;': ^

Mais il en est une autre qui m'a été signalée pay* plusieurs des médecins les plus justement appréciés de cette station et entre autres par le D' Vérité. C'est la tendance au3C congestions, aux inflammations et aux engorgements hépatiques. Tous les malades, qui, dans ces cas, sont tributaires de Vichy devront bien se garder, pour changer, de venir prendre les eaux à la Bourboule.

roîât

A 9 heures de Paris, lign-e du Hourbonnais, station deCIermont.

'* TOPOGRAPHIE

A 2'«kilomètres seulement de Clermont, à 450 mèùte au-dessus du niveau de la mer, au fond .êLilnê vallée que Ton^a nommée laTempé française, ^Établissement Thermal de Royat élève ses élégants arceaux.

Les Thermes sont situés à l'entrée de la' gorge de Royat, dans un lieu nommé le Vallon de Saint- Mart, limité au sud par la coulée de lave qui forme les rochers célèbres de ce nom, et, au nord, par la montagne de Ghateix que surmontait jadis le château de Waïfre, duc d'Aquitaine, qui eut l'honneur d'y être assiégé et brûlé par Pépin le Bref et Gharlemagne.

« Un quart d'heure de marche, par un délicieux chemin, mène de Saint-Mart à Royat, dit Eugène Guinot, dans une de ses plus spirituelles revues ; resserré entre deux montagnes couvertes d'une puissante végétation, le village est groupé à l'entrée d'une gorge profonde, creusée par un courant de lave. Ses blanches maisons, ses moulins, ses

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chaumières échelonnées sur une pente douce, apparaissent au milieu des arbres comme un nid de verdure. Au sommet se dresse 1 église, d'un aspect imposant, munie de tours et de créneaux, semblable à une forteresse. Au bas du village se trouve la célèbre grotte de Royat avec ses sources qui, jaillissant en cascades,vont se répandre dans la Tirelaine.

« Les admirateurs des beautés de l'Allemagne et de la Suisse ne trouveront dans leurs albums rien de plus pittoresque ni de plus suave que le tableau formé par ces rochers, ces bois, ces cascades, ce village qui grimpe et qui sourit à travers les arbres touffus, cette église formidable et cette grotte merveilleuse qui semble le frais et mystérieux asile d'une divinité mythologique , Fagreste boudoir d'une Nuïade. »

Dominant la magnifique plaine de la Limagne et placés au pied des monts Dôme qui les abritent, les hôtels de Royat jouissent des avantages de la montagne sans, en avoir les inconvénients. Ainsi, pas de variations brusques comme au Mont-Dore, mais, au contraire, une assez grande régularité atmosphérique. La chaleur n'est jamais excessive, elle est atténuée par un courant continu d'air frais et vivifiant, qui porte dans la plaine les parfums des montagnes. L'égalité et la douceur de la température permettent aux baigneurs de suivre leur traitement jusqu'à la fin de septembre. Séduits par cet air pur, par les doux ombrages dé cette petite

vallée, par le calme qui y entoure la vie, nous voyons bien des malades prolonger ici leur séjour et ne se séparer de ces lieux charmants qu'avec Tespérance d'y revenir.

ÉTABLISSEMENT

L'établissement thermal de Royat, construit en 1854 sur les plans de M. Agis Ledru, profile sur le parc sa façade de 80 mètres de longueur. L'eur trée de ce bâtiment formée par trois grandes ouvertures en plein cintre que supportent des colonnes ioniennes en lave de Volvic, lui donne un caractère monumental. Quatre statues placées sur leurs chapiteaux complètent cette décoration légère et gracieuse.

Un large vestibule, éclairé par des ouvertures qui élèvent au-dessus des portes leurs cintres élancés donne accès aux diverses sections du service balnéaire.

A droite et à gauche s'étendent deux galeries claires, élevées, sur lesquelles s'ouvrent 48 cabinets de bains prenant jour sur la façade à l'aide d'ouvertures qui suivent les arêtes de leur voûte; à leur extrémité se trouve le service des douches pulvérisées et celui des bains et douches d'acide carbonique.

La grande salle d'entrée, où se trouve l'administration, élevée d'une marche au-dessus du sol des galeries, en rend facile la surveillance. C'est là qu'aboutissent les différents services de l'établissement.

Des deux côtés du bureau se trouvent les salles •d'aspiration, et tandis qu'à gauche un escalier conduit les malades à Thydrothérapie, un pareil à •droite les conduit aux services des grandes douches et des piscines.

Le service balnéaire de Royat est des plus complets : si de grandes douches chaudes ne se trouvent pas dans les cabinets de bains comme au Mont- Dore, à Saint-Nectaire ou àlaBourbôule, c'est qu'à Royat nous avons rarement Voccasion de faire appel aux hautes températures; des douches locales alimentées par le griffon de la grande source fournissent un courant suffisant pour ûos malades. L'acide carbonique entraîné par cette eau lui donne une activité qui remplace avantageusement l'excitation du calorique.

Un service spécial de grandes douches chaudes «st du reste installé dans une galerie inférieure. Une pression plus forte, une température plus élevée répondent là aux indications que fournissent certaines affections et certains sujets.

Les salles d'aspiration de Royat s'efforcent comme les bains d'éviter la congestion produite par les températures élevées. L'observation nous a souvent démontré que les salles d'inhalation lés moins chaudes étaient les plus efficaces ; aussi, grâce à des cheminées d'appel qui portent à la voûte la vapeur sortant du générateur et à un courant d'air établi autour de ce tube et lui servant

de mancljon réfrigérant, nous arrivons à maintenir dans nos salles une température n'excédant pas 26 à 27^

Après chaque séance d'inhalation le service est transporté dans une autre salle. La première est ouverte, ventilée, assainie, et c'est une heure après, quand à Taide d'arrosage elle se trouve parfaitement rafraîchie, qu'elle reçoit de nouveaux malades. — Aussi ne voyons-nous jamais aucun accident congestif ou hémorrhagique survenir, même chez les sujets qui y sont le plus prédisposés.

La piscine de Royat mérite également d'être mentionnée; Elle présente une magniûque nappe d'eau qui, à l'aide d'une inclinaison régulière du sol, permet à la jeunesse de tout âge d'y venir s'ébattre, jouer, nager à loisir. La température de cette grande piscine, par suite d'une alimentation moins vive que celle des baignoires, ne dépasse pas 31 à 32**, mais l'exercica rend ce bain fort agréable, et ne fait jamais désirer au nageur une eau plus chaude.

Une nouvelle galerie de bains a été ouverte, l'an passé, le long du bâtiment qui abrite la piscine. Établis avec plus de luxe que les anciens, ces nouveaux cabinets sont tous précédés d'un vestiaire et leurs baignoires en fonte émaillée reçoivent l'eau minérale par le fond. Ce mode d'alimentation et la puissance que donne aux douches locales une plus forte pression les font rechercher dans plusieurs cas.

L'hydrothérapie est l'adjuvant le plus naturel

des eaux de Royal dans le traitement des affections chloro-anémîques, aussi un grand nombre de malades ont-ils, chaque saison, recours aux douches froides. Leur installation provisoire établie, il y a vingt ans, par M. AUard, est toujours la même ; si elle est encore suffisante au point de vue pratique, elle se trouve maintenant si peu en harmonie avec les autres services de Royat, qu'on va la remplacer, cette année, par un autre établissement où les appareils hydrothérapiques les plus nouveaux seront installés avec tout le confort moderne. En répondant ainsi aux vœux du public, l'administration justifiera enfin ses préférences,

Les eaux de Royat appartiennent à la classe des -eaux chloro-alcalines mixtes que la présence du chlorure de sodium et d'autres sels différencie des eaux alcalines franches comme celles de Vais et de Vichy.

La soude, • la potasse, la chaux, la Uthine, sont ici les représentants de la médication alcaline. Le chlorure de sodium, les carbonates de chaux et de fer, viennent ensuite modérer par leur tonicité Faction dépressive des premiers. Enfin l'acide carbonique joint ses effets stimulants aux effets toniques de cette minéralisation et donne aux bains <ie Royat cette vie qui les rend si actifs.

Voici, du reste, les analyses des quatre sources de Royat faites, les unes par Jules Lefort en 1857, et les autres par M. Truchot en 1876.

Analyse des quatre sources.

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