AVIS
Désireux de tenir le lecteur au courant des amdliorations qu'attendent plusieurs do nos stations d'Auvergne , nous prions leurs propriétaires, ou concessionnaires, de vouloir bien nous faire part, chaque année, des changements que subiraient leurs établissements. Toute création, analyse ou décourerte importante sera signalée dans notre prochaine édition où nous relèverons les erreurs qui auraient pu se glisser dans celle-ci.
Les lettres ou comniunirations doivent être adressées au D** Boucomont, Tcto à Royat) et le reste do Tannée ruo des Feuillantines, 82^ à Paris.
Les baigneurs qu'altire, chaque année, la réputation bien légitime de nos deux premières stations d'Auvergne ont eu, jusqu'à présent, à lutter contre les obstacles dont sont hérissés leurs abords.Ge n'est qu'après un long trajet en diligence que le malade fatigué, cahoté, atteignait ces sources précieuses du Mont-Dore et de la Bourboule que la nature a eu soin de protéger d'une double enceinte de hautes montagnes. Ces stations n'auront plus enfin à envier à leurs voisines leur accès facile.
M. Talon, député du Puy-de-Dôme, a déposé à la Chambre un amendement pour obtenir que le chemin de fer de Glermont à Tulle eût, à Laqueuille, un embranchement destiné à desservir les stations thermales du Mont-Dore et de la Bourboule et sa proposition a été favorablement accueillie par le ministre et par la commission.
Tout fait donc espérer que, dans quelques années, la locomotive fera son apparition dans ces hautes régions, au grand avantage des malades qui pourront les atteindre sans transbordement et presque sans fatigue.
Les travaux auxquels s'est soumis M. Ghabaud, concessionnaire des Eaux du Mont-Dore, sont si importants, qu'on a été forcé de les répartir sur une période de plusieurs années. Chaque saison, le baigneur aura à enregistrer des amélioraiions dans l'aménagement balnéaire et des créations nouvelles plus ou moins importantes.
Cette année, par exemple, seront livrés au public les derniers cabinets de bains disposés de chaque côté du pavillon, et seront installés des bains de pieds nouveaux.
Mais rhiver est rude dans ces montagne-, et, malgré le désir qu'on en aurait, on ne peut, pendant leur absence, préparer des surprises aux baigneurs; ils sont appelés à assister eux-mêmes aux créations nouvelles et à suivre de l'œil la marche lente de l'édifice. Ils verront, cette saison, s'élever les murailles du nouveau Casino. Les plans de cet édifice répondent à l'importance de l'Établissement et au nombre croissant des baigneurs» Ainsi nous Verrons le Mon t-Dore, dans quelques années, joindre au pittoresque de ses sites sauvages le confortable et le luxe des stations thermales les plus à la mode.
L* année a été heureuse pour la Bourboule ^-eWe a vu se terminer enfin cette lulte acharnée qui; depuis trop longtemps, entretenait la haine et Tenvie entre les divers propriétaires, nuisait au développement et à la prospérité de cette station et compromettait l'avenir et l'existence même de ses sources précieuses.
Dans la séance du 20 janvier j879, les D'» Vérité et Château sont venus annoncer à la Société d'Hydrologie que la compagnie anonyme des eaux de la Bourboule, ayant désintéressé M. Choussy, restait maintenant seule propriétaire de toutes les sources. Les deux puits rivaux pourront donc dorénavant laisser marier leurs eaux par la faille qui les unit, car la Société possède deux magnifiques établissements pour les utiliser sous toutes les formes et les distribuer largement à ses baigneurs.
Nous allons voir enfin cette station jouir en paix de ses richesses ! Assez longtemps les pompes ennemies de la Bourboule ont troublé le repos des baigneurs et la limpidité de leurs bains. Nous pouvons aujourd'hui rassurer nos confrères qui commençaient à s'inquiéter de la minéralisation de ces
eaux, elles sont sorties pures de cette lulte qui n'a eu pour effet définitif que de décupler iQur abondance.
Le D' Garrigou a communiqué, cette année, à la Société d Hydrologie, une nouvelle analyse des eaux de la Bourboule qui ne leur accorde plus que 5 milligrammes d'arsenic (4"^*,90\ Ce chiffre s'écarte tellement de ceux trouvés par les autres chimistes et par lui-même dans une première analyse, qu'il a cru devoir venir le défendre devant la Société. Ce résultat, il en est convaincu, n'est pas l'effet d'une erreur, c'est la conséquence de la profondeur de ces puits où la pompe allait chercher l'eau minérale.
11 admet comme nous (pag. 83 et 84) que l'eau de la Bourboule sort de sa faille de granit avec une minéralisation incomplète. Elle possède bien déjà ses chlorures, mais ce n'est que dans les courbes plus superficielles du tuff ponceux qu'elle rencontre l'arsenic qui constitue sa principale richesse. Du reste, une progression relative des autres principes salins accompagne toujours celle de l'arsenic, et démontre clairement que le séjour de l'eau dans ce long tube, qui lui sert de réservoir, est nécessaire pour compléter sa minéralisation. C'est ainsi, d'après M. Garrigou, que Teau expérimentée ayant été puisée au fort de la lutte, alors que le puits Perrière s'efforçait de maintenir son niveau au-dessous de la faille qui le faisait communiquer avec le puits Choussy, a donné à l'analyse un si faible dividende
"""'^nical.
Mais maintenant que la paix est signée, les greniers d'abondance vont se remplir et cette eau va reprendre sa composition normale. Or, d'après Tanalyse du puits Ghoussy, faite par 1 École des Mines en 1876. d'après celles du puits Perrière faites par MM. Bonis et Lefort en 1878, revue, la même année par M. Riche, les eaux de la Bourboule renferment 7 milligrammes d'arsenic par litre, soit 28 milligrammes d'arséniate de soude officinal, comme on peut le voir dans notre tableau analytique
La Société des eaux de la Bourboule étant propriétaire aujourd'hui de toutes les sources, nous avons lieu d'espérer, comme Ta dit M. Vérité, que rien ne s'opposera plus à leur déclaration d'utilité publique. Un périmètre de protection serait ainsi établi près de ces sources qui, par leur minéralisation, constituent aujourd'hui une véritable richesse nationale.
L'administration peut donc terminer les nouvelles galeries de son magnifique établissement, elle peut convier ses artistes, ouvrir ses salles de jeux et de fêtes, elle va voir affluer les baigneurs qu'ont arrêtés, Tan passé, les préoccupations de la lutte. L'abondance des sources, leur remarquable installation balnéaire, vont enfin permettre aux médecins et aux malades d'apprécier la riche minéralisation de ces eaux, et nous ne doutons pas qu'avec les éléments de prospérité que possède aujourd'hui celte station, elle ne soit, d'ici quelques années, une des plus importantes de la France.
M. J. Leforl, dans ses analyses des Eaux de Royat, ne s*est pas occupé du dosage de Tarsenic, dont il s'est contenté de signaler la présence. Nous avions vécu, jusqu^à présent, sur les effets remarquables que nous donnaient les principes alcalins de nos eaux, et les effets essentiellement toniques de nos bains à eau vive.
Nos liens de parenté avec les stations voisines, le Mont-Dore et la Bourboule, qui tirent de Farsenic leurs plus beaux ai^ments, nous donnaient bien, cependant, quelques droits de rechercher comme elles nos titres de noblesse et de les faire valoir.
Nous y étions d'autant plus portés que nos succès dans les affections des voies respiratoires devenaient de plus en plus difûciles à expliquer, avec les faibles traces d'arsenic que nous concédaient les précédentes analyses. C'est avec elles, cependant, que nous avons tracé, au mois de juin passé, l'article con»flcré à Royat et que nous avons cherché, fmtie A'ttntWhire, h expliquer physiologiquemcnt h«^ 9inr,r,H f.onstftwts de nos salles d'aspiration.
l>e^ tèchf't'chè^ ft(;nv*îlle» ont été faites cette
année^ et les hautes doses d'arsenic qu'elles ont conslatées dans nos eaux nous ont enfin donné Tinterprétation théorique des faits que nous révélait, depuis vingt ans, la pratique journalière.
La première de ces analyses est due à M. Willm, chimiste distingué, attaché au laboratoire de la Faculté de médecine.
G*esl à Royat même, près des sources, qu'il a commencé la série d'expériences qu'il a complétée à Paris dans le laboratoire de M. Wurtz. Voici les résultats qu'il a communiqués à la Société chimique de Paris et fait insérer dans son bulletin du 5 janvier 1879.
TABLEAU
ANALYSES DE M. WILLM
Éléments minéralisateurs des eanx de Royat
(groupement hypothétique).
ANALYSE DE M. WILLM
Température ,
Acide carboulque libre.
BUGBNIB
OU tource
SOURCB
SODKCB
de la commune
St Mare
St Victor
gr.
gr- 1.5521
gr.
800 RCB
Cé»ar
gr- 1.8188
Silice
Alumine
Carbonate calcique. . . .
— magnésique.
— ferreux
Arséulate de fer
O.iOoO
Carbonate sodique. . .
— potassique.
— tithique...
Sulfate sodique
Chlorure de sodium. .
Total,