IMP. DES EAUX MINÉK. DANS LA VIE CIVIL. ACT
D' Pidoux^ appelle des médicaments animés et vivants, parce qu'ils jaillissent du sein ^e la liature, pour ainsi dire, tout préparés à l'assimilation. »
Ce n'est pas ici le/HiBu d'exposer la théorie de M. le D' Bazin sur tes n^aladies constitutionnelles. Qu'il nous suffise dedïrejjue, pour le savant médecin de l'hôpital Saint-^rbuis, le rhumatisme et la goutte sont deux formée ^'d'\ine même maladie, l'arthritis, aux atteintes dé laquelle n'échappe aucun des organes, aucune des fonctions de l'économie humaine. Produit immédiate jd^uie civilisation raffinée, l'arthritis n'est pas seuleipjént causé par l'état météorologique de nos climats yafiés, mais aussi par. les tempêtes morales qui seopuenjt si durement les organisations nerveuses et déiilçs de notre temps. Transmise avec la vie elle-même, cette maladie marque de son cachet les enfa«t?s à leur naissance, et la société tout entière porte pLeis: ou moins son empreinte. Née d'une habitude de vie défectueuse, la maladie ne trouve de modificateur sérieux que dans l'hygiène. Dans son travail sur la thérapeutique hydrominérale des maladies constitutionnelles, le D' Allard a essayé de montrer que l'arthritique devait attendre surtout des eaux alcalines un effet bienfaisant sur la santé. Avant même que la théorie fût formulée, les malades avaient deviné instinctivement cette indication formelle. De là la fortune de Yichy et des eaux analogues.
Est-ce à dire que nous n'attribuions le bienfait des cures thermales qu'aux eaux elles-raôcftA^*l
iO IMPORTANCE DES EAUX MIiNÉRALËS
.Nous sommes loin de tomber dans une exagération sembl£^)le. S'il faut à Thabitant des grandes villes l'assimilation de principes minéralisateurs nouveaux, il lui faut aussi .tm air nouveau, comme une vie morale nouvelle. Soi ,'économie organique s'épure et se modiûe dgçantJe séjour, souvent trop court, qu'il fait aux slulions thermales. Il y revient chaque année, ram.éfeé.^ar le souvenir d'un bienfait qui n'a pas djûré*;- hélas! parce que les mêmes causes ont ram/enfî^ Ijes mêmes effets. Pour demeurer guéri, il faudr^^lC^ue le malade sortît de son monde et de sa vie -toj^t entière. La chose est impossible, et la vie'n'.est qu'une lutte contre la maladie, toujours .hu nj^me, qui exige l'emploi des mêmes moyôiK^Gonstamment répétés.
^ *'!6e6 considérations suffisent pour montrer l'im- , -.portance des eaux minérales dans la vie civilisée < .'*. a'ctuelle. Les mêmes conditions^ sous la civilisation romaine, provoquèrent l'emploi des mêmes moyens . On allait aux eaux comme on y va de nos jours. Riches et pauvres, soldats et magistrats, la population entière recherchait ces sources précieuses que la Providence a préparées pour la guérison des maux de l'humanité. Les barbares, vainqueurs de Rome, détruisirent les thermes comme tant d'autres choses; et l'Église, après les avoir vaincus euxmêmes, se souvenant des dangers moraux des bains romains, ne fit rien pour en relever les ruines. Bien différente, d'ailleurs, était la santé de ces hommes nouveaux, que les raffinements d'un luxe exagéré
DANS LA VIE CIVILISÉE ACTUELLE. il
n'avaient pas amollis. Leurs besoins n'étaient pa^ ceux des vaincus.
Est-ce calomnier notre société actuelle que de dire qu'elle ressemble à la société romaine? Et d'ailleurs, épurée par le christianisme^ elle n'a pas à redouter les dangers et les abus des Thermes antiques. Tant au point de vue de la morale qu'au point de vue de l'hygiène, la vie des eaux est chose excellente en elle-même, et nous n'avons qu'à désirer de voir ces villégiatures hygiéniques entrer de plus en plus dans les habitudes de la société moderne. Estce à dire que cette existence n'ait pas aussi, de nos Jours, ses abus et ses dangers ? Pour être différents de ceux des thermes antiques, ils n'en sontpas moins graves ^rfois. Assurément^ C6lui<^à ne va pas chercher la santé, quineqmltela vie agitée et fiévreuse de grandes villes que pour aller épuiser ses forces nerveuses autour d'un tapis vert. Mieux vaut, certainement, l'ascension des pics, avec ses émotions et ses périls. Rien de tout cela ne convient au malade ou à l'homme du monde qui va chercher sérieusement, loin de son pays, un bien-être qui lui échappe. Son temps est limité; il ne lui faut pas un long voyage, toujours peu hygiénique en chemin de fer; les émotions et les grandes fatigues présentent pour lui les mêmes dangers; il ne lui faut ni jeux passionnés, ni soirées avancées dans la nuit. Il fuit le monde ; il ne doit pas le retrouver avec ses exigences et sa vie de convention. Un air viviGant, des réunions calmes, de jolies promenades lui soat a€-