EAUX - BONNES
Classement chimique. ...... Sulfurées sodiques. — physique ....... Thermales.
— géographique... Basses-Pyrénées.
Analyse chimique.
lit. Chlorure de sodium..... 0.3423 Acide sulfhydrique ..... 0.0055 — de potassium., traces. — carbonique....... 0.006% — de magnésium. 6.00%4% — Acide silic.-et oxyd. de fer, 0,0160 gr. Matière organique sulf.. 0.1065
Carbonate de chaux.... 0.0048 Sulfate de chaux. ...... 0.1180 0.6045
— de magnésie .... °0.0125 (0. HENRY)
Avant Bordeu, l’eau de Bonnes était presque exciusivement employée contre les plaies par armes à feu et, pour cette raison, s'appelait eau d’arquebusade ; aujourd’hui son: action paraît concentrée dans les affections des voies respiratoires.
Les conditions météorologiques paraissent ne pas être étrangères à cette action, et tous les médecins qui ont étudié les " effets thérapeutiques de cette station thermale, attachent à ces conditions une haute importance.
En effet, située à une hauteur de 750 mètres au-dessus du niveau de la mer, la station des Eaux-Bonnes est enfermée dans une gorge dominée de toutes parts et resserrée par des montagnes élevées, sur lesquelles, cependant, la végétation est en-
1 De Pau auxEaux-Bonnes, trajet direct.
core puissante et très-active. Cette gorge n’est ouverte qu’à - l’ouest où, après trois kilomètres de parcours en pente rapide, . elle va se perdre à angle droit dans la vallée d'Ossau. Il résulte de ces conditions topographiques qu'aux Eaux-Bonnes l'atmosphère est ordinairement calme et que les vents s’y font peu sentir, que l’air y est pur et constamment entretenu dans un état d’hygrométrie suffisant par suite de l’activité de la végétation; toutes conditions d'importance majeure pour les malades atteints des diverses affections des voies respiratoires.
A côté de ces circonstances heureuses de la météorologie, les Eaux-Bonnes possèdent une action thérapeutique incontestable, sur laquelle nous avons tenu d’avoir l’opinion du savant bibliothécaire de l'académie de médecine, M. René Briau, qui, depuis plusieurs années, se rend, pendant chaque saison, à cette station thermale. Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici la note qu'il nous a remise. |
L'eau sulfureuse dé Bonnes, dit-il, est hypersthénisante et produit une stimulation générale sur toutes les fonctions dont -ellé active et relève la vitalité d’une manière notable et trèssensible dans l'immense majorité des cas. Mais, ce qui la distingue parmi les autres eaux sulfureuses, c’est. l’action élective particulière qu’elle exerce sur les voies respiratoires. Cette action se fait sentir principalement de deux manières : 4° en dissolvant et en faisant disparaître les engorgements, indurations et engouements qui se produisent, soit spontanément, soit à la suite de maladies antérieures des bronches, du tissu pulmonaire ou des plèvres; 2° en agissant comme médication substitutive - sur les inflammations apyrétiques (sans fièvre) .subaigues ou - chroniques des mêmes organes, ainsi que sur celles du larynx et du pharynx, et en produisant dans ces parties une irritation - spéciale, facilement appréciable dans un grand nombre de cas, - laquelle change le mode morbide et fait en définitive disparaître “les affections chroniquement établies dans un ou plusieurs points de l'appareil respiratoire.
Dans la phthisie entée sur une constitution lymphatique, lorsque la vitalité locale et générale à subi une forte dépression ou
au moins des modifications considérables, l’eau de Bonnes agit puissamment sur l’état diathésique, l’ébranle dans sa marche progressive et parvient souvent à arrêter par cette action générale le développement des productions tuberculenses, comme aussi il arrête parfois leurs diverses évolutions par son action spéciale.
Il résulte de cette courte analyse de leurs effets, que les eaux de Bonnes sont contre-indiquées dans les affections fébriles, dans celles où l’inflammation est active et en voic de désorganisation rapide, dans la phthisie greffée sur un tempérament sanguin et dans celle où les tubercules ont envahi une grande portion des deux poumons, et toutes les fois que la vitalité des organes respiratoires est surexcitée.
C’est une erreur de croire que ces eaux provoquent l’hémophthisie. Cet accident ne survient presque jamais pour la première fois à Bonnes ; si on l’y observe fréquemment c’est qu'un grand nombre des malades qu’on y envoie étaient déjà sujets aux crachements de sang. Toutes fois, à cause de leur caractère franchement excitant, ces caux doivent être prises avec mesure et leur action doit être attentivement surveillée.
Les Eaux-Bonnes s’emploient surtout en boisson, et on a bien rarement recours aux bains et aux douches.
L'établissement possède trois sources, dont la plus célèbre et la plus importante est la source vieille.