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ACTION THÉRAPEUTIQUE DE L'EAU DE SIERCK DUE A SA COMPOSITION CHIMIQUE

L'eau constitue, bien entendu, le grand excipient des éléments actifs. En général, l’eau ordinaire, prise comme boisson au repas sert à hydrater les aliments dans l’estomac, rend le travail de digestion plus facile et favorise l’absorption. C’est une substance absolument indispensable à l’organisme pour maintenir l'équilibre de la pression osmotique des cellules ; aussi constitue-t-elle la majeure partie du corps.

Dans une eau minérale l’eau constitue le solvant, le porteur des éléments actifs, elle contient les sels en dissolution lorsqu'elle arrive à l'estomac. Absorbée, elle abaïsse la viscosité sanguine, augmente les échanges nutritifs, en faisant sécréter les reins et en débarassant ainsi l’organisme de ses déchets. L’eau facilite la défécation en imbibant les matières fécales et en provoquant des mouvements péristaltiques, surtout quand elle est absorbé le matin à jeûün.

Parmi les ions contenus dans l’eau de Sierck il faut citer en premier lieu l'ion Cl et l’ion Na du CAlorure de sodium, puisqu'ils prédominent par leur quantité.

Aussi faut-il les considérer, dans l’action de notre eau minérale, quant à sa composition chimique, comme

facteur essentiel, mais non unique, comme nous allons le démontrer.

Le chlorure de sodium en solution concentrée mis en présence des tissus leur retire de l’eau par osmose. Il pénètre en même temps dans les cellules, qui, par ce fait, perdent de l’eau et s’enrichissent en sel. De ces échanges il résulte une excitation biologique qui retentit sur les échanges cellulaires. En solution, c’est un des agents irritants locaux que l'on applique pratiquement sur la peau et les muqueuses.

Sur la muqueuse de l’estomac les solutions salines produisent une stimulation excito-sécrétoire. Des quantités modérées sont utiles dans les états morbides de cet organe, où il existe une diminution de la fonction. . C’est une de ces substances qui sont résorbées par la muqueuse gastrique, et cela d'autant plus facilement et plus abondamment qu’il est en solution plus concentrée. Donc il traverse les couches épithéliales et pénètre par des processus ôsmotiques dans la profondeur, agit sur les couches profondes de la muqueuse et y modifie favorablement l'état nutritif des cellules. En outre il est connu que le chlorure de sodium favorise la digestion dans l'estomac, comme le font l'alcool, la moutarde, le poivre et d’autres substances irritantes. A ce sujet, les expériences faites sur des chiens, auxquels on avait fait des fistules stomacales sont tout à fait probantes.

Monsieur le Prof. A. Richaud classe le chlorure de sodium parmi les digestifs salins, et il écrit dans son traité de pharmacologie (p. 258) :

«La conception de ramener toute l’histoire des digestifs salins à celle des alcalins ne nous paraît pas absolu-

ment légitime, car il est au moins un sel neutre, le chlorure de sodium, dont l'importance et le rôle dans l’accomplissement des actes digestifs ne sauraient être méconnues. Nous ferons donc rentrer ce corps banal dans le groupe des digestifs salins ». Plus loin il dit: «Ces médicaments (digestifs salins) sont des eupeptiques, parce qu'ils modifient quantitativement et qualitativement les sécrétions digestives et surtout le suc gastrique ».

L'augmentation du suc gastrique sous l'influence du chlorure de sodium a été constaté expérimentalement par Bardleben et Rabuteau!1). Bardleben introduisit le sel directement par une fistule gastrique. Il a remarqué que le sel marin, tout seul ou mêlé à des substances inertes, donnait simplement lieu à la sécrétion d’un mucus alcalin, quelquefois à des contractions violentes de l’estomac et à des vomissements, tandis que, mélangé à des aliments, le chlorure de sodium provoquait un flux très abondant de suc gastrique acide.

M. Rabuteau n’a pas considéré la démonstration comme suffisante et s’est demandé si le sel commun introduit avec les aliments par la bouche donnait les mêmes résultats. Faisant alors des expériences directes sur le chien muni d'une fistule gastrique, il a alternativement nourri l'animal avec des aliments peu salés et très salés. En opérant de cette manière il a pu constater :

19 que le suc gastrique, recueilli par la fistule pendant

un temps déterminé, était plus abondant sous l'influence

?) Comptes rendus de l’Académie des sciences (t. XXV, page 601).

d’un régime très salé que sous l'influence d’un régime ordinaire ;

29 que ce même suc était plus acide.

En résumé, le chlorure de sodium ajouté aux aliments augmente non seulement la sécrétion, mais l'acidité du suc gastrique.

D’après Bidder et Schmitt, le chlorure de sodium dissous et mêlé aux liquides de la digestion se transformerait tour à tour en soude et acide chlorhydrique libre, lequel donnerait au suc gastrique son acidité.

Dans l'intestin la dissolution de la fibrine par la pancréatine est aussi accélérée par l’addition du chlorure de sodium (Heidenhain), et l’on sait aussi que la suppression par dialyse des ions Na, Ca et C1 du suc pancréatique supprime une grande partie de l’action digestive de ce suc (exp. de Biery, Grusewska). Une solution d’alburnine injectée dans le gros intestin n’est absorbée et ne fait augmenter la quantité d’urée éliminée qu’à la condition qu’on y ajoute du sel marin (Voit et Bauer).

Absorbé et arrivé dans le sang, le chlorure de sodium agit encore d’une façon extrêmement favorable. D’après L. Branche!), les principaux effets du sel commun sur le liquide sanguin sont les suivants :

19 il retarde la coagulation du sang et le rend plus rutilant ;

20 il concourt puissamment aux actes physiques d’endosmose et d’exosmose ;

1) L. BRANCHE: Le chlorure de sodium et les eaux chlorurées-sodiques. Thèse de Lyon.

3° il conserve les globules rouges et fait augmenter leur nombre ;

49 il favorise l'élimination de l'acide carbonique, l'absorption de l’oxygène, la formation et l'élimination. de l’urée.

C'est cette dernière propriété qui fait du chlorure de sodium un si puissant stimulateur de la nutrition. Voit et Rabuteau ont insisté sur l’action conservatrice du chlorure de sodium sur les globules sanguins, et ont fait remarquer que l'augmentation de leur nombre avait pour conséquence d'activer les combustions organiques.

« Pour m'’assurer, dit Rabuteau, de ce fait déjà indiqué par Voit, j'ai fait sur moi-même en 1869 une expérience qui a été divisée en 4 périodes de 8 jours chacune, pendant lesquelles j’ai suivi un régime aussi identique que possible, si ce n’est que dans la 2€ période j'ai ajouté 10 gr. de sel marin de plus à mes aliments ordinaires et que, pendant la 3€, j’ai pris des aliments de même nature, mais non salés ou du moins ne contenant que le chlorure de sodium qu’ils renferment normalement. Les urines ont été recueillies exactement et l’urée a été dosée chaque jour. Les résultats de cette expérience ont été les suivants:

urée totale onniHote

Du 8 au 17 mars, période de 9 jours ..182 gr 18 20 gr 20 PNEU 4 ENT » DU NIET S 7220 NET 40 DE AN DNS CNED » DAT UC T2ANS ESS Te EETES PS EMA 7 NA VEILLE, » DUAL TNT OO NITORSEUS

On voit que la variation de l’urée sous l'influence du régime salé, pendant la seconde période, et du régime moins salé pendant la troisième période a été de 4 gram-

mes environ, soit près de 20 %. L’acide carbonique n’a pas été dosé, mais il est infiniment probable que la formation de ce produit de combustion aurait présenté des variations analogues, car on sait que l'acide carbonique et l’urée sont 2 principes qui varient dans le même sens, sous l'influence d’un médicament ou d’un état pathologique quelconque 1).»

Dans le même sens nous pouvons citer une expérience de Forster au cours de laquelle il a injecté dans le sang d’un chien de 20 kg. une solution de sel marin à 1 %. L’élimination de l’urée de 13 gr. par jour montait à 18,3 gr. le jour de l'injection. Nous savons que l’urée est le produit définitif de la désagrégation de l’albumine et la quantité qu’on en trouve dans les urines indique en quelque sorte dans quelle mesure cette désagrégation, due aux oxydations, s’est effectuée. Donc, dans les expériences de Rabuteau, l’action du sel est manifeste.

Ici il y a lieu de dire quelques mots sur l’action des bains chlorurés, sodiques, puisque c’est certainement sous cette forme que nous dévrons considérer en très grande partie l’effet thérapeutique de l’eau de Sierck à l'usage externe. Les auteurs ont émis des théories diverses pour expliquer l’action des bains chlorurés sodiques.

Il n’est généralement pas admis que le chlorure de sodium pénètre dans le torrent circulatoire. Et même d’après la plupart des auteurs l'absorption du chlorure de sodium par la peau intacte serait pour ainsi dire nulle. Toutefois nous savons que les substances tenues en dissolution dans l’eau pénètrent et imbibent les téguments

1) RABUTEAU: Éléments de thérapeutique et de Pharmaco-

logie. 3 vol., p. 96.

et agissent sur le système nerveux périphérique. Aïnsi une solution d’un sel d’Atropine mise au contact avec une partie de la surface cutanée amène un arrêt de la sueur locale durant plusieurs heures. Ne pouvons-nous pas admettre que les autres sels soïubles, et en particulier le chlorure de sodium, imbibent également la peau, aussi bien que les sels d’Atropine? En outre on sait que le chiorhydrate de cocaïne détermine une anesthésie limitée à la partie de la peau avec laquelle la solution est en contact.

Les bains chlorurés-sodiques diffèrent des bains d’eau douce ayant ia même température par l'excitation qu'ils exercent sur le système nerveux périphérique et en particulier en provoquant une vasodilatation plus intense que celle observée dans un bain ordinaire.

Durand-Fardel s'exprime ainsii) : «Il ne faudrait pas identifier les bains chlorurés-sodiques avec les bains d’eau douce. L'usage de ces derniers, soit à température moyenne, soit à température élevée, devient immédiatement et promptement débilitant. Les bains chlorurés-sodiques sont par eux-mêmes excitants et déterminent, par la suite, des effets toniqués, pourvu que cette excitation ne dépasse pas les limites convenables. Son action sur la peau est particulièrement tranchée et assez en rapport avec leur degré de ruinéralisation. »

Si les eaux sont trop fortement chilorurées, l’excitation produite sur la peau est trop énergique et l’on dépasse le but que l’on se propose (Salies-Bearn). Il faut alors étendre les eaux, ce qui revient au même que si elles étaient moins chlorurées, avec cet inconvénient qu'on n’a plus à sa disposition une eau minérale com-

1) Traité des eaux minérales de France.

plètement naturelle. Or, nous verrons ultérieurement combien des éléments d'ordre physico-chimique interviennent dans l’action d’une eau minérale. Ici nous pouvons de suite faire ressortir que les bains chloruréssodiques de Sierck présentent l’avantage que l'effet excitant est en quelque sorte contrebalancé par l’action calmante du bromure, si richement représenté.

En résumé, on peut affirmer qu’un baïn chloruré-

sodique excite les phénomènes physiologiques par son action sur les terminaisons nerveuses de la peau, puisque employé irraisonnablement il réveille des douleurs rhumatismales ou des manifestations cutanées éteintes depuis longtemps.

Nous verrons quelle grande valeur thérapeutique possède l’eau de Sierck à l'usage externe pour les affections rhumatismales articulaires et musculaires, pour l'obésité, les maladies gynécologiques, le lymphatisme, la scrofule et le rachitisme, mais nous croyons que cette action est autant à imputer aux qualités physico-chimiques de l’eau qu’à sa minéralisation en chlorure de sodium.

Le sel qu’il nous faut étudier, d’une part pour son ion CI, d’autre part pour son ion bivalent Ca, qui vient contrebalancer les effets de l’ion monovalent Na, comme l'ont montré les célèbres travaux du physiologiste américain Jacques Lœb sur le fundulus, c’est le chlorure de calcium. À

Se basant sur des considérations chimiques, dans le détail desquelles nous n’avons pas à entrer ici, Lehmann1) avait démontré que le chlorure de calcium, dans l'estomac, donne avec l'acide lactique du lactate

1) Lehmann: Chimie biologique 3%

de calcium, tout en mettant en liberté du chlore. D’après Lehmann, les lactates sont transformés dans l'organisme en carbonates et apparaissent comme tels dans l’urine qui, par la suite, montre une réaction alcaline. Seul le carbonate de calcium — on n’en trouve jamais dans l’urine humaine — ne quitte pas comme tel l'organisme, mais, déjà transformé dans le sang en phosphate par les phosphates alcalino-terreux, il est éliminé sous cette forme.

Ayant constaté ainsi que le chlorure de calcium est éliminé sous forme de phosphate de calcium, voyons maintenant quelles sont les conclusions thérapeutiques que nous pouvons tirer de ces phénomènes :

A priori le chlorure de calcium doit être efficace partout où des accumulations lipoïdiques dues à un excès d'acide lactique et surtout manifestes dans la scrofulose doivent être enlevées. Nous rappelons ici la surproduction de cette matière dans la scrofule torpide, dont nous parlerons ultérieurement. Et en réalité, l'effet du chlorure de calcium dans la scrofule est connu depuis longtemps et encore aujourd’hui il est souvent ordonné dans beaucoup de manifestations de cette maladie.

Partout encore où les conditions nécessaires pour une respiration normale font défaut — séjour dans des logements humides, obscurs et mal aérés — où, par ce fait, l'action de l'oxygène dans l'organisme est inhibée, l'acide lactique ne peut être oxydé dans le corps et sa transformation en eau et acide carbonique ne s’effectue pas. Au contraire, il s’accumule dans des proportions anormales et produit des troubles de la nutrition et particulièrement des manifestations rachitiques. En

effet, plusieurs auteurs, Schmitt et Weber entre autres, ont trouvé de l'acide lactique dans le tissu osseux des rachitiques. D'autre part Marchand, Lehmann et Goru-Besanez ont découvert l'acide lactique dans les urines des nouveaux-nés rachitiques. Taissier a affirmé que l'injection d’acide lactique provoque une élimination excessive de phosphates terreux par les urines. C’est Heitzmann qui le premier a provoqué le rachitisme chez les jeunes animaux (chiens, chats, écureuils, lapins) en ajoutant de l’acide lactique à leur nourriture ou en l’introduisant par des injections souscutanées. Raginsky aurait pu rendre des animaux rachitiques, très vite et très sûrement, en diminuant la quantité de chaux des aliments et en ajoutant à ceux-ci de l’acide lactique.

Nous pouvons donc conclure, sans vouloir prétendre que l’excès d’acide lactique dans le sang soit la cause pathogénique unique du rachitisme, que nous sommes en droit d'attendre des résultats heureux dans le traitement du rachitisme par l’eau de Sierck rien qu’en nous basant sur ce que nous savons de l’action neutralisante du chlorure de calcium sur l'acide lactique.

Mais cette action heureuse du chlorure de calcium dans la scrofulose et le rachitisme ne s’explique pas seulement par son pouvoir neutralisant de l'acide lactique. Deux autres facteurs au moins entrent en ligne de compte: l’action des parathyroïdes d’une part, des vitamines lipo-solubles d’autre part. On sait que le chlorure de calcium constitue le grand traitement des insuffisances parathyroïdiennes, soit qu’elles se manifestent de façon aiguë sous forme de tétanie, soit de façon chronique sous forme de déformations osseuses

plus ou moins accentuées: Dans ce cas le calcium agirait, semble-t-il, non comme saturant de l'acide lactique, mais comme neutralisant de l’acide méthylguanidyl-acétique, comme l'ont montré les expériences de Noël, et Findiaz!). Quant au rôle du chlorure de calcium comme adjuvant du facteur lipo-soluble dans le traitement du rachitisme, son rôle a été nettement démontré par les expériences de Mac Callun ?).

Avant de quitter l'étude du chlorure de calcium, il faut que nous rappelions encore un avantage de ce sel, sans vouloir prétendre avoir résolu par là tout le problème. Nous verrons ultérieurement que l’eau de Sierck n’est pas simplement indiquée dans les gastrites à forme hypochlorhydriques, mais aussi dans les hypersthénies gastriques où l'acidité est trop forte. Dans cette maladie l’estomac est rempli par un excès de liquide qui, par la présence d’acide lactique et d’acide butyrique, formés à la suite de fermentations anormales, présente un caractère aigu et rance. Il faut tenir compte de ce fait dans le traitement de l’hypersthénie gastrique et nous devons combattre les fermentations qui se produisent dans l'estomac. Ici l'effet du chlorure de calcium est vraiment mis en relief par la neutralisation de l'acide lactique, et nous pouvons attendre de sa combinaison avec le chlorure de sodium et les propriétés physicochimiques de l’eau de Sierck les meilleurs résultats. Enfin, plus récemment, des propriétés non moins

importantes du chlorure de calcium ont été mises en évidence par Monsieur le Prof. Léon Blum, de la Faculté

1) Physiological Abstracts, 1917.

?) Archives of Rockfeller Institut, 1916.

de Médecine de Strasbourg, dans le traitement des œdémes brightiques et des épanchements inflammatoires. Il semble que l’ion Ca agisse ici non pas sur la chlorurémie, mais sur la natrémie. Il s’agit là en tout cas d'une action spécifique de déplacement d'ions, différente de l’action excito-sécrétoire de la théobromine et de ses dérivés. Ce que nous venons de dire sur l’action diurétique du calcium est également vrai de l'ion strontium que nous trouvons également dans l’eau de Sierck, et l’on sait que le lactate de strontium est depuis longtemps utilisé dans les néphrites chroniques.

L’ion zode contenu dans l’eau de Sierck est un facteur thérapeutique de très grande importance. Par l'irritation qu'il exerce sur la paroi de l'estomac il concourt à l'augmentation de la sécrétion du suc gastrique. Il aide donc l’action stimulante du chlorure de sodium que nous avons vu plus haut. En outre, n’employonsnous pas journellement l’iode en thérapeutique pour fluidifier des sécrétions et des produits catarrheux? C’est un fait que des exsudats solides, des hypertrophies et des indurations inflammatoires disparaissent sous l'effet de l’iode. Nous ne pouvons donc pas nier une action résolutive et fluidifiante. En outre le passage rapide de l’iode dans le sang, son élimination accélérée par l’urine, la sueur, la salive et le lait et l'augmentation des sécrétions elles-mêmes, nous permettent de considérer que sa grande action curative est due à la stimulation des sécrétions les plus importantes de l’organisme. Mais un autre rôle intéressant de l’iode, contenu dans l’eau de Sierck, ressort de ces deux actions bien connues sur la thyroïde d’une part, surles états bacillaires d'autre part. A l'heure actuelle, où la carence

iodée est reconnue pour être le facteur déterminant pour l'immense majorité des goitres endémiques (principalement dans certaines régions de Suisse et d’Alsace- Lorraine), n'est-il pas particulièrement intéressant à signaler qu'il existe à Sierck en quelque sorte une fontaine d’iode à laquelle devraient venir s’abreuver tous les goitreux de la région ! Ne seraït-il pas même salutaire qu’une propagande prophylactique, menée auprès des populations sujettes au goître endémique signalât à leur intention les bienfaits de cette source.

Quant au rôle antibacillaire de l’iode et à son action sur la mononucléose sanguine, il est trop connu pour que nous insistions ici, Sinon pour yÿ trouver une indication nouvelle pour l’eau de Sierck dans le traitement des prétuberculoses et notamment des scrofuloses.

Le brome se trouve dans notre source en quantité fort importante, et l’action de doses assez considérables de brome, renouvelées plusieurs fois par jour dans une cure ne peut pas manquer d’apporter une influence sédative sur l'organisme. Il y a là une action heureuse qui contrebalance utilement les effets trop excitants d’une eau fortement chlorurée-sodique. C’est de là que la source tire peut-être en partie ses effets si utiles dans les gastrites hypersthéniques, ainsi que nous le verrons dans une autre partie de ce travail.

I importe de signaler également, bien que se trouvant en dose faible dans notre source, l’ion /s#hium. Ce métal jouit de la curieuse propriété de donner avec l'acide urique des urates de lithium remarquablement solubles. L'eau de Sierck trouve donc dans le traitement de la

goutte un appoint thérapeutique de premier ordre dans cet élément.

C’est au magnésium que l’eau de Sierck doit en partie ses propriétés laxatives et astringentes qui en sont une indication bien connue.

Le fer entre dans l’eau de Sierck dans des proportions qui, sans être considérables, sont néanmoins à signaler, puisqu'elles justifient l'emploi de cette eau dans les états anémiques.

L'action de ce métal se trouve renforcée très heureusement par la présence d’arsenic en quantité non négligeable.

Quant au suicium, nous ne ferions que le signaler si des travaux récents ne l'avaient proposé pour le traitement de l'hypertension artérielle.

En conclusion, l’eau de Sierck renferme en grande proportion des éléments minéraux atteignant un total de plus de 13 gr. par litre, mais tant par son importance pondérale que par sa valeur thérapeutique, le chlorure de sodium tient une place prépondérante. Si nous ne tenions compte que de sa composition chimique, nous la classerions donc parmi les chlorurées-sodiques, bromurées iodées.

ACTION THÉRAPEUTIQUE DE L'EAU DE SIERCK DUE A SES PROPRIÉTÉS PH YSICO-CHIMIQUES.

La composition chimique que nous avons envisagée précédemment ne rend pas compte entièrement des propriétés thérapeutiques. Les recherches de l’hydrologie moderne ont montré, en effet, qu'à côté d’un facteur proprement chimique, un facteur physico-chimique, aujourd’hui assez , connu, devait aussi intervenir.

Certes, les propriétés chimiques de notre eau sont intéressantes, mais leur valeur est encore augmentée par le fait qu’une grande partie de ses éléments se trouve être dans un état spécial que nous allons étudier maintenant. Ne voit-on pas, en effet, des eaux oligo-métalliques posséder également des propriétés thérapeutiques remarquables qu’on ne saurait attribuer qu’à certains de leurs caractères physiques, au premier rang desquels nous citerons : leur radioactivité, l'état colloïdal de certains de leurs éléments et l'extrême dissociation de leurs électrolytes.

L'analyse chimique de l’eau de Sierck nous avait démontré que cette eau contient 8 espèces de cations isodium, potassium, lithium, ammonium, magnésium, (alcium, strontium et fer) et 8 anions (chlore, brome, code, sulfate-ion, hydro-arséniate-ion, acide silicilique).

L'étude de la conductivité électrique et du degré de dissociation nous a révélé que ce dernier était de 80 %, c’est-à-dire 80 ions sur 100 sont à l’état de liberté et que seulement 20 sont combinés sous forme de sels neutres. Or, nous pouvons admettre que 8 X 8 = 64 combinaisons d’atomes sont possibles, puisque nous avons 8 espèces d'ions positifs et 8 espèces d'ions négatifs, et si nous ajoutons à ces 64 combinaisons les 16 ions libres, il résulte que l’eau de Sierck contient 80 sortes d’éléments actifs différents sous forme d'ions libres, de groupes d’atomes non saturés et de sels neutres. Seuls les groupes d’atomes non saturés et les ions libres sont porteurs d'électricité, et l’on sait aujourd’hui que ce sont eux qui constituent la base de l’activité thérapeutique d’une eau minérale.

Combien sommes-nous donc encore éloignés de la connaissance parfaite d’une source minérale, puisque, par l’analyse, nous ne sommes capables que d'indiquer le nombre d’espèces d’électrolytes libres contenus dans l’eau et de présumer la constitution d’une solution type de cette eau, mais aucune recherche ne peut nous éclairer sur le nombre et la nature des groupes d’atomes non saturés ! Et encore, nous ne voudrions pas même tenir compte de toutes ces particules infinitésimales qu’un examen spectroscopique pourrait nous révéler.

C’est qu’en effet tous les constituants chimiques dans une eau minérale agissent efficacement, non pas tellement par leur quantité, facteur évidemment non négligeable, que par leurs vertus physico-chimiques, c’est-à-dire par la proportion dans laquelle ils sont dissociés à l’état d'ions, de corps colloïdaux. Or, nous savons quelles énergies sont contenues dans d’in-

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