‹ Les Eaux Minérales de SierckChapitre 14 sur 34 · PROCESS · texte numérisé non relu

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de colloïdes, et on peut conclure de l'expérience que nous venons de rapporter qu'eux aussi doivent être sensibles à des doses minimes de substances minérales. Les actions toxiques et coagulantes des sels, aussi bien que leurs actions bienfaisantes sont dues à un dynamisme physico-chimique sur les colloïdes des cellules. D’après R. Hôhn, ils influenceraient le métabolisme organique en modifiant la perméabilité des membranes cellulaires. En outre ils agiraient d’une façon élective sur chaque variété de cellule en vertu de la loi de la spécificité cellulaire qui fait que chaque cellule différenciée possède un état physico-chimique particulier.

«Considérons maintenant !) que les colloïdes de l’organisme sont multiples, que chacun d’eux a ses micelles propres, que les micelles des protoplasmes cellulaires sont distinctes de celles du sérum, que les cellules elles-mêmes sont de type divers suivant les tissus auxquels elles appartiennent et que leur: constitution et leurs réactions sont différentes. D’autre part, il est reconnu que les cellules d’un même tissu ne sont pas formées des mêmes colloïdes : les cellules nerveuses, selon qu'elles seront motrices ou sensitives, différeront ; et sans doute, dans ces deux groupes de cellules nerveuses doit-on faire encore des distinctions. De sorte qu'en dernière analyse on peut concevoir que chez un homme adulte il existe des cellules dont les colloïdes ont des propriétés nettement spécifiques. tout en ne représentant dans leur totalité que quelques grammes ou quelques fractions de gramme.

?) Auguste LUMIÈRE: Rôle des colloïdes chez les êtres vivants. Masson & Cie, 1011.

«Comme la partie active de ces colloïdes, constituée le plus souvent par la substance périmicellaire, est souvent extrêmement petite, ainsi que l'expérience rapportée plus haut l’a démontré, on comprendra qu’il suffise d’une dose extrêmement faible de réactifs pour entrer en combinaison avec elle et obtenir ainsi le résultat désiré.

« Aïnsi s'expliquent les phénomènes anaphylactiques, l’action brutale et instantanée de doses minimes de certains alcaloïdes ou de quelques produits chimiques et aussi, sans doute, le rôle bienfaisant de toutes ces eaux dites oligo-métalliques qui ne renferment que des quantités infimes de sels minéraux. Il s’agit de véritables médicaments énergétiques qui agissent davantage par leurs vertus physico-chimiques que par leurs propriétés chimiques proprement dites.

«Celles-ci ne sont cependant pas indifférentes, mais elles interviennent surtout lorsque, comme dans un grand nombre d’eaux minérales — Sierck — la richesse en sels dissous se trouve être considérable. »

En ce qui concerne la radioactivité de notre eau minérale, il est peut-être bon que nous insistions encore un peu sur trois de ses modes d’action : tonifiante, bactéricide et anesthésiante.

La première se manifestera dans toutes les maladies où le travail de l’organisme languit, et c’est certainement pour une large part à elle que nous devons attribuer les sûccès thérapeutiques que nous aurons par l’eau de Sierck dans les maladies de la nutrition, la goutte, l'obésité, le diabète, la scrofulose. Cette action peut être locale et prendra, dans ce cas, toute son importance dans le traitement de l’hyposthénie gastrique en stimu-

lant la surface de la tunique glandulaire et, plus dans la profondeur, en agissant sur la musculature faible, distendue et paresseuse de l'estomac. Sur l'intestin l’action sera la même et l'effet purgatif dû aux constituants chimiques de notre eau minérale sera singulièrement rehaussé par l'augmentation du péristaltisme qui, par le fait du renforcement de la musculature, sera constante.

L'action bactéricide des émanations radioactives est aujourd’hui nettement démontrée et l’on sait que la radioactivité diminue la vitalité des microbes et arrête le développement de leurs cultures ; elle est donc antifermentative et antiseptique.

Nous verrons plus tard quel rôle particulier joue cette action antifermentative dans la thérapeutique de certaines formes de gastrites.

Les effets anesthésiants et sédatifs de la radioactivité contribuent largement à fournir à l’eau de Sierck quel-. ques-unes de ses indications les plus intéressantes. C’est ainsi que nous calmerons dans les gastrites hyper: sthéniques les douleurs de l’épigastre, que nous diminuerons les sensations de brûlures après les repas si fréquentes dans cette affection. Dans certaines dermatoses, sous l’action de nos bains radioactifs, la cuisson et les prurits seront diminuées ou disparaîtront complètemeut. Mais là où la sédation de douleurs sous l'influence de l'action anesthésiante des émanations radioactives prend toute son importance, c’est dans le rhumatisme articulaire chronique ; aussi n’avons-nous pas hésité à lui imputer la plus grande part de l'efficacité bien connue qu'a la balnéothérapie à l’eau de Sierck dans cette affection.

Pour finir avec les propriétés physico-chimiques de l’eau de Sierck, tenons encore compte rapidement de sa pression osmotique. Nous avions déduit de l’abaissement du point cryoscopique et la concentration moléculaire de notre eau minérale que cette pression était de 8,5 atmosphères. |

Si nous considérons que la pression osmotique du sang est de 6,7 atmosphères, nous sommes en droit de déduire que le faible excédent de force de pression en faveur de notre eau contribuera à la meilleure pénétration des ions dans les cellules de l’organisme.

Nous avons ainsi énuméré les facteurs chimiques et physico-chimiques de l’action thérapeutique de la source de Sierck ; nous avons expliqué, dans ses grandes lignes, le mécanisme de cette action. Il s’agit maintenant de résumer toute cette étude, en classant notre eau minérale dans une des grandes catégories des eaux minérales déjà connues.

Nous avons mentionné que les classifications des eaux minérales d’après leur composition chimique ne pouvait pas nous contenter, puisqu'elles ne visent pas toutes les données pharmaco-dynamiques complexes de leur action. En outre nous ne prenons pas en considération non plus les classifications géologiques ou les classifications d’après les acides dominants qui n’ont pas d'intérêt pour le praticien, ni les classifications purement médicales.

Par contre nous nous rattachons très volontiers à la nouvelle classification de notre maître le Dr Paul Blum !) constituant une transition entre la classi-

1) Dr Paul BLuM: Loc, citat. p. 104.

fication purement chimique et la classification clinique. Elle tient compte des ions dominants, mais a surtout en vue leur effet physiologique.

Ainsi M. Paul Blum a reconnu 8 classes d’eau thermominérales : 1° les eaux alcalinisantes ; 20 jes eaux stimulan es ; 30 les eaux stimulantes et alcalinisantes ; 4° les eaux diurétiques ; 5° les eaux stimulantes et diurétiques ; 60 les eaux reconstituantes ; 7° les eaux anticatarrhales ; 80 les eaux énergitiques.

Dans ces 8 classes nous trouvons facilement la place qui revient aux eaux de Sierck. Les ions qui dominent sont ceux du chlorure de sodium ; notre eau est donc une eau stimulante, et les chapitres suivants prouveront à chaque moment ce caractère qui est encore singulièrement augmenté par la radioactivité.

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