‹ Les Eaux Minérales de SierckChapitre 4 sur 34 · APERCU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

APERCU HISTORIQUE

La découverte des eaux de Sierck remonte à l’année 1853. «On avait eu la pensée de creuser, au milieu de Sierck, un puits artésien semblable à celui qui amène à Mondorff cette belle veine d’eau minérale ; mais comme la nappe qui lui donne naissance sur la rive gauche de la Moselle existe entre le Muschelkalk et le grès bigarré, il est de toute évidence, d’après les belles études de Monsieur Jacquot, ingénieur en chef des mines, qu'il était impossible de rencontrer cette nappe au-dessous de Sierck, puisque son niveau se trouve dans les collines qui dominent la ville à 100 mètres environ audessus d’elle. On observait depuis longtemps quelques suintements sur le terrain de la commune de Basse- Kontz, au bord de la Moselle, au-dessous de Sierck. On fit quelques recherches, et dans une excavation de deux mètres de profondeur, on trouva, s’élevant du fond, deux sources voisines l’une de l’autre qui pouvaient facilement être confondues et réunies en une seule.

M. Edmond Renault, propriétaire à Sierck, acheta ce terrain à la commune et s’adressa à M. Hautefeuille, professeur de chimie à l'Ecole industrielle de Paris, pour faire l'analyse des eaux récemment découvertes.

Voici l’analyse en regard de laquelle nous mettons celle de M. le Dr Dieu, de Metz:

Température 15°. Debit: 38 litres à la minute

Mr Haute- Mr le feuille Dr Dieu grammes grammes

1) Chlorure de Sodium ........ 1,594 8,286

2) — ‘de Potassium...... 0,443 0,054

3) —, Mde;Calctum'..3.,t 2,186 2,281

4) de Magnésium ..... 0,269 0,296

5) Bromure de Magnésium ..... non dosé 0,091

6) Iodure de Magnésium ....... » faibles traces HeSutiate de lChAUX ETES 0,736 1,388 8)1CarbonatetdelChaux .. 1.7. 0,325 0,233

9) — de magnésie ..... 0,122 0,042 10) — de protoxyde de fer. non dosé 0,039 11)=Sous-phosphate de fer....... 0,018 0,034

12) ISIHCC NAT EL RTS NES 0,021 0,014 13) Matières organiques......... Traces faibles traces LANTA NEANESE NE ATEN AIN | » traces 15) PATUTNIR € PP PACE RE REC E » »

Sur l'indication de ces deux chimistes, M. Renault pensa que les sources pouvaient être utilement appliquées en thérapeutique et pria M. le préfet de vouloir bien inviter la Société des sciences médicales du département de la Moselle d’en faire une étude sérieuse qui permît d’en apprécier la valeur. En conséquence, ce haut fonctionnaire écrivait le 28 juin 1853 à M. le président de cette société pour lui demander qu’une commission fût choisie dans son sein afin de se livrer spécialement à cette étude et à toutes les recherches qu'elle comportait.

Cette commission fut composée de MM. Félix Maréchal, Warin, Grellois, Saunois et Dieu, rapporteur.

À la suite du rapport qui intervint, M. Renault sollicita de S. E. le Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce une autorisation d’exploiter la source pour les besoins de la thérapeutique. L'Académie impériale de Médecine, invitée par le ministre à examiner la question, fit un rapport favorable et autorisa l'exploitation (Mém. de l’Acad. imp. de Méd., 30 août 1856, p. 595).

Sur les conseils de Monsieur Jacquot, le propriétaire en fit effectuer le captage. Les deux sources furent d’abord entourées d’une maçonnerie en pierres de taille qui reposait sur un fond de béton. Le volume de l’eau ne dininuait nullement, et pour l’une des sources il a même considérablement augmenté. L'eau montait facilement à la hauteur de 4 mètres, et se trouvait par conséquent parfaitement à l’abri des plus fortes inondations de la Moselle.

Entre temps, les propriétés chimiques et thérapeutiques de cette eau minérale, nouvellement découverte, furent examinées d’une façon’plus approfondie par le Dr Félix Maréchal à l'hôpital « Bonsecours » à Metz, par le Dr Warin à l’hospice St-Nicolas et par le Dr, Grellois à l'hôpital militaire.

Ces auteurs ont constaté l'efficacité surprenante de l’eau de Sierck dans le traitement de la scrofulose, le rhumatisme chronique, des états de faiblesse et d’inanition et de quelques dermatoses. Monsieur Grellois et M. Warin ont publié les bons succès qu'ils avaient observés dans les hôpitaux susdits 1).

1) Eugène GRELLOIS: « Sur les eaux minérales de Sierck, dans la scrofule, et du parti qu’en pourrait tirer l’assistance publique», Paris, Germer-Baillière, 1865.

Dr WariN: «Considérations sur l'utilité des eaux miné-

Page 1