ACCROISSEMENT DE TEMPÉRATURE SUIVANT LA PROFONDEUR
culièrement intéressants, en ce qui concerne la température du sol et des eaux. Le tunnel du mont Cenis passe à 1600 mètres au-dessous de la cime, qui s'élève à 2905 mètres d'altitude. M. Giordano^ a observé dans la partie centrale 29^,5, tandis que la température moyenne du sommet serait seulement d'environ 2°, 6.
Lors de l'exécution du tunnel du Saint-Gothard, M. le D' Stapff, qui a relevé avec le plus grand soin les températures de la roche en de très nombreux points, a résumé ses observations par la figure 17. On voit facilement pourquoi beaucoup d'infiltrations étaient thermales ; entre les profils 5200 et 5950, elles atteignaient 25,°7,26\8 et 28%2.
L'épaisseur moyenne du massif au-dessus de la galerie est, sur ce dernier point, 1010 mètres et l'altitude du terrain, à ciel ouvert de 2151 mètres. La température de la roche et de l'eau calculée sur ces chiffres, pour le tronçon dont il s'agit, serait de 25^8.
De leur côté les puits artésiens apportent des données utiles à la question qui nous occupe.
Le puits de Grenelle à Paris, dont la profondeur est de 548 mètres, fournit de l'eau à 27%4*. Cette température que l'on mesure de temps à autre est restée depuis nombre d'années absolument constante.
Lors du forage de ce puits la roche marquait à la profondeur de 400 mètres 25%75; à 505 mètres 26\43. D'après l'accroissement de 1*^ par 31", 9 qui en résulte, le thermomètre devrait marquer à 548 mètres 27%76. La légère différence avec le chiffre observé 27%4, s'explique par le refroidissement de l'eau au contact des roches qu'elle traverse.
Pour le puits de Passy, à Tépoque à laquelle les eaux ont
* Hevue de géologie, t. IX, p. 158.
- D'après les documents fournis par Belgrand cl M. Tlnspcclcur général Iluct.
1G0 ArXROISSEMENT DE TEMPÉRATURE SUIVANT LA PROFONDEUR.
commencé à jaillir, et pendant deux ans environ \ des constatations hebdomadaires ont donné un chiffre constant de 28^ à la colonne ascensionnelle. La vitesse d'ascension de ce grand volume d'eau, au travers de roches peu conductrices, le préserve d'une perle notable de chaleur.
Il jaillit d'un sondage exécuté à Mondorf, grand-duché de Luxembourg, et d'une profondeur de 671 mètres, une eau minéralisée, à une température de 34% ce qui correspond à un accroissement moyen de 1* par 29™, 60.
Un sondage exécuté dans la cour de l'hôpital maritime de Rochefort, a rencontré deux nappes d'eau jaillissante, dont Tune à 816 mètres avec une température de 42^ '.
Comme dernier exemple, nous signalerons un forage établi à Louisville (Kentucky), qui atteignit à 636 mètres une eau jaillissante, ayant au fond du puits 28%06; la température moyenne du lieu étant de 11%7, l'accroissement moyen est de 1* par 50 mètres.
Dans le cercle de Minden, près des bains d'Oeyenhausen, un forage de 696 mètres de profondeur a fourni une eau saline riche en acide carbonique, qui alimente les bains de cette localité et marque 33\
Pour un même lieu et pour une môme verticale, la température de l'eau jaillissante est d'autant plus élevée que la nappe dont elle provient est plus profonde.
La plupart des mesures qui viennent d'être signalées, tant pour les roches que pour les eaux artésiennes, donnent, comme beaucoup d'autres, un accroissement qui se rapproche de 1"* par 30 mètres et qui peut être plus faible, comme dans l'Ërzgebirge de la Saxe.
*■ Depuis 1806, la colonne ascensionnelle de ce puits a été fermée par une plaque pleine et les eaux ont été dirigées par une conduite vers les lacs du bois de Boulogne, où elles se déversent. Il n*est donc plus possible d'en constater exactement la température.
* Roux. Comptée rendus, t. LIIIII, p. 010, 1871.