‹ Les eaux souterraines à l'epoque actuelle: leur régime, leur température, leur composition auChapitre 16 sur 60 · TERRAINS AUTRES QUE LES TERRAINS DE TRANSPORT · texte numérisé non relu

TERRAINS AUTRES QUE LES TERRAINS DE TRANSPORT

depuis le développement de la distribution d'eau de la ville.

En dehors des dépôts d'alluvions, les couches tertiaires renferment une nappe, où s'alimentent de nombreux puits et qui se relie à la nappe d'alluvion (fig. 36). Ainsi, cette dernière reçoit sur les deux rives du fleuve, à Auteuil et à Hontrouge» un déversement de la nappe qui est supportée par l'argile plastique.

La traversée des eaux phréatiques opposa une grande difficulté, lors des fouilles qui furent ouvertes le l""' septembre 1861, pour les fondations de l'Opéra. Alimentée par des courants souterrains qui descendent abondamment des plateaux voisins, la nappe est à 5 mètres au-dessous du sol. Or, pour pouvoir donner aux dessom de la scène une dimension convenable, il fallait asseoir ses fondations à une profondeur de 14 mètres. Les 8000 mètres cubes au moins qu'il s'agissait d'épuiser furent extraits à l'aide de pompes qui travaillèrent plus de 7 mois, avant qu'on pût établir une nappe de béton; les effets de ces machines se firent sentir à plusieurs kilo-> mètres de distance\

Partout les nappes de ces divers terrains perméables se relèvent, quand on s'éloigne des thalwegs.

A Paris^ la pente de la nappe d'eau des puits a été trouvée supérieure à 1 millimètre par mètre et elle atteint 1 centimètre près de la Seine, qui joue le rôle d'un canal d'assèchement. Sur la rive droite, en temps de basses eaux, la pente atteint 7 mètres par kilomètre, soit 7 millimètres par mètre dans l'axe du boulevard de Sébastopol. Ces fortes pentes sont variables suivant le degré de perméabilité du sol et le volume de Teau de la nappe.

D'après Belgrand, la nappe d'eau qui alimente le& puits de la rive droite est à un niveau peu profond au-dessous du

I. Charles Garnier, Le nouvel Opéra à Parist t. n,p. 317. ^ Opperniann, Nouveitet archivés de eoMirueiion. Janvier 1863.

sol, tant qu*elle se trouve dans des terrains de transport du fond de la vallée. Ces terrains se composent de gravier, de sable et de limon ; leur limite suit à très peu près le pied des coteaux. Sur toute celte rive, si l'on ne sort pas des anciennes enceintes de Paris, ou même des faubourgs qui s'y rattachaient, la profondeur des puits ne dépasse que rarement 10 mètres; souvent elle est comprise entre 4 et 5 mètres.

Sur la rive gauche, la profondeur des puits est plus grande; dans toute la partie basse occupée par l'ancienne ville, elle pouvait varier entre 6 et 10 mètres; mais si Ton considère les parties hautes de la rue Saint-Jacques et le plateau occupé autrefois par l'Université, qui s'étend à droite et à gauche de cette rue, on trouve que la nappe d'eau souterraine est à 28 et 30 mètres au-dessous du sol. Les puits les moins profonds sont ceux des rues qui longent la Seine et la Bièvre. C'est le contraire sur la rive droite : les puits les moins profonds sont peu éloignés de la rue Saint-Lazare. La nappe d'eau remonte plus rapidement que le sol, à mesure qu'on s'éloigne de la Seine.

Dans le déparlement de Seine-et-Marne, les nappes phréatiques sont très développées, non-seulement dans le terrain de transport, mais encore dans la craie blanche. Il en existe aussi dans les divers terrains perméables qui sont traversés par des rivières, notamment dans les calcaires lacustres de la Beau ce, de la Brie et du Multien, dans les sables supérieurs dits de Fontainebleau, dans les sables moyens qui sont si développés dans les vallées de l'Ourq et de la Marne, enfin dans le calcaire grossier et les caillasses qui recouvrent ce dernier.

Terrains crétacés et JnraMlqnes. — DaUS IC terrain Crétacé

supérieur, les eaux phréatiques acquièrent une importance

66 REGIME DES EAUX DANS LES TERRimS PERMÉABLES.

beaucoup plus grande, ainsi qu'on le constate dans les plateaux de la Champagne (fig. 57).

La profondeur des puits des deux plateaux jurassiques qui resserrent la vallée du Glain, dans les localités des environs de Poitiers placées à une distance de plusieurs kilomètres de cette rivière, est moyennement de 30 mètres ; mais ceux de la berge gauche du Clain atteignent 43 mètres. Dans la ville même de Poitiers, sur les points les plus élevés, les anciens puits, dont on ne fait guère usage, tant ils sont profonds, mesurent 40 mètres, par la raison que la croupe calcaire qui porte la ville est drainée par les deux vallées du Clain et de la fioivre, ainsi que par une multitude d'excavations. Contrairement à une opinion assez répandue, on atteint l'eau dans les puits avant d'être arrivé au niveau des eaux courantes des vallées, ce qui prouve, une fois de plus, que les eaux des puits proviennent des suintements des eaux pluviales à travers les roches calcaires et les argiles rouges du sous-sol, et non des infiltrations latérales des eaux des rivières.

Il en est de même pour les couches gréseuses et sableuses de différents âges.

Comme autre exemple, je signalerai la nappe d'eau des environs du Mans*. Elle s'infiltre dans les sables cénomaniens, jusqu'à la rencontre des argiles oxfordiennes, c'està-dire à 39 mètres au-dessous du niveau du confluent de l'Huisne et de la Sarthe. Elle sature donc toute la partie inférieure de la masse sableuse et forme ainsi une nappe puissante, dont la partie supérieure s'écoule par les deux rivières faisant appel.

Terrains trlasiqncs et permlcMs. '^-^ Nulle part OU n*a mioUX

« D'après M. Guillier.

EÂUI PHRÉATIQUES DES TERRAmS DE TRANSPORT. 67

constaté l'importance des terrains triasique et permien, comme réservoir inépuisable d'eau pour les puits, qu'en Angleterre, où des centres industriels, tels que Liverpool, Manchester, Birmingham, Nottingham, en consomment chaque jour d'énormes quantités. Le grès bigarré {new red mndstane) parait même être la formation la plus riche en eaux phréatiques de TÂngleterre; elle rivalise avec la craie, le loioer green zand^ et le grès permien.

CJiiaTeMaace de reporter 1 exinneB des faits aaalogiies aux précédeate a« ehapltre relatif wm r^le des Uthoelasee. — Toutefois, même dans les roches perméables en grand, le rôle qu'y jouent les cassures de divers ordres, quant au mouvement des eaux souterraines, est très considérable : aussi, pour éviter des délimitations artificielles entre des cas analogues, qui, étant inaccessibles, échappent souvent à une obsei*vation précise, nous croyons préférable de reporter l'examen de ce sujet au chapitre relatif aux lithoclases. La liaison fréquente des nappes phréatiques avec de nombreuses et puissantes sources est un motif de plus pour adopter ce mode de groupement.

Des nappes souterraines du genre de celles qui viennent de nous occuper ne sont pas dans la dépendance nécessaire de grands cours d'eau ; elles peuvent en être plus ou moins distantes.

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