VC
Fig. 11. — Coupe au travers de Bruxelles montrant la disposition de la nappe phréatique dont le niveau sabit les inflexions indiquées par la ligne N, N, N. Elle imprègne des sables fins du terrain tertiaire Ts très perméables et Ts' qui le sont beaucoup moins. Cr couches argileuses et argilo-sableuscs imperméables dans leur ensemble. Qa limon quaternaire.— D'après M. Yerstracten.
face supérieure est convexe et sa forme détermine le partage des eaux de sources alimentant les deux vallées. On remarque que cette proéminence liquide ne coïncide pas avec la ligne la plus élevée du sol, et que le versant liquide du côlé de la Senne est beaucoup plus étendu que celui du côté du Maelbeek.
Dans la vallée de la Senne, la nappe d'eau est découverte à la cote 14 ; dans le Parc, elle atteint la cote 49 ; à proximité de la place de la Société civile elle s'élève à la cote 51 ; elle revient à jour au Maelbeek à la cote 46, pour former l'étang du Jardin zoologique.
Plus on se dirige vers le sud, plus la nappe d*eau atteint un niveau élevé.
Il résulte de nombreuses mesures qu'elle a, comme le sol,
ËAUi PHRÉATIQUES DES TERRAINS DE TRANSPORT. 3l
une inclinaison générale vers le nord-ouest, et que, si on pouvait la voir par transparence, elle présenterait des inégalités comparables à celles de la surface, mais adoucies.
Viue de Liège. — Le Centre de la ville de Liège, au fond de la vallée de la Meuse, repose sur des dépôts de gravier et des alluvions ou sur des remblais amenés à différentes époques, soit pour rehausser le sol, soit pour combler et rétrécir divers bras du fleuve. Les habitations établies sur les coteaux des deux rives sont assises sur le terrain houiller, sauf les plus élevées de la rive gauche qui ont pour sol le terrain crétacé et le limon quaternaire (hesbayen).
Dans l'opinion de M. Gustave Dumont', l'eau que contient ce gravier et qui alimente un très grand nombre de puits ne doit pas être considérée comme provenant du fleuve : elle tient en effet en dissolution des matières étrangères au gravier. Des eaux descendant des collines voisines alimentent les puits qui se trouvent sur leur passage, avant d'arriver dans le fond de la vallée *.
Des travaux exécutés dans le lit de la Meuse ont montré que le gravier situé au-dessous du fleuve présente une succession de dépôts, les uns très perméables, composés uniquement de cailloux, les autres presque imperméables sous de faibles pressions, parce que les cailloux sont en quelque sorte cimentés par du limon.
Pays-iiM. — Dans toute l'étendue des Pays-Bas, on trouve à une faible profondeur de l'eau (Welwater).
Suivant les renseignements que je dois à l'obligeance de
* Rapport sur les eaux alimentaires de la ville de Liège, 185G, p. 5.
* En 1856, la ville renfermait, sur 1000 maisons, 5422 puits et 2215 citernes. On se proposait alors d'amener par jour 6000 mètres cubes» soit 70 litres par habitant et par jour.
32 RËGHfE DES EiUX DANS LES TERRAINS PERMÉABLES.
M. Yan Baumhauer, dans les alluvions marines et les tourbières basses, terrains saturés d'eau, la surface de la nappe se trouve au niveau à peu près des eaux superficielles voisines, et elle s'élève ou s'abaisse avec celles-ci.
Dans les alluvions fluviatiles, dans les sables diluviens et dans le terrain erratique, là où il est déposé horizontalement, on rencontre la nappe souterraine à 1 ou 2 mètres au-dessous de la surface du sol, c'est-à-dire à peu près parallèlement à celle-ci. C'est ainsi, par exemple, que près de Zutphen la surface du sol est à 8 mètres au-dessus du zéro de l'échelle d'Amsterdam et la nappe à environ 6 mètres au-dessus du même point, tandis qu'à Winterswijk la surface du sol s'élève à 30 mètres, la nappe à environ 28 mètres au-dessus de ce môme niveau.
Là, au contraire, où le gravier diluvien constitue des collines, la nappe souterraine se trouve à la même hauteur que les eaux extérieures situées à leur pied. Le puits profond du Bois de Soeren a atteint la nappe à la profondeur d'environ 90 mètres; et telle est aussi l'altitude, au-dessus du Zuiderzée, de la colline dans laquelle le puits est creusé. Sur les hauteurs près d'Ârnhem, la profondeur des puits alimentés par la nappe est égale à la hauteur de la surface du sol au-dessus du niveau du Rhin.
Les fleuves de la Hollande contribuent très peu à l'eau souterraine par leur infiltration latérale, et seulement en ce qui concerne la mouille (en hollandais kwel) qu'on remarque à une faible distance de leurs rives.
Lors des crues, elle vient au jour en dedans des digues, dans les fossés, pour inonder souvent des contrées entières\
Dans les provinces maritimes de la Hollande, le sous-sol est entièrement pénétré d'eau de mer. On ne saurait encore
* Presque toujoars on peut arrêter la mouille au moyen d'un batardeau d'argile établi au pied de la digue jusqu'à une profondeur qui ne dépasse pas trois mètres.
E&DX raR<IQDES DES TERRAINS DE TRANSTORT. 55
dire avec précision jusqu'à quelle distance des cdtes et à quelle profondeur s'étend cette infiltration marine dans les différentes localités. A Delft, à 22 mètres de profondeur, l'eau possède à peu près le degré de salure de l'eau de mer. A 50 mètres de profondeur, elle est seulement un peu saumâtre à Zoetermeer; tandis qu'à Vinkeveen on a pu creuser jusqu'à la profondeur de 60 mètres sans rencontrer d'eau saumâtre.
MH^eh. — La ville de Munich est en grande partie ali- SHE M II M ■ f M sso
Fift. 11. — PtoHI montnal 11 diipolition du eiui phréiliqnei, dani uo< pirlis du ni de Honicti, lu milisu d'eodt 1S73. A, argile tcrtiura imperméable: G G, gmvicr qDaMniiire qui lui M sapeipoiéi NN, niveau de l'eau phréatique; PPT, puiU creuiéi daDi divsnca nin d« U Till«;/[r, toragM. — Écbelle jg^]^.
mentée par des eaux phréatiques, conjointement avec les sources de Grosshessel '.
D'après M. Gûmbel, le sol du plateau élevé sur lequel est construite cette capitale et qui s'étend jusqu'aux Alpes consiste en sable et en cailloux qui reposent sur une couche marneuse tertiaire nommée flinz, et qui arrête les eaux fournies par la surface. Les couches de gravier sont extraordinairement perméables, ainsi que le témoigne l'absence d'eau à la surface du sol, dans la région située au sud de Muuich. C'est seulement à proximité des moraines et des dépôts de
* Stlbieb. Watëertçrçung der Stadl MÛnchen, 1876 et 1871.
U BËGDIE tœS E&UX DANS LES TERRilNS PERHfiiBLES.
loess que se trourent des cours d'eau superficiels qui ne tardent pas à s'infiltrer dans le sous-sol.
Fig. 15. — Profil monlranl Jei diircrug biulcuri do eaui iiliréa tiques dans une lutn parlic da ni de Huplch m milieu d'ioilt 1875. A, irgilc terliiire impanntibia i G, gnvier quiternlira; HN.niTMu de l'eiu ptiréitique;FP, puiti; Itt, fongei.— £cbel1e jj^.
La configuralioo supérieure du flinz est très inégale et
Cig, U. — i'roUI longiludiual de It Uiiilonnilble i-ris Asvlitieiiii i li\ivcri ii iiJiée de BiChiDgerlxcli jiuqu'iOrTerlIng. A, (T;;iic leiiiaire impermtibie dile Fliai; G, grovier qualernaire Imbiba d'ean jniqii'i la aurTice déiigaée par H Ni S S, muixm qui rtnllent de r^ptnchcmcnl de celle eau wnilerrainc.
ses inflexions sont indépendantes de celtes de la surface. Il en résulte souterrainement des bassins et des rigoles qui
recueillent et font écouler les eaux phréatiques (fig. 13, i5 et 14).
Les vallées de l'Isar et du Mangfall sont des érosions de ce plateau qui coupent la couche de gravier sur toute sa hau-
Hn, tS. ~ Plan de Hunicli uvce les courbes boriionlalei (Ies caiii jiliréaliquf) Ion de Icui' ùtal le plui hml (a iTrll ISTG) et de laur eut te plus bas 139 d«cenihre 1876), d'*j>rit H. le doctcBT C. W. GAmbcl. Lm courbes pleinci sont relaliie* i la pnmri^re dale ol Ici courbei poinlllléa i la iceonde. Les chirrrcs de chaque courbe eiprimenl «n mitres leur cote audeuiu de la mer. L'échelle qui est indiquée en liilomêlrïs est de imli nil-
leur et qui, en quelques points, ont été creusées jusqu'au Hinz. Le niveau de l'eau du grand réservoir souterrain s'abaisse assez rapidement vers ces vallées et laisse l'eau s'extravaser avec une grande vitesse (voir fig. 14).
30 RÉGIME DES EAUX DANS LES TERRAhNS PERMÉABLES.
Gomme le lit de l'Isar, la nappe a cependant une inclinaison générale du Sud vers le Nord. Toutefois sa pente est moins forte que celle de la couche de gravier, dont l'épaisseur et par conséquent la hauteur au-dessus de Teau souterraine sont plus grandes au Sud, à proximité des montagnes, que vers le Nord. Cette hauteur décroît de 22 mètres à Furstenreid, jusqu'à 6 mètres dans certains quartiers de Munich, et à 1",50 à Mousach. Enfin à Feldmochen, au-dessous de Munich, iljaillitde nombreuses et abondantes sources alimentées par la même nappe de gravier (voir plus haut, fig. 15).
La direction et la vitesse des eaux phréatiques dépendent des inégalités de la couche de flinz et delà plus ou moins grande perméabilité du gravier. En général son mouvement est à peu près parallèle à celui de Tlsar, qui coule entre des terrasses de gravier souvent consolidé par un ciment calcaire. Le régime de cette nappe souterraine est indiqué par des courbes de niveau reconnues dans la ville de Munich (fig. 15).
Il est des points où la surface du sol s'abaisse vers le fleuve, de manière à provoquer Tapparition de nombreuses sources sur le flanc de ces vallées, comme à Thalkirchen, où des galeries ont été exécutées perpendiculairement à l'Isar pour les utiliser. Les sources de Grosshessel sont également dues à un écoulement latéral des eaux phréatiques. (Voir plus loin, au chapitre relatif aux sources.) Par suite du rôle régulateur de la nappe souterraine, les sources du groupe du Muhlthal et de Gotlzing ont beaucoup de régularité.
Outre l'inclinaison du Sud vers le Nord, la couche de flinz parait avoir aussi une pente assez faible de l'Ouest à l'Est; car les épanchements latéraux de la nappe sortent souvent par la rive gauche du cours d'eau.
Dans le Gleisenthal, où des études ont été faites pour l'alimentation de Munich, sur 13 kilomètres, la pente supérieure
EAUX PHRÉATIQUES DES TERRAmS DE TRANSPORT.
des eaux phréatiques est de 50 mètres, tandis que celle de risar, sur cette même distance, n'est que de 50 mètres.
Naremberff. — Aux cnvirous dc Nuremberg * il y a des plateaux étendus, renfermant, comme ceux des environs de Munich, des eaux phréatiques qui se rencontrent en outre dans les fonds de vallées. La vallée de la Pegnitz, au-dessus de Nuremberg, a été étudiée au point de vue des eaux d'alimentation de cette ville. Dans cette question, on a pris en égale attention : l"" la hauteur de chute de la nappe phréatique qui, dans ce cas particulier, était de 13 mètres; 2" répaisseur de cette nappe ; 3' le degré de perméabilité du sol au travers duquel elle se meut, et qui, de nature sableuse, renferme 30 à 40 pour 100 d'interstices.
Leipsit. — D'après M. H. CrednerS les cailloux et sables de la plaine dite Elster Pleisse renferment, aux environs de Leipzig, qu*elle sert à alimenter, une nappe d'eau considé-
Fig. 16. — Disposition de l'eau pliréalique à Leipzig et dans les environs. I, silurien inférieur ; R, grés ronge inférieur ; A, argile appartenant à l'oligocène ; S, sable argileux, appartenant au même groupe; A', argile et S', sable argileux, appartenant tous deux au même terrain; Q, sable et gravier quaternaire de l'ancien lit de la Pleisse; Q', limon calcariférc avec gros galets ; G, gravier grossier ; L, limon presque imperméable {aulehm). — D'après M. Credner.
rable. Elle coule (fig. 16) à la surface du Rothliegende et des dépôts argileux de l'oligocène : elle est en partie recouverte par un limon presque imperméable.
*■ A. Rhiem, der Was^erwerk der Sladt Nûmbergt 1879.
* Géologie des K.K. Frans-Josephs Hochquellen WoMerleitung, Abliandl. der K. K. Geologischen Reichsanstalt, 1877, IX, pi. VIII, IX et XL
m^GIME DES ZKVl DANS LES TERRJimS PERHÉ&BLES.
w. — Les eaux phréatiques qui imprègnent le gravier diluvien aux environs de Vienne présentent des caractères de gisement semblables aux précédents
Les variations de leur niveau ont été représentées par H. Karrer' sur l'atlas de la commission des eaux de Vienne. L'infiltration directe de l'eau du Danube est arrêtée dans son cours souterrain à l'intérieur de la ville par une faible protubérance de Fargile du tegel, qui se relèTe graduellement, de manière à former une selle. Elles reçoivent un contingent, aflluant directement des montagnes.
Quoique la disposition de cette nappe soit très ordinaire, on a cru devoir donner ici la coupe (fig. 17) qui montre en même temps un second puits alimenté par les couches subordonnées au tegel.
WU^om «oaaprlMe ealre ■■««-Peslb et )1moIb«Ii. — La Hve gaU-
che duDanube, près de Buda-Pesth, est formée parune plaine
Fi(. 17— Eismplc d« puili de Visnne (Eili^niU de II rus de Cirlnlbie) sUntraM*, I'dh pir l'eia N fl du eniier dlluilen que recoQtra un rcmblii luperflciel, et l'inlre pir oUe da ubie S, fubonJOMié i l'irgila du Itgtl A. — D'ipréi H. Sutm.
sablonneuse et à surface inégale. C'est, entre le Danube et la Theiss, une suite du plateau quaternaire, qui a des pentes très douces vers les deux fleuves. La couche sur laquelle la ville est bâtie est formée de sable mélangé de gravier, renfermant des cailloux trachytiques plus ou moins décomposés. Ce dépôt, dont l'épaisseur est de 5 à 12 mètres, est très
perméable à Teau qui y forme une nappe continue. Je dois à l'obligeance de M. Szabo les renseignements qui suivent.
Voici, d'après les mesures prises un même jour (18 décembre 1864) dans les 85 puits des stations du chemin de fer de Buda-Pesth à Szolnok, sur une longueur de 225 kilo^ mètres, les résultats obtenus.
Le point de comparaison est le zéro du Danube, à l'altitude de 96",20 au-dessus de la mer. Le jour des mesures, la hauteur du Danube était OG^'ySO au-dessus du niveau de la mer.