ÉLECTRICITÉ
De tous temps, les expériences faites sur les eaux minérales ont eu tendance à chercher quel est l’agent auquel il faut attribuer l’action de ces eaux. En 1822, Boirot Desservies admettait que les eaux de Neris devaient leur action à un calorique spécial.
Plusieurs médecins, plus tard, pensent que c’est l'électricité qui joue le rôle actif dans les eaux de Bourbonne ; des expériences s'ouvrent dans cette voie et arrivent à des résultats positifs.
Scoutetten, après avoir avancé que les eaux forment une pile susceptible de dégager de l'électricité, constate que le dégagement de l'électricité est d'autant plus considérable que les eaux sont plus sulfureuses. Dès qu’un individu sera plongé dans un bain d’eau minérale, comme il est lui-même imprégné des deux électricités, positive et négative, qui se neutralisent, que, d’autre part, le bain où il se trouve développe de l'électricité,
il y aura surcharge, excédent électrique ; dès lors, le
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corps, en tout ou en partie, sera électrisé positivement Ou négativement selon le surplus d’électricité reçue ou étHevée:
Gigot-Suard et Armieux trouvent dans les bains de Cauterets une réaction galvanométrique de 3 à 4 degrés.
Des expériences de Lambron il résulte : 1° que les courants produits dans un bain persistent après le bain; 2° que la douche développe constamment des courants électriques ; 3° que la partie du corps frappée par la douche est électrisée négativement, tandis que les autres parties le sont positivement : qu’on peut changer le sens du courant à volonté en frappant telle ou telle partie du corps.
M. le professeur Garrigou a fait des études nombreuses sur l'électricité des eaux. Nous donnons quelques résultats obtenus sur les eaux sulfatées.
À Thil, avec son préparateur, M. Poisson, ils ont constaté que : les électrodes étant directement plongés dans l’eau, l’aiguille du galvanomètre oscille entre + 15° et — 5° sans jamais s'arrêter ; les oscillations sont continuelles. Après des expériences entreprises sous la direction de M. Mathias, M. Poisson conclut que les déviations obtenues sont dues à la dissymétrie des électrodes ou aux seules forces de la polarisation.
En 1894, M. Garrigou avait publié un travail sur l'électricité des eaux de Bagnères-de-Luchon et de Bagnéres-de-Bigorre, et dans ce travail il indiquait les résultats qu’il avait pu faire constater aux médecins de Bagnères-de-Bigorre, à savoir que la classification électrique des sources des Thermes correspondait d’une manière remarquable à la classification médicale comme eaux surexcitantes ou sédatives, c’est-a-dire que les eaux les plus électrisées correspondaient aux sources les plus excitantes, et les eaux les moins électrisées aux sources les moins excitantes, les plus sédatives étant celles dans lesquelles la déviation de l'aiguille était moindre.
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Il y a donc à tenir compte, dans l’administration des
, bains et des doriches, de l’état électrique de l’eau. Pour les bains encor, il faut tenir compte de la nature dela baignoire pour l'effet électrique à obtenir sur tel ou tel genre de malailie.
Lorsque l’on examine l’état magnéto-électrique du corps humain, on le trouve, ainsi que l’a montré M. le docteur Chazarain et ainsi que d’autres l’ont trouvé après lui, chargé de fluide électrique différent, suivant qu’on examine et qu’on étudie telle ou telle partie du corps. On peut, dès lors, se faire une idée de ce qui doit se passer dans un bain, lui-même chargé de fluides différents. Il se fera forcément une saturation réciproque des fluides ; mais si, finalement, le potentiel de l’un d’eux est supérieur à tous les autres, ce potentiel exercera son action sur le corps humain et, suivant l’état du système nerveux du sujet, produira par son accumulation un effet, soit excitant soit sédatif. Il est aisé de voir quels horizons nouveaux s’ouvrent pour les chercheurs, dans cette étude des courants entre eau, baïignoire et sujet. Il est également aisé de comprendre que, suivant que le courant ira du sujet à l’eau et à la baignoire ou de ceux-ci au sujet, ce dernier pourra ressentir tel ou tel avantage au point de vue de l’introduction dans le corps par les courants des substances en solution dans l’eau du bain.
L'existence d’un potentiel électrique dans les eaux minérales, surtout dans celles qui nous arrivent des profondeurs du sol avec température élevée étant un fait absolument acquis, il nous reste encore à traiter une question :
Qu'est cette électricité, d’où vient-elle ?
Nous savons que certaines substances chimiques (photographie) emmagasinent la lumière solaire ; d’autre part, les éléments des molécules sont doués de propriétés analogues à celles des corps électrisés. On peut considérer comme démontré que les ions métalliques
Se
dun sel ou les ions d’un métal sont accompagnés d’une certaine quantité d'électricité tenant à leur nature. On peut admettre que dans la profondeur de l’écorce terrestre les ions métalliques se chargent d’électricité des deux ordres, suivant leur rang. Les sels dissous par les eaux arrivent dynamisés et chargés de quantités déterminées de cette électricité dont le potentiel inabordable par la terre se manifeste par son action sur le galvanomètre,