ACTION DES EAUX SULFATÉES
L’eau a pour but, lorsque nous mettons le corps humain en contact avec elle, soit infus, soit extra, de rétablir les pertes de l’économie et de permettre à la nutrition cellulaire de s’effectuer dans les conditions exigées par la nature, en même temps qu’elle met les excrétions intra-cellulaires en mesure de s’opérer dans les conditions physiologiques. Si, au lieu de se contenter de remplacer dans l’économie l’eau perdue par les excréta, on luien fournit de plus grandes quantités, cette eau, qui doit forcément s’éliminer, activera d’abord dans l’économie la formation des déchets uréiques et salins et augmentera leur élimination. Par la pression exercée dans les vaisseaux, elle agira sur les filtres excréteurs et surtout sur les reins; ceux-ci se débarrasseront du liquide en excès et produiront, par son expulsion, un lavage plus intime des tissus. Tel est le résultat que l’on peut obtenir, non pas seulement sur la cellule normale, mais aussi dans les auto-intoxi-
cations des goutteux, des dermatiques, desrhumatisants. WiL'ead n’agit pas seulement par elle-même comme véhicule des déchets de l’économie; elle agit aussi par sa température, par son électricité, par tous ses principes physiques et ses composés chimiques.
Par sa température froide, elle agit comme tonique général de l’économie, lorsqu'on l’emploie extérieurement. À l’intérieur, elle appelle les sucs digestifs à la surface de l’estomac. Elle peut, dans ces conditions, exciter l’appétit et les fonctions digestives.
Sn Prise chaude, en boisson, surtout à la température “du corps, l’eau est rapidement absorbée et provoque les lavages en grand de l’économie. Elle provoque la sudation et la diurèse.
Le rôle du bain et celui de la vapeur à température élevée sont de tout autre ordre que celui de la boisson. Ces deux modes agissent d’abord en décapant la surface cutanée; par leur température, ils appellent le sang vers les parties externes et produisent des réactions én même temps que la diaphorèse.
A son tour, l'électricité prend sa part dans l’action si complexe des eaux minérales.
Les eaux sulfatées contiennent surtout du sulfate de soude, du sulfate de chaux, du sulfate de magnésie, du sulfate dé fers et; selon laquantité de ces divers sels, on peut distinguer divers types d’eaux sulfatées.
Les eaux sulfatées sodiques sont laxatives lorsqu’elles ne sont ingérées qu’à faible dose et deviennent purgatives si on les prend en quantité plus considérable.
Les eaux sulfatées calçiques et carboniques ont une action élective sur les voies urinaires et sur les voies biliaires, si elles sont athermales; thermales, elles ont une action principale sur l’élément rhumatismal. A part la diurèse, elles produisent une surexcitation des conduits urinaires, que ces eaux tonifient en leur imprimant des mouvements contractiles. Ces mouvements finissent parfois par chasser, à la suite de grandes douleurs, des graviers assez volumineux ou de petits calculs. Elles ont des effets analogues sur les conduits biliaires.
Les eaux sulfatées magnésiennes sont très nettement purgatives.
Les eaux sulfatées potassiques sont assez peu communes et leur action est peu connue.
__ À cause du sulfate de fer qu’elles contiennent souvent en assez grande quantité, ces eaux ont une action tonique et reconstituante.
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En absorbant quelques verres d’eau d’Ussat, qui est un type d’eau sulfatée calcique, on observe une surcharge très prompte de l’estomac et de l'intestin, qui finissent par réclamer l’emploi des vomitifs et des purgatifs.
Lorsque le sulfate de magnésie domine, une action franchement diurétique et purgative se manifeste. Le docteur Bouloumié résume ainsi leur action diurétique :
« Chez les sujets bien portants, astreints à un régime régulier avec alimentation réglée, au point de vue de la quantité et de la qualité, les urines ayant été examinées et analysées pendant plusieurs jours de suite, on constate une diurèse manifeste après ingestion de 450 à 600 c. c. d’eau, prise en trois doses de 150 à 200 c. c. Au-dessus de 600 à 700 c. c., pris en trois doses espacées d’un quart d’heure, la diurèse se produit. Dès qu’on arrive à des doses de 250 c. c. par verrées, elle se manifeste presque mathématiquement par une émission survenant après l’ingestion du troisième verre, suivie d'émissions successives se répétant à intervalles de quinze à vingt minutes pendant toute la matinée. Au cours de la boisson se produit habituellement une selle molle ou demi-liquide. L'effet diurétique se manifeste encore après le repas du matin. Rarement il se poursuit au-delà, et même dans l’après-midi, lorsqu'on fait prendre à intervalle de demi-heure deux à trois doses d’eau, 150 à 200 c. c., la diurèse ne s’accuse guère. L’urine est limpide, à peu prés incolore, de faible densité, mais au total la quantité de matériaux éliminés en vingt-quatre heures est supérieure à la normale. »
Au point de vue spécial de l’élimination de l'acide urique, M. Bouloumié a fait des recherches chimiques et micrographiques qui lui ont permis d’affirmer que la diminution définitive de la quantité fabriquée et excrétée, après une courte période d’exagération, était la conséquence de l’action des sulfates calcique et ma-
RES gnésien, ce qui a fait dire à Mallez que le résultat aïhsi obtenu était une véritable saignée d’acide urique.
Patezon, Lécorché, Rodet ont parfaitement confirmé ces résultats. Capvern et Aulus sont les eaux qui se rapportent le plus à cet ensemble de phénomènes physiologiques.
Les premiers jours du traitement par les eaux, on constate, dans quelques cas, une certaine excitation du cœur. Les malades se plaignent parfois de palpitations, de vertiges, de tintements d’oreille et d’un peu de lourdeur de tête; mais ce sont là des phénomènes de surexcitation du système vasculaire très fugitifs. Le calme, le bien-être ne tardent pas à les remplacer. Les malades qui, depuis plusieurs jours, sont soumis à Paction de ces eaux éprouvent encore de l’agitation la nuit, de l’insommie; d’autres sont tourmentés par des démangeaisons produites par quelques éruptions cutanées passagères et par une augmentation de caloricité.
I1 s’agit là de phénomènes que les observateurs ont convenu d’appeler poussé thermale ou fièvre thermale.
D’après les auteurs du Dictionnaire des eaux minérales, on doit entendre par poussée thermale une éruption accidentelle de la peau à manifestations variables ; elle s'accompagne parfois d’embarras gastrique avec fièvre, c’est la fièvre thermale.
Dans chaque station, les médecins ont observé des phénomènes analogues, avec des variations selon les stations ; chaque catégorie d’eau minérale réveille de préférence tel ou tel symptome : constipation, inappétence, diarrhée, fatigue, courbature, sécheresse de la peau, fièvre, attaque de goutte, évacuation sudorale, urinaire ou intestinale.
À ces phénomènes, fait suite ce que Bordeu appelait le remontement général de l’organisme. Le sang circule plus facilement, la nutrition se fait mieux, l’innervation est plus régulière, on se sent plus d’entrain et de force,
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les membres sont plus agiles, la locomotion est plus facile, on dort mieux, on est plus gai; c’est comme un rajeunissement de tout le système.
Sur l'appareil digestif, les eaux sulfatées employées contre les dyspepsies agissent surtout sur l’élément douleur ; elles rendent tolérants des estomacs tourmentés par des douleurs intenses, combattant surtout les troubles nerveux, tandis qu’on s’adresse aux eaux bicarbonatées pour modifier le chimisme gastrique.
Contre les entéro-colites et les dysenteries, elles agissent par leurs effets purgatifs.
Leur action excitante sur la fonction urinaire fait indiquer les eaux sulfatées dans tous les cas où cette fonction a besoin d’être rétablie ou excitée (albuminuries essentielles, maladies infectieuses, goutte, lithiase urinaire).
Les affections des organes génitaux de l’homme que l’on peut Soigner ‘aux eaux Sulfatées se résument dans les phénomènes douloureux de la blennorrhagie. Chez la femme, les eaux sulfatées agissent bien dans les cas d'aménorrhée liée à une nutrition languissante; elles agissent bien chez les malades nerveuses, dans les cas de métrite chez des arthritiques; dans toutes les stations, ce sont les eaux à température de 30° à 35° qui, plus sédatives, agissent plus favorablement. Les eaux qui ont la réputation de guérir la stérilité de la femme agissent en relevant l’organisme ou en modifiant une lucorrhée acide et, dans certains cas, en calmant un état de surexcitation nerveuse.
Les eaux sulfatées agissent sur l'appareil vasculaire en modifiant la valeur des globules rouges par le fer quand elles en contiennent. Les travaux de nombreux auteurs ont démontré que les affections cardiaques peuvent et doivent être soignées aux eaux thermales : le degré de l’artério-sclérose et de l’état du myocarde règleront les contre-indications. M. Garrigou a observé chez un malade qu’il avait envoyé à Dax, après plu-
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sieurs semaines de traitement par les bains de boue, ufe amélioration notable de l’état général et une diminution considérable des souffles cardiaques. MM. de Lagarde et Gandy à Bagnères-de-Bigorre, M. Labatut à Dax, ont observé des résultats analogues.
Les névroses, l’hystérie, la chorée réclament des eaux sédatives ; il faut en même temps relever les forces. Dans presque toutes les stations sulfatées, on peut obtenir des effets de sédation sur le système nerveux. Et parmi les eaux comparées d’une station à l’autre ou dans une même station, il faut distinguer au point de vue de l’action sédative. C’est ainsi qu'à Bagnères-de- Bigorre et Rennes-les-Bains les eaux qui se donnent en bains et en douches sont classées, d’après leur action sur le système nerveux, en sédatives, intermédiaires et excitantes. Ces propriétés, sédation et excitation, semblent inexplicables de la part de sources ayant toutes la même composition chimique à peu de chose près. Il est à remarquer que les sources excitantes sont précisément les plus chaudes, les sources sédatives les plus froides.
Fühol, dans les eaux de Bagnères, avait remarqué que les plus excitantes contenaient le plus de fer. Mais, d’après les analyses de Willm, on peut se rendre compte que l'opinion de M. Filhol ne peut pas être admise. La chimie a obligé aussi à rejeter l’opinion de M. Ferras, qui voyait une liaison entre l’action sédative et la richesse de l’eau en azote.
M. le professeur Garrigou, étudiant l’électricité des eaux minérales, a trouvé, notamment à Bagnères-de- Bigorre, que, si on classait les eaux par l'intensité du déplacement imprimé à l'aiguille du galvanomètre interposé sur le trajet du fii réunissant les deux électrodes plongées dans l’eau, cette classification correspondait à la classification physiologique : sédatives, intermédiaires, excitantes; les eaux contenant le plus d’électricité étant les plus excitantes.
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Les affections de l'appareil respiratoire relèvent surtout des stations sulfurées; néanmoins, par les sulfures que contiennent certaines sources, en même temps que par leur arsenic, elles agissent sur les bronchites chroniques, sur les affections du nez et de la gorge; enfin certaines stations sulfatées, par leur climat doux, calme, chaud, sont un lieu de séjour très favorable aux tuberculeux; les eaux sulfatées agissent aussi chez ceux-ci par leur arsenic.
Le traitement de l’anémie relève de la médication ferrugineuse; mais il est des cas où cette médication échoue. La connaissance des méthodes métalloscopiques, des pratiques qu’on désigne sous le nom de Burquisme donne l'explication de ces insuccès. En effet, chez les anémiques nerveux, sensibles à tel ou tel métal autre que le fer, c’est ce métal qui agira pour le remontement général de l’économie,là où le fer aura échoué. Aussi la recherche de la sensibilité aux divers métaux, comme l’a pratiquée M. le professeur Garrigou en appliquant les principes de Burq, serait-elle un puissant adjuvant dans le choix de la station minérale utile à l’anémique.
Parmi les maladies infectieuses, nous trouvons d’abord la classe des rhumatisants nerveux qui doivent surtout être dirigés sur les stations sulfatées ; de même, les malades sanguins qui aux eaux sulfurées seraient exposés à des congestions dangereuses.
On peut encore mieux agir en ajoutant à l’action des eaux sulfatées, celles des boues médicinales de certaines de ces stations.
De zombreuses sources ont la réputation de guérir la syphilis; les accidents primitifs ne sont jamais guéris par les eaux minéralès, les accidents tertiaires y trouvent un grand bénéfice, mais elles s'adressent surtout aux accidents secondaires. Les résultats sont expliqués par l’analyse, la source des Trois-Césars d’Aulus, qui a la plus brillante renommée dans le traitement de
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cette affection, a été analysée par M. Garrigou qui y a découvert des éléments qui ont une action antisyphilitique, mercure, brome, sulfites et hyposulfites.
Chez les paludéens, les malades ayantune grosse rate, sujets ayant séjourné aux colonies, la série des eaux purgatives agit très favorablement ; pour les uns, ces eaux agissent par leur arsenic ; pour d’autres, par leurs propriétés reconstituantes.
Dans les affections de la peau, manifestations de l’arthritisme on peut employer les eaux sulfatées (eczéma, lichen, psoriasis, pythiriasis, prurigo, acné); elles agissent encore quand les dermatites sont liées à des troubles nerveux.
Les inflammations articulaires ou péri-articulaires consécutives à une entorse ou une luxation, les atrophies musculaires liées à ces mêmes affections ou à une fracture sont bien modifiées par les bains et douches aux eaux sulfatées et encoré mieux par les bains de boues.
On s’explique facilement les divers effets des eaux prises en boisson par la composition chimique; la présence de certains éléments expliquait tels ou tels effets. Mais les résultats si remarquables parles eaux administrées en bains ont reçu des interprétations diverses et toujours hypothétiques.
On s’est demandé si le corps trempé dans l’eau n’était pas imbibé par elle, en somme si la peau ne se laissait pas traverser par l’eau et les éléments qu’elle contient.
Dès 1814, Seguin avait fait un certain nombre d’expériences qui lui démontraient que la peau n’absorbait pas, à moins qu’on ne l’ait nettoyée et lavée. Et c’est sur l'emploi ou non de ce nettoyage qu'ont résidé toutes les différences d'appréciation des experimentateurs modernes, et tous les désaccords qui ont régné ou qui règnent encore entre eux.
Magendie, en 1829, montrait que l’épiderme est un obstacle direct et naturel à l'absorption cutanée. Chaus-
A pe sier, Lebkuchner, Nysten, Maden arrivent à la conclusion que la peau absorbe les gaz.
En 1847, Eberhard retrouve le mercure dans le corps muqueux de Malpighi, après des frictions à la pommade mercurielle. Stass, expérimentantsur lui-même, trouva l’iode dans les urines après s’être badigeonné pendant quatre jours de suite toute la face antérieure du thorax. Il en conclut que l’absorption s’était effectuée après la destruction de l’épiderme.
Nous ne pouvons pas énumérer toutes les expériences ayant trait à cette question. M. du Mesnil, dans un important mémoire, arrive aux conclusions suivantes : Les solutions aqueuses pulvérisées, même à une haute température, ne sontabsorbées que sila peauest soumise a une macération ou à unesurchauffe. Lorsque la couche cornée et les couches sous-jacentes sont suffisamment ramollies et imbibées, la peau absorbe les substances en solution dans l’eau. Elle peut, dans quelques cas, absorberles substances incorporées dans certaines pommades, par de simples onctions. Elle absorbe ces mêmes substances à la suite de frictions énergiques.
De toutes ces expériences, on peut conclure que si le corps plongé dans un bain n’absorbe pas d’une façon bien sensible les substances qu1 y sont dissoutes il peut cependant en absorber des quantités minimes lorsqu’a la suite de frictions, de massages ou de bains prolongés et chauds, l’épiderme a subi le décapage indispensable pour permettre le passage de ces substances.
De nombreuses expériences sont venues prouver que la pénétration de certaines substances dans l’économie est puissamment aidée, si à la balnéation s'ajoute l’électricité:
On a donné le nom de diélectrolyse à l’osmose par l’aide d’un courant électrique; la substance transportée sera d’abord décomposée et suivant que l’on fait agir tel ou tel pôle, c’est l’un ou l’autre des éléments de la substance décomposée qui pérètre dans l’économie.
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Pivati, Bianchi, Richardson, Remath, Broudel, Lau- “rent ont successivement fait des expériences dans ce sens, Edison annonçait que le courant allant de l’eau d’un bain chargé de lithine au malade, avec une intensité de 4 milliampères, facilitait le passage de la lithine a travers la peau de l’homme. Il disait de plus que par ce moyen, il avait guéri de nombreux goutteux et fait disparaître bon nombre de tophi. Aubert étudie le passage des alcaloïdes. Des expériences de Labatut, Jourdanet, Portes, il résulte que le courant continu est le mode électrique le plus favorable pour la pénétration des substances dans l’économie.
Nous voyons donc que dans un bain l'organisme sera soumis à plusieurs facteurs : à la température, à l'électricité, à la composition chimique de l’eau. En somme, les eaux minérales sont des solutions animées, très actives, des métaux les plus divers.
M. Durand Fardel compare les eaux minérales, élément d'actions thérapeutiques, à l'alimentation, élément des fonctions digestives. L’essentialité des effets thérapeutiques qui caractérisent les eaux est due à l’union intime, indissoluble des différents. éléments chimiques, secondaires ou même inertes, et de l’élément chimique dominant. Ce qui se passe dans l’eau minérale, matière médicamenteuse, se passe dans l’aliment, matière de nutrition.
Nous n’arrivons pas à une alimentation effective avec de l’albumine seule, de la fibrine, de la fécule, de la graisse. Il faut qu’à ces principes s'ajoutent des principes accessoires, sans rôle apparent, si nous voulons nous nourrir, si nous voulons vivre. Malgré les contradictions qu’elle a soulevées, cette thèsetend à remplacer l’inexpliqué, le mystérieux, le quid divinum du mode d'action des eaux minérales, par des actes et des phénomènes de physiologie pure.
Outre l’action physiologique des eaux, nous devons étudier celle des boues minérales. L'action physiolo-
CN OMEE gique de ces boues dépend de leur température et de leur minéralisation.
Plongé dans un bain de boue, le malade éprouve un sentiment de vive oppression qu’explique la densité du milieu. Le premier effet immédiat sur la peau est un sentiment de vive chaleur accompagné de sensation de cuisson, qui disparaît par le fait de l'habitude. La peau est rouge, la circulation active, la sécrétion sudorale augmentée. Les douleurs névralgiques augmentent d'intensité puis s’émoussent et disparaissent.
L'épiderme est soumis à un décapage des plus sérieux, surtout si les applications de boues sont accompagnées de frictions et il peut alors être en état d’absorber certaines substances minérales dissoutes dans Le bain.
La circulation étant accélérée, la vitalité des tissus est augmentée et leur atonie combattue.
Ces mêmes boues peuvent être employées en applications locales; elles produisent une douce chaleur, agréable même au point d'application, mais la rougeur ne tarde pas à apparaître et s'accompagne ordinairement de fourmillements plus ou moins marqués. Vers la dixième minute après le commencement de l’application, la chaleur s’étend sur tout le corps et la sueur ne tarde pas à perler sur les tempes et le front et à devenir générale.
On a longtemps prétendu que les boues, en applications locales, devaient leur efficacité a la thermalité seule ; maïs si la chaleur, dont l’action est sans doute prépondérante agissait seule, pourquoi n’obtiendrait-on pas les mêmes effets avec des cataplasmes faits avec une terre ordinaire et maintenus à une haute température. Nous savons que les boues végéto-minérales ont sous l'influence des algues thermales, une vitalité propre.
Ces hydrophytes s'emparent d'une partie de l'acide carbonique des sels contenus dans l’eau minérale; les bicarbonates passent à l’état de carbonates insolubles
et sont précipités: les sulfates sont décomposés à leur tour ; leurs sels dérivés s'emparent du fer et forment un sulfure donnant à la boue sa couleur noirâtre et son odeur sui generis. Ces divers actes de biologie ne sauraient évoluer et passer inaperçus pour l'organisme mis en contact avec tel ou tel agent. Les phénomènes chimiques et électriques provoqués par la présence des conferves doiventtrès probablementjouerun rôleimportant dans les effets thérapeutiques.
INDIGATIONS DES PRINGIPALES STATIONS SULFATÉES
Cambo. — Au moyen-âge, les Basques descendaient de leurs montagnes, le jour de la Saint-Jean, pouraller boire l’eau merveilleuse de Cambo et puiser dans cette source l’immunité qui durant toute l’année devait les mettre à l’abri de toute maladie.
Petit à petit, la renommée de ces eaux s’étendit et elles furent visitées par des personnages de marque. Depuis Napoléon I* qui avait résolu d’y fonder un hôpital militaire, projet qui ne put être exécuté, la vogue de Cambo grandit sans cesse.
Grâce à la source ferrugineuse, dont l’eau très légère est très bien tolérée et peut être bue aux repas dans du vin, les anémiques, les chlorotiques à troubles nerveux y séjournent avec fruit.
L’eau sulfurée sulfatée, bue à la dose de 2 à 6 verres chaque matin, produit une légère excitation, la diurèse, de légers effets purgatifs. Elle s'adresse aussi aux coliques néphrétiques, gravelle, congestion du foie, lithiase biliaire. Elle calme les douleurs del’estomacets’'adresse à la gastralgie, à l’hyperchlorhydrie. L’eau sulfurée et l’eau ferrugineuse employées simultanément, permettent d'entreprendre la cure de la dyspepsie atonique, du lymphatisme, des fièvres intermittentes.
En bains, l’eau sulfurée sulfatée sera utilisée chezles névropathes, chez les femmes atteintes de génitalités, chez les sujets porteurs d’affections de la peau, chez les rhumatisants.
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En inhalations, pulvérisations, gargarismes, boisson, elle s’adresse aux affections des voies respiratoires ; angine, pharyngite, laryngite, bronchite, asthme, emphysème. Les neurasthéniques, les sujets surexcitables tireront un grand bénéfice du climat. Ce climat, en effet, par sa douceur, par sa constance, par la pureté de l’air, joints au calme et à la beauté dusite, est un facteur de grande importance. Aussi les tuberculeux, au début, trouvent de très grands bénéfices à y séjourner, auxquels s'ajoutent encore les ressources de l’eau à sulfuration légère. Etant donnée la douceur de l'hiver, les malades peuvent y aller toute l’année.
Bagnères-de-Bigorre. La ville de Bagnères présente toutes les ressources désirables pour un séjour prolongé et, malgré son calme, elle constitue une station fort brillante.
Parmi les sources nombreuses, les unes sont très excitantes (Reine, Salies, Dauphin), d’autres moyennement excitantes (Foulon), les autres calmantes (Salut, Saint-Barthélémy, les Yeux).
Les premières s’adressentauxanémiques,aux malades déprimés ; la source de Salies a la propriété de guérir les plaies; les Anciens lui attribuaient la propriété de guérir la syphilis.
La source du Foulon réussit très bien dans le rhumatisme viscéral, elle le fait disparaître d’une manière durable et presque certaine.
La source de Salut est spécialement réservée aux neurasthéniques et aux affections de l’appareil génital de la femme.
À la buvette, les goutteux, les calculeux font une Cure AVéCSUCCes:
Plusieurs sources, au nombre desquelles celle de Salies, sont employées pour le traitement des affections catarrhales de l'arbre respiratoire.
Les diverses formes de la neurasthénie, les accidents
De DORE
douloureux de l’hystérie, la chorée, la migraine, la maladie de Basedow, toutes les névralgies simples, l’ataxie locomotrice à ses débuts, certaines hémiplégies, les formes nerveuses de l’arthritisme, sciatiques, névralgies, viscéralgies, entéralgie rhumatismale, tous les troubles nerveux qui accompagnent les maladies des femmes, en résumé, les névropathes simples et arthritiques, relèvent de Bagnères-de-Bigorre.
Le lymphatisme, les affections des voies respiratoires, les formes simples de la tuberculose, les affections catarrhales du larynx et des bronches sont traités par l’eau de Labassère.
La présence notable de l’arsenic dans les eaux sulfatées, l'emploi de l’eau de Labassère, la douceur du climat sont autant de facteurs qui s’ajoutent pour rendre cette station favorable aux phtisiques qui peuvent y passer l’hiver.
Pour les affections de l’arbre aérien, existent des appareils de humage, pulvérisations, douches. Les eaux les plus calmantes ont, d’après de nombreuses observations, notamment d’après celles de M. Gandy, une action résolutive réelle sur les affections organiques et valvulaires du cœur. On note de nombreux succès dans le traitement des affections cutanées, lichen, psoriasis, eczéma, succès qu’explique l’arsenic de ces eaux et accrus par l’emploi des bains prolongés.
Les maladies de la peau, les rhumatismes, les accidents goutteux sont, suivant le tempérament des sujets,
traités à des eaux excitantes fortes, moyennes ou faibles.
Capvern. — À l'extrémité sud-ouest de l’aride plateau de Lannemezan, s'élève Capvern, derrière un rideau de grands chênes. Les sources naissent à quelque distance du village, la Hount-Caoude, dans un vallon très boisé, où se sont élevés des hôtels etle magnifique établissement thermal, le Bouridé, à deux kilomètres
de là, dans une gorge très pittoresque. Le site est très Calme, très frais; l’air très pur; le malade trouvera beaucoup de quiétude durant son séjour, qui aura lieu, de préférence, de juin à septembre. L'eau de la Hount- Caoude donne des résultats dans les dyspepsies liées à lPatonie des organes digestifs ou à l’anémie.
On emploie simultanément l’eau en douches, bains et boisson.
Les congestions chroniques du foie, les calculs biliaires, les coliques hépatiques subissent une amélioration notable sous l'influence des eaux de Capvern employées en bains et surtout en boisson.
L’élimination de l’acide urique, puissamment activée par ces eaux, les fait indiquer dans les cas de lithiase urinaire, calculs et goutte à la dose de 4 à 6 verres le matin. |
Les affections catarrhales de la vessie, de la prostate, de l’urèthre sont heureusement modifiées par ces eaux, surtout par celles du Bouridé qui sont plus calmantes.
Les diabétiques y sont traités avec succès.
Les dysménorrhées, métrorrhagies, métrites chroniques, stérilité relèvent surtout des eaux calmantes du Bouridé; ces eaux s’adressent aussi aux névroses, hystérie, chorée et aux névralgies.
C’est surtout dans la goutte que les eaux de Capvern sont précieuses. On a dit à ce propos que Capvern, était le Vichy du Midi; ceci est inexact, Capvern est le Vittel 'ouile Contrexeville du Midi, car ces. deux eaux sont celles qui se rapprochent le plus du groupe que nous étudions dans les Pyrénées.
Labarthe-de-Neste. — L'eau de cette petite station, employée en boisson à la dose de 2 à 6 verrées par jour, excite l'appétit et combat la constipation. Elle s'adresse aux cas de dyspepsies, aux troubles digestifs des anémiques,
Employée en bains, elle est très calmante et employée avec succès chez les sujets surexcitables.
Labarthe-de-Rivière. — [La station est des plus modestes; les deux établissements, dont un très important, sont situés à l'extrémité Est du village de Labarthe, qui par lui-même est assez coquet. Le séjour est calme et très tranquille. Les eaux sont très légèrement purgatives et s'adressent aux troubles dyspeptiques des anémiques et des névrosés. Les malades qui y séjournent sont plus particulièrement des névropathes.
Encausse. — La station d’Encausse, qui va de nouveau être exploitée activement, a eu, à l’époque du docteur Dargut, son heure de succès et de notoriété. L'eau employée en boisson excite l'appétit, est laxative et facilite la digestion ; elle s'adresse aux dyspeptiques, aux diarrhées chroniques, principalement aux
entérites des pays chauds. Ces eaux décongestionnent:
le foie, sont diurétiques et employées dans la gravelle et dans la goutte.
Elles agissent très bien contre le rhumatisme, contre les ankyloses et les vieilles plaies.
Leur action fébrifuge est utilisée avec succès dans les fièvres intermittentes. De tout temps, ces eaux modifient très heureusement les dermatoses des arthritiques.
Leur action la plus remarquable est celle qui s’exerce sur le système nerveux ; les hystériques, les femmes névrosées qui ne sauraient supporter des eaux plus spéciales et plusactives, les femmes atteintes de métrite chronique et d’autres inflammations génitales accompagnées de troubles nerveux ont tout bénéfice à employer les eaux d’'Encausse en bains et en douches.
Barbazan. — Les malades qui habitent soit à la station, soit à Barbazan ou à Loures, setrouvent dans un site des plus riants et des plus calmes.
Le climat, très doux, permetle séjour dès les premiers Jours du printemps.
L'eau est employée en boisson à la dose de deux à huit verrées le matin, dans les affections gastro-intestinales, dans les cas de dyspepsie nerveuse, de troubles digestifs des chlorotiques ; elle a des effets nettement purgatifs. Elle est très diurétique etutilisée dans les cas de goutte. Elle a une action excessivement active chez les malades atteints de paludisme, de congestion du foie et de la rate, d’affections intestinales des pays chauds.
Employée en bains, elle calme les accidents congestifs des goutteux et des rhumatisants sanguins et nerveux.
Siradan. -- À l'entrée de la vallée de la Barousse, l'établissement est situé dans un site pittoresque et charmant. On y trouve le confortable des grandes stations. Les anémiques, les chlorotiques ont à faire un petit trajet à travers des prairies ombragées sur le versant du Mayrouth pour aller boire à la source de l’eau du Pré ou du Chemin. Ces eaux sont très bien tolérées et très reconstituantes. La source du Lac est employée en boisson à la dose de quatre à dix et même douze verres et est très bien digérée ; elle s'adresse aux dyspeptiques, à la constipation des arthritiques, aux accidents provoqués par les hémorrhoïdes ; aux cas de lithiase urinaire, à la goutte, aux congestions du foie, à la lithiase biliaire, au catarrhe vésical.
Émployée en bains, elle s'adresse aux rhumatisants nerveux, aux rhumatisants trop excités par les eaux de Luchon, aux accidents survenus chez des goutteux ou des rhumatisants pléthoriques.
Ces eaux s'adressent aux sujets nerveux, aux femmes atteintes d’affections génito-urinaires. Comme les eaux de Capvern ou de Bagnères-de-Bigorre, les eaux de Siradan ont la réputation de guérir la stérilité. On
les emploie avec succès chez les leucorrhéiques, les
dysménorrhéiques, dans toutes les affections inflamma-
toires douloureuses de l'utérus, des trompes, desovaires.
Audinac. — Appelé le petit Vichy de l'Ariège, Audinac est dans un site très ombragé et très calme, où le séjour est des plus tranquilles. La source Louise est employée en boisson dans le traitement de la chlorose et des affections du tube digestif : dyspepsie, constipation, congestion du foie. D’après les docteurs Sentein et Castillon, cette eau agit dans le cas de vomissements aussi bien que la potion de Rivière.
On l’emploie dans la lithiase urinaire chez les goutteux et les diabétiques. Elle a beaucoup d'efficacité contre les fièvres intermittentes.
Les troubles nerveux de la ménopause, l’hystérie, les diverses manifestations de nervosisme, les migraines s’amendent par l’emploi de ces eaux en bains.
Aulus. — À Aulus, les eaux sont employées en boisson à des doses considérables sans autre inconvénient qu’an peu de diarrhée ; elles sont très bien tolérées ; aussi les use-t-on chez les dyspeptiques, chez les constipés, dans les cas de colique de plomb, de congestion hépatique, de lithiase urinaire et de goutte.
En bains et en douches, elles donnent d’excellents résultats chez les rhumatisants, dans les cas de névralgies ou névrites, chez les malades porteurs de dermatoses. Borde-Pagès rapporte de nombreux cas de guérison de dartres ulcéreuses, scrofuleuses, sèches, humides, lichenoïfdes, papuleuses, squameuses ou pelliculeuses, avec ou sans prurit.
On connaît leur réputation bien justifiée dans les cas de syphilis secondaire, leur action favorable dans la syphilis tertiaire. Borde-Pagès a vu des douleurs ostéocopes cesser, des adénites diminuer, des tumeurs gommeuses se cicatriser, des ulcères se dessécher, des
écoulements tarir ; enfin, des malades pales, délabrés, 4 Les 152 À ; . \ fa . 9 énervés parles traitements spécifiques, reprendre bientôt leur force et leur vigueur.
Ussat. — C’est la station pyrénéenne par excellence, des dames. Les modes et les habitudes du jour l’ont faite abandonner parce qu’elle est trop calme et trop monotone et la cause de ce reproche est justement une qualité puisque la catégorie de malades à qui elle s'adresse ont besoin de repos, d'isolement, de quiétude.
On peut employer l’eau en boisson chez les dyspeptiques, les gravelleux, les goutteux, etc., mais c’est surtout en bains et en douches que ces eaux sont utilisées: les bains sont à eau courante.
Les affections nerveuses: hystérie, chorée, guérissent presque à coup sûr à Ussat ; de même que les névralgies les plus diverses.
C’est dans les affections de l’utérus et de ses annexes que les eaux d’Ussat sont utilisées avec le plus de succès. Les métrites, périmétrites, salpingites, ovarites, voient d’abord disparaître les symptômes douloureux, puis, peu à peu, les inflammations s’atténuent, se calment, se résolvent.
Aux bains on adjoint les douches vaginales ou bien le spéculum de bain.
Ginolles. — Dans cette petite station, l’eau est d’une abondance extrême ; elle est très bien tolérée en boisson et rend de grands services dans les cas de dyspepsie, d’entérites ; elle excite l’appétit, est tonique et, par Suite, s'adresse aux anémiques. On l’emploie comme l’eau de Capvern dans les maladies des voies urinaires (lithiase, néphrites), dans la goutte et le diabète.
En bains, elle convient aux névropathes.
Campagne. — Petite station trop peu connue, dont l’eau prise en boisson a des effets remarquables sur les affections du foie et les inflammations catarrhales du tube digestif. D’après Frejacques, elle a donné de nombreux succès dans le traitement des fièvres intermittentes.
En boisson et en bains, elle s'adresse aux affections utérines : elle a plus particulièrement des effets merveilleux chez les chlorotiques aménorrhéiques et dysménorrhéiques.
Rennes-les-Bains. — Station très calme, mais offrant beaucoup de ressources. Les nombreuses sources ferrugineuses permettent d’y soigner les anémiques, les chlorotiques, les débilités.
Parmi les eaux sulfatées, nous trouvons une gradation au point de vue des phénomènes d’excitation.
Les bains doux s'adressent aux névralgies, névrites, sciatiques, affections utérines douloureuses et en même temps au rhumatisme aigu.
Les bains de la Reine sont employés chez les rhumatisants, chez les goutteux ; on cite des cas d’amélioration de tumeurs blanchès 7 11ls's’adressent'encoretdue affections des organes génitaux de la femme.
Les bains forts sont réservés pour les paralysies, les ankyloses ; on les emploie dans toutes les manifestations de la scrofule et du lymphatisme.
‘Foncirgue. — Le site est assez pittoresque, mais l'établissement est des plus primitifs ; l’eau employée en bains a des effets très calmants et s'adresse aux sujets surexcités. C’est surtout en boisson que l’eau de Foncirgue est employée et son emploi mériterait de prendre une grande extension. Elle est très précieuse pour tous les cas où il faut opérer un grand lavage de économie: lithiase biliaire, néphrites, goutte, lithiase urinaire, etc. Très légère et très facilement digérée, en
même temps qu’agréable à boire, elle donne de nom-
reux succès dans les affections du tube digestif. Ses qualités sont très connues dans le pays et notre frère l’a vue, dans la clientèle de M. le docteur Lafitte, de Chalabre, agir merveilleusement sur des malades atteints de gastro-entérite. Le lait coupé avec de l’eau de Foncirgue est toujours très bien digéré.
Dax. — Dax est, sans contredit, la station sulfatée qui offre le plus de ressources thérapeutiques. Dans cette station, en effet, on trouve un climat des plus doux, des eaux sulfatées chaudes, des boues végétominérales, un gisement de sel gemme, des eaux salines, les eaux sulfureuses de Gamarde et de Tercis, qui y sont transportées,
Le climat sédatif, est très utile pour les phtisiques à manifestation éréthiques et en général pour tous les névropathes ; grâce à ce climat, on peut faire tous les traitements pendant l’hiver.
Pesseaux Sulfureusestde/Gamarde etrde#lercis en boisson et pulvérisation, permettent de soigner les affections des voies respiratoires, et certaines affections des voies digestives (angines, pharyngites, gastrites). Les eaux salines et les dépots de sel gemme permettent de faire des bains chlorurés très utiles chez les lymphatiques, chez les scrofuleux, les chlorotiques, les porteurs d’ostéites, chez les femmes atteintes d’affections des organes génitaux.
Les eaux sulfatées sont ordonnées en boisson aux dyspeptiques, aux constipés, aux malades atteints de lithiase urinaire, de catarrhe vésical, de congestion hépatique, de goutte. En bains, on les emploie chez les rhumatisants, chez les goutteux, dans les affections utérines, dans les dermatoses d’origine arthritique, chez les névropathes, dans les affections médullaires, en particulier, l’ataxie locomotrice ; dans les névralgies et
névrites. Ces eaux, ont des effets sédatifs et résolutifs,
un grand nombre d’arthrites, hydarthroses, tumeurs blanches, entorses, aukyloses, rétractions tendineuses, rhumatisme musculaire, etc. Et dans toutes ces affections, l’action est encore plus efficace si on emploie les bains de boues végéto-minérales ; par les boues, on traite les dermatoses, les déformations articulaires, des ankyloses, des accidents rhumatismaux qui avaient résisté au seul emploi des eaux. On leur adresse aussi les malades atteints de paralysies, d’atrophies musculaires. On les emploie avec succès chez les cardiaques. Dans les cas où les bains de boues produisent des phénomènes congestifs très marqués, on utilise les applications locales.
Préchacq. — La station offre comme à Dax, de nombreuses ressources. Le climat est tiède, sédatif, l’hiver y est très doux.
Une source sulfureuse froide, permet le traitement des affections respiratoires et autorise le séjour des phtisiques.
Les eaux sulfatées chaudes, sont employées chez les dyspeptiques, les anémiques, les gravelleux, les goutteux.
Les bains d’eaux sulfatées, s'adressent aux rhumatisants, aux goutteux, aux femmes atteintes d’affections génitales, aux névrosés, aux choréiques, aux tabétiques, aux dermatoses.
L'emploi des boues a les mêmes indications qu’à Dax, et comme dans cette station, on peut faire supporter à des cardiaques des bains de boues à haute température et obtenir ainsi des effets résolutifs internes. On y utilise,.de même, les applications locales de boues.
Barbotan. — Dans cette station, l'établissement bien aménagé permet d’utiliser les eaux très abondantes et les boues, comme aux stations de Dax et de Préchacq. Les indications sont à peu près les mêmes.
07e = L’eau en boisson à la dose de 4 à 8 verrées par matin, est employée chez les anémiques, les dyspeptiques, les constipés, les gravelleux, les goutteux ; dans les cas de congestion hépatique, de lithiase biliaire, etc.
En bains et en douches, l’eau s'emploie chez les rhumatisants, les goutteux, les nerveux; elle a une action très marquée sur les névralgies, les affections génitales de la femme, le rhumatisme musculaire, les dermatoses.
Les bains de boues sont employés chez les rhumatisants, les goutteux, les sujets porteurs d’ankyloses, rétractions musculaires et tendineuses, ulcères, vieilles plaies, dermatoses rebelles, etc.,et chezles cardiaques.
Thil. — Les eaux de la source supérieure sont laxativestet diurétiques selles :excitent l'appétit et sont employées dans les cas de dyspepsies, de constipations, d’inflammations catarrhales du tube digestif.
La source inférieure est très reconstituante et ordonnée aux anémiques, aux chlorotiques, aux débilités.
Dans 'anitravailtrécent sur liés eaux de #lhil Merle professeur Garrigou cite plusieurs cas de guérison, par l’emploie de ces eaux, chez des dyspeptiques, des gravelleux,; dans certaines affections pulmonaires, dans des affections ulcéreuses, des vomissements de la grossesse, et donne l'observation d’un cas de guérison d’intolérance gastrique absolue.
Les eaux sulfatées sont répandues dans tous les points de la chaîne pyrénéenne et même du bassin sous-pyrénéen.
Elles jaillissent à des altitudes faibles ou moyennes, rarement élevées ; on en trouve dans presque tous les terrains, depuis les terrains de transition jusqu'aux terrains tertiaires. Néanmoins elles sont en rapport constant avec des pointements triasiques situés à une plus ou moins grande distance du lieu de leur émergence. Les stations où on les exploite sont généralement situées à l’entrée des vallées, tandis que les eaux sulfurées se cantonnent plus profondément. Le climat est doux , dans beaucoup de stations sulfatées, le séjour est possible pendant une grande partie de l’année et, dans quelques-unes, même en hiver.
D'après leur composition chimique, on peut les distinguer en sulfatées : sodiques, calciques, magnésiennes et ferrugineuses. L'analyse de la source des Trois- Césars, à Aulus, déjà ancienne, a montré la grande variété de métaux trouvés dans ces eaux; l’exposition des analyses d’après la méthode des sels dissociés a fait la lumière sur l’action physiologique des eaux minérales. Elle aide surtout à comprendre la richesse
électrique des eaux. En physiologie et en thérapeu-
tique, on explique les effets obtenus par la médication
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