‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 11 sur 397 · Ibid. Bilans, cart. 24 et · texte numérisé non relu

Ibid. Bilans, cart. 24 et

cès dans la même rue de Cléry, n° 124 1 ; il y demeurait encore, âgé de soixante-treize ans, au printemps de 1796 2.

Ce maître signait IAVISSE sans point séparatif entre l’initiale du prénom et le nom patronymique, de sorte que ses travaux sont fréquemment attribués à un prétendu Lavissc. On lui doit surtout de beaux sièges Louis XV, remarquables par la noblesse de leur dessin et leur sobre élégance. Le comte A. Doria possède à Paris un salon de ce genre, composé de douze pièces qui garnissaient naguère le château d’Orrouy, près de Crépy-en-Valois. Notre planche II donne la reproduction d’une chaise provenant de cet ensemble. Un mobilier analogue est conservé depuis le xvme siècle dans la famille du marquis Lagergren au château de Tyresô en Suède. La collection de M. Émile Straus renferme un gracieux lit de repos en deux parties, orné comme les pièces précédentes de simples moulures accentuant le rythme harmonieux de ses lignes souples et nerveuses. Mais Jean Avisse a laissé aussi des meubles richement ouvragés par des sculpteurs de talent tels que J. F. Baillard, Claude Vinache, et Pierre Rousseau, établis tous trois rue de Cléry 3. On peut citer en exemple un bois de bergère à décorde séquins faisant partie de notre Mobilier national4 5, un fauteuil à fleurettes exposé au musée des Arts décoratifs et un joli siège sculpté de rocailles qui appartient àM. le duc de Trévise.

AVRIL (Étienne), né en 1748, mort à Paris le 24 juin 1791 \ On l’appelait Avril l'aîné 6 pour le distinguer de son frère Pierre, également ébéniste. Ayant passé maître le 23 novembre 1774 7, il acquit une place honorable parmi les artistes industriels du temps de Louis XVI et mérita de travailler pour l’ameublement de la Reine au château de Saint-Cloud. D’après les documents de lepoque, il faisait « quantité de commodes, consoles, bibliothèques, secrétaires et chiffonniers en acajou et bois des Indes », outre les meubles de fantaisie comme des tables de chevet fermant à coulisse en dos de livres8. — Pendant la majeure partie de sa carrière, Étienne Avril demeura rue de Charenton, au coin de la rue Moreau, puis, vers 1788, céda cet atelier à son frère pour exploiter d’importants magasins sur le boulevard de la Porte Saint- Antoine. Il mourut peu après, encore dans la force de l’âge. Ses marchandises furent dispersées aux enchères dans trois ventes qui durèrent chacune plusieurs jours 9.

L’œuvre la plus connue sur laquelle figure sa marque E. AVRIL est une petite armoire en acajou provenant du mobilier de Marie-Antoinette et actuellement conservée au palais de Fontainebleau (pl. II). Malgré une certaine froideur, ce meuble doit beaucoup de charme à la finesse de son ébénisterie, la légèreté de ses bronzes et la grâce fragile des médaillons en biscuit de Sèvres qui égayent sa façade. L’Exposition de l’Union centrale des Arts décoratifs en 1882

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