GILLES JOUBERT
Encoignure en bois de placage, exécutée en 17^ pour le cabinet des Médailles du Roi.
(. Bibliothèque nationale).
JOSEPH BAUMHAUER, dit JOSEPH.
Commode Louis XV en laque noire de style chinois (South Kensington Muséum).
exécuta de très riches ouvrages destinés au Petit Trianon, que Louis XV venait de faire bâtir en l’honneur de Mme du Barry1. Il fut chargé aussi de compléter l’installation du château de Saint-Hubert, où le Roi logeait avec la cour pendant ses déplacements de chasse en forêt de Rambouillet2. Mesdames de France continuaient à lui demander de magnifiques commodes, tantôt en laque noire, tantôt en marqueterie ombrée à décor de fleurs, attributs et motifs d’architecture 3. Pour la Dauphine et la comtesse de Provence, Joubert créa également des meubles précieux que les Tablettes de Renommée signalaient dans leur édition de 1772. L’un des plus admirables, qui vint orner la chambre de Marie-Antoinette dans le château de Versailles, était une commode en mosaïque, aux angles de laquelle se détachaient des figures d’enfant représentées à mi-corps en bronze surdoré d’or moulu 4. L’ébéniste du Roi ne cessa ses fonctions qu’au mois de juin 1774 s, peu avant de s’éteindre dans sa maison delà rue Sainte-Anne, en sa quatre-vingt-septième année 6.
Ce maître n’a signé qu’une minime partie de ses travaux. Il était déjà au déclin de l’âge quand l’emploi des marques se généralisa dans sa communauté, et il ne montra guère d’empressement pour se plier à la règle qui les rendait obligatoires. On connaît en effet peu de pièces frappées de son poinçon JOUBERT. Alfred de Champeaux avait relevé cette empreinte sur deux petites tables enrichies de porcelaines7. Elle a été trouvée depuis lors sur une table à jeu en marqueterie de la collection du baron de Gunsbourg8 et sur plusieurs commodes en laque noire à décor chinois, dont l’une faisait naguère partie de l’ameublement de Mme la duchesse d’Avaray au château de Mareil-le-Guyon 9. Par contre les belles encoignures de la Bibliothèque nationale ne portent pas d’estampille. C’est à Germain Bapst que revient le mérite d’avoir découvert leur auteur en feuilletant les registres du Garde-meuble to. Des recherches méthodiques permettraient sans doute d’identifier quelques autres productions de cet habile et laborieux artiste.
JOUVET, industriel parisien, demeurant dans la rotonde du Temple, inventa sous le Consulat une « nouvelle marqueterie applicable aux bois et aux métaux ». Il en présenta des échantillons à l’Exposition de l’an IX11.
terie, Menus-Plaisirs et Affaires de ma Chambre, me Antoine- François Hébert, la somme de 83384 liv. 8 sols, 9 den. pour employer au fait de sa charge, même icelle délivrer à Joubert, Ébéniste, pour son payement des ouvrages par luy faits et fournis pendant l’année 1771, par mes ordres, tant pour mon service que pour celuy de mes petits fils et petites filles, en mes Maisons Roïalles, scavoir: 68779 liv. 18 s. 3 d. pour 21 commodes, 5 bureaux, 3 tables à écrire, 3 armoires en bibliothèque, 2 encoignures, 1 table de nuit, 1 chaise d’affaires et 3 bidets de différens bois des Indes à placages et enrichis de bronzes cizelés surdorés d’or moulu, faisant ensemble 39 pièces à 1763 liv. 11 s. 9 d. chacune; 5301 liv. 19 s. pour 13 commodes, 2 bureaux, 2 secrétaires et 2 encoignures d’ouvrages en marqueterie garnis de bronze en couleur d’or, faisant ensemble 19 pièces à 279 liv. 1 s. chacune; et 5998 liv. 13 s. 6 d. pour m pièces d’ébénisterie commune à 54 liv. 10 s. chacune, le tout l’un portant l’autre; y compris 2279 liv. 10 s. 3 d. tant pour 209 journées d’ouvriers à 6 liv. par jour employés dans mes Maisons Roïalles aux réparations d’ébénisterie que pour menues fourni-
Les Ébénistes du XVIII • siècle .
tures et ports desdits ouvrages, et 1029 liv. 8 s. 9 d. pour les trois deniers pour livre de 82355 liv. attribués audit Trésorier. — Fait à Versailles, le 3 juillet 1772 ». (Arch. nat. O1. 3623).