‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 252 sur 397 · Liste générale des M*s Men.-Ébén. de Paris · texte numérisé non relu

Liste générale des M*s Men.-Ébén. de Paris

en acajou \ De son mariage avec Thérèse Decrouan 1 2 3, lui vinrent trois fils qu’il éleva dans la même profession. L’aîné, Antoine-Simon, passé maître le 14 octobre 1786 }, et le second, Jèan-Laurent, fournirent tous deux des tables de salle à manger au Garde-meuble impérial4; ils demeuraient l’un et l’autre rue de Charenton, nos 40 et 62. Leur frère cadet Simon-Nicolas, dit Mansion jeune, devait se révéler un véritable artiste5. Il commença par s’établir rue des Champs-Elysées, n° 7, et se distingua dans l’ébénisterie de luxe. Pour l’Exposition industrielle de 1806, il construisit « un secrétaire et une commode d’un genre neuf6 * », en bois d’acajou et d’if, richement ornés d’appliques à feuilles d’acanthe. Ces pièces, que l’impératrice Joséphine possédait à la Malmaison, font encore partie du Mobilier national. Le tiroir du secrétaire porte une inscription qui se termine dans l’intérieur de la commode : Dédié à Napoléon 7er, 'Empereur des Français = par son très obéissant serviteur Mansion. Bientôt après, celui-ci abandonna l’état d’ébéniste pour de plus nobles travaux. Le 11 novembre 1810, Denon écrivait à l’Empereur : « Mansion jeune, ébéniste, a quitté depuis dix-huit mois sa boutique et a exposé au Salon une figure dont la grâce lui mérite l’estime de tous les artistes ». Il obtint en effet une première médaille pour ce marbre, qui orne aujourd’hui le parc de Compiègne. Dès lors, Mansion se consacra uniquement à la sculpture. On lui doit plusieurs des bas-reliefs qui décorent les œils-de-bœuf sur la cour du Louvre. Il avait depuis longtemps cessé de produire, lorsqu’il mourut en 1854, âgé de plus de quatre-vingts ans.

MANTEL (Pierre) s’installa de bonne heure comme ouvrier libre, avec deux compagnons et deux apprentis, rue du Faubourg Saint-Antoine, dans la maison du Saint-Esprit ou de la Colombe. Au cours d’une de leurs visites, en juillet 1765, les jurés menuisiers trouvèrent chez lui des tables à jeu, des toilettes et des demi-toilettes \ qu'ils reconnurent « fabriquées en bons bois et faites suivant l’art 8 ». Le Ier octobre 1766, Mantel reçut des lettres de maîtrise9. Il demeura ensuite rue de Charenton, puis rue Saint-Antoine, n° 220, où il s’éteignit le 8 mai 1802 I0. On a prétendu qu’il travailla pour le comte d’Artois ; c’est une erreur due à la mauvaise lecture d’une pièce d’archives qui concerne l’ébéniste Mauter. Mais son estampille P. MANTEL a été relevée sur des productions fc ;t honorables, telles qu’un secrétaire en mosaïque quadrillée ayant appartenu au baron de Gunzbourg 11 et une commode plaquée à filets qui figurait dans l’ancienne collection de Mme Demachy,née Girod de l’Ain I2.Le meilleur meuble que j’ai vu de lui est un très petit secrétaire en bois de rose, dont l’abattant se déplie par le milieu pour former un bureau de largeur suffisante ; ce gracieux ouvrage se trouve chez M. Puiforcat.

1. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 2976. Livre du march. Trintzius ; Reg. 2869. Journal du march. Bonnichon. — Bilans, cart. 94, bil. du march. Menesson, an XI ; cart. 99, bil. du march. Bonnichon, an XIII.

2. Elle décéda le 14 oct. 1813, à 72 ans. (Arch. de la Seine. Enregist. Q?. 372).

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