Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y
1 3 . Statuts, Privilèges, Ordonnances et Règlemens de la Communauté des Maîtres Menuisiers et Ebénistes de la Ville de Paris, Paris, 1751, art. xxm.
14. Arch. nat. Y. 14416, 3 sept. 1768; Y. 15 105. Procès Migeon-Tiremois, 1774-1786.
de diverses attributions de police. Dans les actes publics, Migeon prenait la qualité de négociant par préférence à celle d’ébéniste; il semble en effet s’être intéressé au commerce des meubles plus qu’à leur fabrication. Néanmoins il avait conservé l’atelier de son père et fit sans doute usage de la même estampille, car on trouve la marque MIGEOW sur des pièces que leur style rattache à la fin du règne de Louis XV, telles qu’un petit meuble-étagère de l’ancienne collection Allard de Meeus — Il mourut, à l’âge de quarantedeux ans, le 21 août 1775, et, le lendemain, fut inhumé nuitamment, comme la loi l’exigeait pour les hérétiques L
La maison appartint ensuite à sa veuve, Anne Guerne (1741 f 1799), qui montra peu de prudence dans la conduite des affaires. Les crédits qu’elle consentait à certaines clientes, — • entre autres à la danseuse Guimard, — des procès onéreux et des billets trop facilement souscrits causèrent sa faillite3. Le bilan qu’elle déposa au mois de décembre 1785 faisait valoir, pour rassurer ses créanciers, que la succession de ses parents devait lui apporter 200.000 livres. Peu après, ayant sans doute recueilli cet héritage, elle se remaria avec un ancien capitaine de cavalerie, le chevalier Robert-Nicolas Haillet du Longpré4.
MILET (Pierre-François) prêta serment comme maître ébéniste à Paris le 5 octobre 1767 5 et mourut avant 1782. Il résidait rue Sainte-Marguerite, où sa veuve lui succéda6. Les productions de son atelier portent la marque P. F. MILET en caractères espacés. Je n’ai rencontré cette estampille qu’une seule fois sur une commode en tombeau, plaquée de bois de rose et de violette, que possède M. de Monicault, député de l’Ain.
Parmi les Vainqueurs de la Bastille figure un autre Pierre-François Milet, également ébéniste, sans doute fils ou neveu du précédent, né à Paris en 1760. Il avait servi dans sa jeunesse au régiment de La Fère. Après le 10 août, il fut incorporé dans la 35e division de gendarmerie avec laquelle il fit campagne en Vendée7.
MILLER (Christian), fabricant et marchand de meubles à Paris, se trouvait établi rue du Faubourg Saint-Antoine avant la Révolution8. Sa maison, transférée plus tard rue de Charonne, est citée dans les annuaires jusqu’en 1813.
MILLER (Nicolas), natif de la Lorraine allemande, fut reçu maître ébéniste à Nancy le 16 avril 1788 9.
MILLS (Daniel etJosEPH), ébénistes anglais, associés à Londres, Vine Street, Hatton garden, entre 1769 et 1781, vendaient spécialement des meubles laqués dans le goût d’Extrême-Orient '°.
MOISELET (Jean-Louis) tenait sous le Directoire fabrique et magasin de meubles rue du
] . Vente à Paris, juin 1910, n° 198 du catalogue. 6. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 14096, 22 mars 1769. —
2. Arch. nat. Y. 14102. Scellés du 21 août 1775 et Pr.-verb. Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris, 1782-1785.
d’inhumation du 22 août 1775. 7- Arch. nat. T. 5141,5. Papiers du député Osselin, Liste
3. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 52, 11 sept. 1780; cart.65, des Vainqueurs de la Bastille, n° 121. — J. Durieux. Les Vaiti-
2 déc. 1785; cart. 68*, 29 sept. 1786. queurs de la Bastille, Paris, 1911, p. 157.
4. Son second mari mourut avant la fin de mai 1791 8. Arch. nat. Y. 14436, 17 juillet 1788.
( Annonces , Affiches et Avis divers, 1791, p. 1980). 9. Arch. dép. de Meurthe-et-Moselle, E. 348.
5. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9331. 10. Kenl's Directory, années 1770 et suiv.
Faubourg Saint-Antoine, n° 58. Il produisait des ouvrages en acajou à canneaux et mouluresde cuivre, garnis de bronzes provenant de chez le fondeur Masson. Il fit faillite en mars 1801
MOLITOR (Bernard), né en Allemagne vers 1730, vint se fixer à Paris sous le règne de Louis XV, avec son frère Michel, également ébéniste1 2. Ils commencèrent par exploiter ensemble un petit atelier situé dans la cour de l’Orme, à l’Arsenal, en vertu des franchises attachées aux bâtiments royaux. En vue de se faire connaître, Molitor annonça dans les journaux qu’il possédait « un secret pour la destruction des punaises » et offrait de l’expérimenter à domicile chez les personnes qui le désireraient 3. D’après d’autres réclames, il confectionnait des & chaufferettes à la Comtesse , faites en forme de livre afin de servir à l’église, en voiture, en spectacle et en voyage sans qu’elles puissent être aperçues4». Mais les goûts de cet ébéniste le portaient vers des travaux d’art, auxquels il ne pouvait malheureusement se livrer que dans la mesure de ses ressources. La maîtrise lui fut conférée le 26 octobre 1787 5. A cette époque les frères Molitor n’avaient pas encore acquis la nationalité française; ils parlaient même si difficilement notre langue qu’ils durent se faire assister d’un interprète pour porter plainte au sujet d’un vol commis chez eux6 *. Ceci n’empêche point Michel d’être, quelques mois plus tard, un des héros du Quatorze-Juillet v On perd ensuite sa trace jusqu’au moment où il décéda, rueNeuve-de-Luxembourg8, le 12 mars 1810, âgé de soixante-seize ans9 * *. Quant à Bernard, il avait quitté l’Arsenal en 1788 pour s’installer rue de Bourbon Saint-Germain (qui allait devenir celle de Lille), à proximité de la rue de Bellechasse t0. Ses talents furent alors récompensés par des commandes de la Cour, pour le payement desquelles il se fit porter sur l’état des créanciers de l’ancienne Liste civile à la chute de la Monarchie. Il continua d’exercer sous l’Empire, ayant transféré son établissement boulevard de la Madeleine 1 h En 18 n, le Garde-meuble lui demanda des tables à manger, des consoles, des tables à jeu de bouillotte et de quadrille destinées au service des ministres et des grands-officiers de la Couronne I2. Sa maison disparut peu après.
Cet ébéniste, qui signait B. MOLITOR, est représenté au musée du Louvre par deux petits cabinets en laque de Chine, sur des socles d’ébène ornés de bronzes à palmettesIJ; ils furent
1. Alm. du Commerce de Favre et Duchesne, an VII. — Arch. de la Seine. Bilans, cart. 89, Ier germ. an IX.
2. Arch. nat. Y. 14100. Reg. de perception des taxes des ouvriers privilégiés, 1773.
3. Annonces, Affiches et Avis divers, 1778, p. 1404; 1781, p. 1770.