‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 276 sur 397 · Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q.a · texte numérisé non relu

Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q.a

14. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 878, Journal des frères Presle, march. -tap., p. 147 et passim.

mais devait être fort estimé pour ce genre d’ouvrages, si l’on en juge par le nombre de marchands dont il fournissait les magasins1. Sous la Révolution, faute de travail pour dépenser son activité, Mongenot s’engagea dans le bataillon des volontaires de Sainte-Marguerite (avril 1793). Ce vieux brave avait alors soixante et un ans. On le nomma sergent avant de le rayer des contrôles lors de l’embrigadement de son corps2. Il ne s’éteignit que seize années plus tard, s’étant marié trois fois et ayant fait fortune.

MONTBARD, ébéniste sous Louis XIV, est cité dans les Comptes des Bâtimens à la date du 28 novembre 1705, comme acquéreur d’un lot de bois de cèdre provenant des magasins du Roi3.

MONTIGNY (Philippe-Claude), né en 1 73 4 4, mort à Paris le 26 juin 1800 s, se classa parmi les meilleurs ébénistes de sa génération. Fils de Louis Montigny, ouvrier privilégié du faubourg Saint-Antoine6, il acquit la maîtrise le 29 janvier 1766 7, et conserva l’ancien atelier de son père situé cour de la Juiverie,près des fossés de la Bastille. L 'Almanach Dauphin le prône comme « l’un des plus renommés pour les meubles en écaille et argent ou ébène et cuivre, dans le genre des ouvrages du célèbre Boulle8 ». Ces sortes de meubles eurent un regain de faveur sous Louis XVI, qui en fit réparer un grand nombre appartenant à la Couronne. Montigny fut un des spécialistes chargés de leur réfection. Il concourut à rétablir la série des médailliers du Grand Roi devenus hors de service. Notre Mobilier national conserve encore dix de ces pièces historiques, sauvées de l’incendie des Tuileries en 1871. Une de celles que l’on peut voir dans la galerie d’Apollon au musée du Louvre porte la marque du maître, qui signait MONTIGNY, sans initiale de prénom 9.

En imitant la technique des anciens ébénistes, cet homme de goût se pénétrait de leur esprit. Les œuvres qu’il créa dans le style de son époque se rattachent aux traditions du dix-septième siècle par leur mâle et fière élégance. Les plus typiques sont de grands bureaux en bois d’ébène sur lequel ressortent des cuivres d’un beau travail. Un morceau de ce genre faisait partie de la vente Demachy (mars 1917). On connaît des pièces analogues en acajou et en mosaïques à dessins de grecques (planche XLVI). Dans le musée Jacquemart-André, Montigny est représenté par un secrétaire en bois de placage avec des filets de citronnier formant des bordures à coins lobés d’un effet imprévu I0. M. le comte de La Béraudière possède du même auteur une précieuse petite table, qui provient de l’ameublement du duc dePenthièvre au château de Sceaux.

1. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 28, bil. du mardi. -ébén. Moreau, 1768; cart. 35, bil. du march. J.-D. Garnier, 1772; cart. 40, bil. du march. -ébén. Vandernasse, 1773 ; cart. 44, bil. dutap. Lucet, 1775 ; cart. 44*, bil. du tap. Leclerc, 1777 ; cart. 45, bil. du tap. Grandin, 1775 ; cart. 48, bil. du tap. Turcot, à Versailles ; cart. 50, bil. du tap. Beury, 1779 ; cart. 52, 65 et 68*, bilans de la veuve Migeon, march. -ébén. ; cart. 69, bil. du march. Bonnemain aîné, 1784-1787 ; cart. 1 14, bil. de la femme Tricot-Ferri n, march. tap. à Versailles, 1777 ; cart. 116, bil. du tap. Bimuler, 1777, et bil. du march. Simon Carré, 1777, etc. — Arch. nat. Z™. 39. Scellés après décès de J.-F. Œben, ébén. du Roi, 1763 (39e opp.).

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