Annonces, Affiches et Avis divers, 1781, p. 1304 et
9. hl. 1781, p. 2526. — Journal de Paris, Enterrements du ic nov. 1781.
10. Ern. Zaïs. L’ébéniste David Roentgen (Ga\. des Beaux-Arts, 30 part., t. IV, 1890).
sous Ferre, offre un bain-marie et n’expose ni aux accidens du feu, ni aux désagrémens de la fumée. Le centre de la table conserve une chaleur suffisante pour tenir les boissons chaudes et même en faire bouillir à l’instant jusqu’à trois pintes; elle a des compartimens propres à contenir linges, éponges, tasses, flacons, boules d’étain, lampions, papier, écritoire, outre une espèce de chancelière destinée à tenir les pieds chauds1 ». On ignore si Nivert construisait lui-même ces meubles extraordinaires ; en tous cas, il n’appartenait point à la corporation des menuisiers.
NOCART (Jacques-Joseph) exploitait un atelier d’ébénisterie comme artisan libre à Paris, rue de Charenton, en 1732 2 ; il dut obtenir plus tard un brevet de privilège qui lui conféra les avantages de la maîtrise et le droit de signer ses travaux. Entre 1768 et 1773, Nocart fournit plusieurs commodes en marqueterie pour le service du Roi, par ordre de M. de la Ferté, intendant général des Menus-Plaisirs 3. On le trouve, vers la même époque, en relation avec des marchands renommés tels queDenys Genty et Louis Moreau +. Il paraît avoir vécu jusqu’en 1779 5. J’ai trouvé la marque NOCART sur un petit bureau de dame fermant à cylindre et présentant des panneaux de placage bordés de grecques.
NOËL (Noël Malle, dit). Voy. Malle.
NOGARET, menuisier en meubles, fiorissait à Lyon au milieu du dix-huitième siècle. On le suppose père du sculpteur Jacques-Philippe Nogaret, né dans cette ville vers 1733 et qui devint en 1778 élève de l’Académie à Paris6. Un autre membre de sa famille fut dessinateur de soieries7. Lui-même pratiqua son métier en véritable artiste. Il créa, dans le style de la Régence et de la première période du règne de Louis XV, des bois de sièges qui se distinguent par l’harmonieuse puissance de leurs lignes et une exécution très brillante. Ses ouvrages, presque tous en noyer sculpté et verni, à décor de fleurs et rocailles, sont estampillés en petites lettres : NOGARET A LYON. Un beau lit de repos portant cette empreinte figure dans les collections de Chaalis léguées à l’Institut par Mme Édouard André. Six fauteuils du même auteur parurent à la vente de Mme la vicomtesse J. de Rainneville (avril 1902). Je possède une suite de neuf grandes chaises frappées de sa marque. MM. Audin et Vial mentionnent, dans leur Dictionnaire des Artistes et Ouvriers d'art du Lyonnais, plusieurs mobiliers de Nogaret conservés dans les familles de cette région.
NORÆUS (Johan), ébéniste suédois, reçu maître à Stokholm en 1769, mourut en 1781 8. Il est nommé dans les comptes de la Couronne sous le règne de Gustave III pour la fourniture d’une petite commode en marqueterie avec des appliques de bronze9. On a signalé son estampille I: NORÆUS sur une armoire à deux corps, en bois de placage, ouvrant à portes dans le haut et offrant dans le bas trois rangs de tiroirs I0.
1. Alm. sous verre. Notice de 1784, col. 272, n<> 229. — Cf. 6. H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. Les Artistes décorateurs
Annonces, Affiches et Avis divers, 1784, p. 91. du Bois, t. II, p. 55-56.
2. Arch. nat. Y. 10994, 10 juin 1752. — Y. 10998, 16 juin 7. Arch. de la Seine. Consulat. Rapports, cart. 25, 4 germ.
1757. an V. — « Nogaret, ci-dev. dessinateur de la fabrique de
3. Arch. nat. O1. 2873, fol. 22 v° ; O1. 3043 ; O1. 3111. Lyon », demeurait alors à Paris, rue du Faubourg Saint-Martin.
4. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 20,6 avril 1762; cart. 8. Dr J. Bôttiger. Kungl. Hofschatullmakaren och Ebenisten
28,21 juin 1768. Georg Haupt, Stockholm, 1901, p. 116.
5. Id. Ibid., cart. 48*, bilan du tap. Barbeillon, 1779 (sous le 9. Arch. de l’État Suédois. Hofkassaboken , 1774.
nom de « Nicart »). 10. Dr J. Bôttiger. Ouv. cité, pl. 5 x.
NORDIN (Lars), ébéniste de la cour de Suède, résidait à Stockholm, où il passa maître en 1752 et mourut le 2 octobre 1786 Au début de sa carrière, il fît pour la reine Louise-Ulrique deux somptueux cabinets destinés à contenir des collections d’insectes. Plus tard, il livra une paire de commodes en marqueterie, qui devaient orner la chambre du roi Adolphe-Frédéric au palais à Stockholm. Artisan habile et laborieux, Nordin travaillait beaucoup pour l’exportation. Dans la seule année 1767, il expédia sur Dantzig et Stralsund vingt et une caisses de marchandises, contenant des bureaux avec leurs serre-papiers, des commodes, secrétaires et tables de nuit
en bois des Iles et en noyer incrusté d’ébène1 2. Ses productions portent la marque
imprimée en grandes lettres dans un cadre rectangulaire. Cet ébéniste est représenté au musée du Nord par un secrétaire en pente d’un style assez lourd, et une petite commode qui rappelle davantage le goût français.
NORMAND (Charles-François), menuisier parisien, présenta ses lettres de maîtrise au Châtelet le 12 juin 1747 3, avant de lever boutique rue de Cléry. Il travaillait encore en 1767, date à laquelle il prisa les ouvrages dépendant de la succession de son confrère J. -A. Gauthier4. Son atelier semble avoir disparu peu après. Ce maître, qui signait C. F. NORMAND, est surtout connu pour avoir fait la menuiserie du fauteuil de malade dans lequel Voltaire expira chez le marquis de Villette. Notre planche LXVII montre cette pièce historique, actuellementconservée au musée Carnavalet. Des sièges de salon, frappés de la même estampille, figurent dans le mobilier royal de Suède au château de Gripsholm.
NUCE est cité dans les comptes du prince de Condé en 1707, pour le payement d’un petit mémoire d’ébénisterie se montant à 60 livres 5.