Arch. nat. O1. 2052, 12 avril
réussit pas à rétablir ses affaires et, au bout d’un an, dut fermer boutique. Quant à son fils, Jacques-Simon, né en 1758, il resta un ouvrier obscur, qui se fit seulement connaître comme l’un des Vainqueurs de la Bastille
Notre artiste ne devait pas avoir l’habitude de signer ses ouvrages. Le musée de Kensington possède une des rares pièces sur lesquelles on a relevé son poinçon S. OEBEN 1 2. C’est une table en marqueterie, à contours sinueux, sur des pieds-gaînes ornés de bronzes qui simulent des pendentifs de lauriers. Le dessus se divise en trois parties, celle du milieu étant fixe et les deux autres glissant de côté pour découvrir des casiers. L’élégance originale de ce meuble et sa très fine exécution font brillamment valoir les talents de son auteur.
ŒBEN (Joseph), dit Aubin, ébéniste à Tours, n’avait sans doute aucune parenté avec ses fameux homonymes. En tous cas, il ne profita point de leur crédit, et se contenta d’acquérir par ses propres mérites la petite renommée locale que pouvait ambitionner un artisan de province. Reçu maître à Tours le 16 mai 1781, Joseph Œben exerça dans cette ville jusqu’à la Révolution. Il y tenait boutique sur la place Saint-Gratien, en face de la cathédrale. La plupart de ses ouvriers étaient originaires d’Allemagne ou des Flandres 3.
OHNEBERG (Martin), né vers 1739 4 5, obtint des lettres de maîtrise à Paris le 7 juillet 1773 s. Durant tout le règne de Louis XVI, il exploita un atelier très actif, situé rue Traversière-Saint-Antoine, « à gauche par la Grande-rue 6 ». Il habita plus tard cour de la Juiverie, où il vivait encore au printemps de 1 798 7. Cet artisan travailla pour une foule de marchands en vogue 8. Il composait ses ouvrages avec soin, dans un goût sobre et léger. Étienne Garin, rue de Charenton, fut un des fondeurs auxquels il demandait leurs ornements9. — On connaît de nombreuses pièces signées M. OHNEBERG. Notre planche L en montre un exemplaire, ayant appartenu à M. Devaux I0. Les collections de Chaalis léguées à l’Institut par Mme Édouard André renferment un petit bureau de dame, en bois de rose, qui porte l’estampille de ce maître. Beaucoup de ses meubles présentent de gracieuses marqueteries à dessins de fleurs et trophées d’attributs. Dans le catalogue de la vente Alfred Bergaud est reproduite une commode demilune ainsi décorée 11 ; un secrétaire du même genre se trouve chez le baron de La Rochette, en son château, près de Melun I2.
1. J. Durieux. Les Vainqueurs de la Bastille, Paris, 1 9 1 1 , p. 1 6 1 .
2. Catalogue of the Jones Bequest in the South Kensington Muséum, London, 1882, p. 79, n° 718.