Id., mars 1920, n
12. H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. Les Artistes décorateurs du Bois, t. II, p. 60. On trouvera dans cet ouvrage l’indication de plusieurs autres meubles signés par Ohneberg.
OHRMARK (Erik), menuisier en meubles à Stockholm, florissait sous le règne de Gustave III '. Il exécuta pour ce souverain des sièges de style français, la plupart avec le concours d’un de nos compatriotes, le sculpteur J. -B. Masrelier, qui résidait alors en Suède. Lorsque la Révolution eut discrédité nos modes, Ohrmark changea de manière et s’inspira de l’art anglais. En 1792, il fit, dans ce nouveau goût, plusieurs suites de chaises destinées aux résidences royales.
OLIVIER (les), artisans parisiens qui se succédèrent comme tabletiers du Roi pendant plus d’un siècle, de 1678 à 1785 2. Attachés au service du Garde-meuble et des Menus-Plaisirs, ils fournissaient à la Cour des billards, des trou-madame, des tables à jouer, en laque et en bois des Iles. Le plus connu d’entre eux, Étienne, exerçait rue des Arcis vers le milieu du règne de Louis XV 3. Il a signé de l’inscription Olivier sculpsit un coffret en marqueterie que possède le musée de Cluny et qui renferme « l’estalon des mesures à l’huile » commandé en 1742 par la communauté des maîtres chandeliers-huiliers de Paris. — U Almanach du Commerce mentionne encore deux ébénistes du même nom qui résidaient, à l’époque du Directoire, dans le voisinage l’un de l’autre, rue du Faubourg Saint-Antoine, nos 225 et 250.
OLONDE (Étienne-Marin), fils d’un marchand-tabletier de Paris, fut reçu maître ébéniste le 11 octobre 1788 4. Son atelier, situé rue du Faubourg Saint-Martin, subsista jusqu’en 1812 s.
O’NEIL, dont le nom indique une origine irlandaise, était connu à Londres, vers 1790, comme un fabricant de sièges laqués. Il travaillait, en société avec son confrère Smith, dans White Street, Borough é.
OPHOF (Jean-Guillaume), ouvrier ébéniste, natif d’Allemagne, prit part au siège de la Bastille7; un secours de 500 francs lui fut accordé en 1832 par le gouvernement de Louis- Philippe 8.
OPPENORDT (Alexandre-Jean) fut un des principaux ébénistes du temps de Louis XIV9. Né vers 1639 dans la ville de Gueldre, qui était alors sous la domination espagnole, il appartenait à une famille hollandaise professant la religion catholique, et s’appelait de son vrai nom Cander-Johan Oppen-Oordt. Étant venu chercher fortune à Paris, il commença par s’établir dans l’enclos privilégié du Temple, où les artisans libres se trouvaient sous la sauvegarde du grand-prieur de Malte. Quelques années plus tard, il épousa une française, Judith Favier, qui lui donna trois fils ; le plus jeune, Gilles-Marie (1672 J* 1742) devait acquérir une brillante réputation comme architecte et dessinateur. Après avoir obtenu des lettres de naturalisation au mois d’octobre 1679, Jean Oppenordt fit un stage à la manufacture des Gobelins, puis reçut en
1. Arch. de l’Etat Suédois. K. Husgerâdskammarens Râhenskap 6. Universal Britisb Directory, 1790-1793.
(1781-1792). 7. Arch. nat. T. 5 141, 5. Papiers du député Osselin, Liste
2. J. Guiffrey. Comptes des Bâtiments du Roi, t. I à IV. — des Vainqueurs delà Bastille, n° 375.
Arch. nat. O1. 2846 à 2854; 0‘. 3543 ; O'. 3617, 1, etc. 8. Moniteur du 3 nov. 1832.
3. Arch. nat. Y. 1401 7. Scellés chez le président de Pieux, 9. V. au sujet de cet artiste: Jal. Dict. crit. de biographie et
13 déc. 1745. d'histoire, p. 924-925. — A. de Champeaux. Le Meuble, t. II,
4. Liste générale des Mes Men-Ebén. de Paris, 1789. p. 100-101. — E. Molinier. Hist. des Arts appliqués à l'Indus-
5. Alm. du Commerce de Favre et Duchesne, an VII (sous le trie , t. III, p. 82. — H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. Les
nom d’ « Olone »). — Alm. du Commerce. Artistes décorateurs du Bois, t. II, p. 61-62.
1684 un logement dans les Galeries du Louvre. Ses talents furent récompensés en outre par le titre d’ébéniste du Roi et des gages annuels de 30 livres, qui suffisaient à lui conférer la situation honorable d’un fonctionnaire de la Couronne. Durant le reste de sa carrière, l’artiste continua d’être attaché au service des Bâtiments royaux, pour lequel il exécuta non seulement des meubles, mais aussi des parquets de marqueterie et d’autres ouvrages de décoration comme des modèles de chambranle. En 1694, il sollicita l’autorisation de se rendre en Italie, au pèlerinage de Lorette, pour accomplir un vœu. On le trouve encore cité en 1703 dans les comptes du prince de Condé, qui l’employait aux embellissements de son hôtel à Versailles l. Oppenordt avait alors plus de soixante-cinq ans. Sa période d’activité semble s’être terminée peu après. Il habitait en dernier lieu rue Champfleury, sur la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, où il mourut le 16 avril 1715 2.
La vie de cet ébéniste est mieux connue que ses œuvres, sur lesquelles les documents de l’époque nous renseignent assez mal. Les textes les plus précis concernent des fournitures pour le « Cabinet des Médailles et des Raretés » que Louis XIV fit installer dans le palais de Versailles à l’apogée de son règne 5. Oppenordt embellit ce salon de quatre armoires en bois violet et d’un grand bureau dont les bronzes furent ciselés par Leverve d’après des sculptures de Lehongre. On lui demanda aussi « douze cabinets de marqueterie pour les médailles du Roy ». Ne seraient-ce pas les fameux médailliers en ébène incrustée de cuivre, qui ont toujours été regardés comme des ouvrages de Boulle? Dix d’entre eux, rétablis sous Louis XVI4, font encore partie de notre Mobilier national et plusieurs sont exposés dans la galerie d’Apollon au musée du Louvre s. Ces meubles offrent tous une décoration identique: sur leurs vantaux se détachent en haut-relief les figures de la Religion et de la Sagesse, personnifiées sous les traits d’une jeune femme et d’un vieillard ; d’autres appliques de bronze doré simulent des médailles suspendues par des rubans. La suite complète se composait de quatorze pièces ; mais il se pourrait que Boulle eût créé une paire de prototypes, dont Oppenordt fit douze répétitions pour terminer la série. Cette hypothèse est vraisemblable. Nous savons en effet que notre artiste produisait des ébénisteries très analogues à celles de son illustre confrère. Logé comme lui au Louvre, ayant le même titre et les mêmes gages, il dut plus d’une fois concourir aux mêmes travaux.
ORTALLE (Charles) obtint des lettres de maîtrise à Paris, comme gendre d’un maître, le 26 janvier 1756 6, mais ne les fit enregistrer que sept ans plus tard 7, ayant sans doute collaboré jusqu’alors avec son beau-père. Il travailla ensuite pour son compte rue Sainte-Avoye dans la maison qui portait le n° 60 à l’époque de la Révolution 8. Son atelier subsistait encore au printemps de 1792 9. On connaît des meubles en bois de placage signés C. ORTALLE.
OTHON (Pierre), menuisier parisien, reçu maître le 8 janvier 1760, exerça rue des Vieux-
1. Arch. du Musée Condé à Chantilly. Comptes du prince de 5. Carie Dreyfus. Musée du Louvre. Le Mobilier du XVIIe et
Condé, 1705, p. 418-419 (sous le nom d’ « Openolt »). du XVIIIe siècle, 2e éd. Paris [1922], n°s 112 à 116.
2. H. Herluison. Actes d' Etat civil d’ Artistes français. Orléans, 6. Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris, 1782-1789.
1873, p. 328. 7. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9328, 31 août 1763.
3. J. Guiffrey. Comptes des Bâtiments du Roi, t. Il, col. 329, 8. Abu. des Adresses de Paris, 1791.
458, 774, 874 et 917. 9. Annonces, Affiches et Avis divers, 8 mars 1792, p. 945.