Vente à Paris, nov. 1922, n
15. Carie Dreyfus. Musée du Louvre. Mobilier du XV IL et du XVIIIe siècle, 2e éd. Paris [1922J, n°s 183 a 194. — H. -M. Magne. Le Mobilier français . Les Sièges, Paris [1922], pl. XIX.
Couronne d'Or, un des magasins les plus renommés de Paris pour le mobilier d’art et les objets de curiosité1. Il continuait le commerce de son père, marchand fameux qui avait été chargé en 1724 de priser les meubles dépendant de la succession du Régent2 3. Formé par un homme de goût, Simon Poirier mérita lui-même la réputation d’un connaisseur averti et d’un savant expert. Il dirigea plusieurs ventes célèbres, entre autres celles de Gaignat en 1768 et de Bonnemet en 1771. Outre les Menus-Plaisirs du Roi5, il fournissait le comte d’Artois4, le prince de Condé5, le maréchal de Soubise6, et Mme du Barry, qui lui fit des achats considérables, se montant à plus de 100.000 livres, pour l’installation du pavillon de Louveciennes7. Après 1777, son commerce fut continué par le marchand Daguerre.
POITOU (Philippe)8, ébéniste de Louis XIV, puis du duc d’Orléans, né vraisemblablement vers 1640, mort à Paris le 9 avril 1709. Il avait pour spécialité la construction des parquets en bois de rapport et semble s’être voué à ce seul genre de travaux. Marié avec Catherine Somer, fille d'un ébéniste du Roi, il fut employé à partir de 1678 jusqu’en 1687 dans le palais du Louvre, les châteaux de Versailles et de Fontainebleau. Il exécuta également des ouvrages à la manufacture des Gobelins sous la direction de Lebrun. Cet artiste résidait rue des Petits-Pères.
Un de ses fils, Joseph, né vers 1682, lui succéda comme ébéniste attitré du duc d’Orléans. Après avoir passé maître le 22 novembre 1710, il s’installa rue Notre-Dame-des-Victoires, au coin de la rue Joquelet, et donna un grand essor à son entreprise. Il mourut en 1718, laissant la maison à sa veuve, Claude Chevanne, qui se remaria l’année suivante avec Charles Cressent.
Trois frères de Joseph exercèrent aussi la profession d’ébéniste. L’aîné de la famille, Jacques- Philippe, tint boutique dans l’enclos du Temple; un autre, Jean, s’établit à Orléans ; le dernier, Claude, resta toute sa vie un obscur ouvrier.
POIX, fabricant et marchand de meubles à Paris, rue [Saint] Denis, Au Goût du Jour, vendait sous le Directoire des meubles de luxe et de fantaisie, en acajou et en bois jaune 9.
POPSEL (Jean), ébéniste d’origine allemande, né en 1720 I0, travailla plusieurs années comme artisan privilégié du faubourg Saint-Antoine ”, avant de passer maître le 5 juillet 1755 I2. Jusqu'à la fin du règne de Louis XV, il demeura rue Traversière, où il exploitait, auprès de son atelier, un « débit de bière, d’eau-de-vie et de tabac’5 ». Il vint demeurer ensuite rue Saint-Nicolas et ne cessa de travailler qu’après 1785. On trouve son estampille J. POPSEL. sur de bons meubles en marqueterie, à décor de carrelages, fleurs et attributs.