‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 320 sur 397 · Annonces, Affiches et Avis divers. 1764, p · texte numérisé non relu

Annonces, Affiches et Avis divers. 1764, p

il devint maître le 20 juillet 1743 ', exerça rue de Cléry durant plus d’un demi-siècle, et eut l’honneur de concourir à l’ameublement de la reine Marie-Antoinette. Il marquait FRC. REVZE, en grandes lettres. Ses ouvrages du temps de Louis XV offrent parfois une ornementation originale, composée de rocailles formant des dentelures au pourtour intérieur des châssis; j’ai vu des pièces de ce genre dans l’ancienne collection Allard de Meeus. Celle de Mme la vicomtesse de Janzé, née Choiseul-Gouffier, renfermait deux fauteuils de Reuze provenant du Petit Trianon. Des sièges du même auteur figurent depuis le xvme siècle dans le mobilier royal de Suède, au château de Tureholm.

REVAULT (Claude), reçu maître à Paris le 5 novembre 1755 2, mourut moins de deux ans plus tard, le 16 octobre 1737 5. Durant sa courte période d’activité, il résida rue du Faubourg Saint-Antoine, vis-à-vis la rue de Charonne. Cet ébéniste comptait parmi ses ouvriers un habile marqueteur, Claude Jabodot, qui travailla dans la suite pour les Menus-Plaisirs. Les garnitures de ses meubles étaient fournies par les bronziers Jacques Guinaud, Bernard Lebreton et François Virgile4. Il signait G REVAULT, avec l'initiale de son prénom accolée à son nom de famille. Mme Demachy possède de lui, au château d’Ognon (Oise), une belle commode en marqueterie à fleurs.

REYMERS (Johan-Henrik), ébéniste suédois, passé maître à Stockholm en 1754, décéda au mois d’août 1773 s. Il fabriquait des meubles assez gracieux, qu’il marquait au fer FREYMERS. De son atelier provient une commode mouvementée, en noyer et palissandre, qui fait partie des collections royales de Suède au musée du Nord.

RHENON (Jean), admis dans la communauté des maîtres menuisiers-ébénistes de Paris le 26 juillet 1741 6, travailla spécialement pour les facteurs d’instruments de musique, auxquels il fournissait des buffets d’orgue et des boîtes de clavecin. Il demeura d’abord rue du Vieux- Colombier7, puis rue du Sabot, d’où il disparut vers 1783.

RHODE (Louis) florissait à Mayence dans le premier tiers du xvme siècle. Il est connu par une œuvre remarquable ayant figuré dans l’ancienne collection Buchner, dispersée à Bamberg en 1891. C’est un bureau en bois de noyer, de rose et d’acajou, décoré de fines incrustations d’ébène et d’ivoire représentant un vase de fleurs, des lambrequins, treillages et arabesques; ce meuble repose sur huit gros pieds cannelés que relient des croisillons et offre un gradin à porte et tiroirs. On y a trouvé une étiquette manuscrite dont le texte peut se traduire ainsi : « fai été fait par Louis Rhode, ébéniste du prince-électeur de Mayence ; je fus T ouvrage de deux années : commencé en 172 y et terminé en juin 7726. /’ appartiens à M. de Nietschken, camérier de la Cour 8 ».

RICHARD (Pierre), menuisier parisien, descendait peut-être d’un autre Pierre Richard qui

x. Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris. 1782-1789. Georg Haupt. Stockholm, 1911, p. 113.

2. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9328. 6. Liste générale des Mes Men .-Ebén. de Paris. 1782.

3. Id. Y. 14084. Scellés chez l’ébén. Claude Ravault (sic). — 7. Annonces, Affiches et Avis divers. 1771, p. 478.

La prisée des ouvrages du défunt fut faite par son confrère 8. « Mich hat gemacht Ludwig Rhode, Churfürstl. Maintz Jacques Dubois. Hof Schreiner; 2jahr arbeith bin ich gewessen. A° 1725 angen-

4. Id. ihid. fangen; A° 1726 in Juny fertig geworden. Ich gehôre den H.

5. Dr John Bôttiger. Kungl. Hofschatullmakaren och Ehenisten Hoff Cam.rath von Nietschken ».

avait été employé par la Couronne sous Louis XIV1. Reçu maître le 9 juillet 1777 2, il exerça successivement rue des Deux-Ecus et rue Saint-Honoré au marché des Quinze-Vingts, sous l’enseigne du Duc de Valois. Cet artisan faisait surtout des ouvrages de grosse menuiserie et des meubles usuels, comme des buffets ou des comptoirs3. Il fabriquait sans doute aussi des bâtis pour les ébénistes, car on a trouvé son estampille sur un secrétaire du temps de Louis XVI, en marqueterie à trophée d’attributs4 5 6.

RICHTER (Charles-Erdmann), natif de Schmiedeberg en Saxe et fils d’un tourneur s, devint maître ébéniste à Paris le 4 février 1784 é. Les documents contemporains le désignent parfois sous le nom francisé de Richeterre. Il se distingua dans la fabrication des meubles en acajou, tels que des bureaux à cylindre, des bibliothèques, commodes et consoles, des tables de fantaisie, avec glace, écran et pupitre7. Dans les premiers temps de son activité, Richter fut un des fournisseurs de Monsieur, le futur roi Louis XVIII. Après avoir demeuré rue Moreau, il s’installa rue Traversière où il continua d’exercer sous l’Empire. Il obtint alors la commande de plusieurs bureaux « en acajou poli à la cire et poncé à l’huile », pour le service des grandsofficiers de la Couronne8. Sa maison figure dans Y Almanach du Commerce jusqu’en 1813.

La production la plus brillante sur laquelle on a relevé son estampille C. RICHTER est une petite armoire que le legs Jones a fait entrer au musée de Kensington. Ce meuble précieux, en bois d’amarante, garni de très jolis cuivres, provient du comte de Provence, dont il porte les chifïres incrustés en bois teint sur ses deux vantaux9 (planche LUI). Un bon bureau à cylindre d’époque Louis XVI, sorti du même atelier, fait partie de notre Mobilier national et orne aujourd’hui le cabinet de l’administrateur du Garde-meuble. L’Exposition des Arts décoratifs de 1882 montrait de cet ébéniste une curieuse pièce en acajou, dans la forme d’un grand chiffonnier, présentant trois rangées de tiroirs surmontés par trois casiers à portes10.

RIEDEL (Jean-Conrad) tenait à Paris, ên 1790, un atelier d’ébénisterie situé rue du Colombier, au coin de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés Il exerçait encore au début de l’Empire I2.

RIESENER (Georges), un des collaborateurs de Simon Œben à la manufacture royale des Gobelins, devait être parent du célèbre ébéniste auquel sera consacrée la notice suivante. Entré dans la manufacture en 1766, il attendit jusqu’en 1785 pour solliciter le certificat de stage qui devait lui permettre d’obtenir la maîtrise sans frais comme ouvrier de la Couronne. Le peintre J.-B. Pierre, directeur des Gobelins, écrivit à ce sujet au comte d’Angiviller : « Le nommé Georges Reisnier (sic), ouvrier ébéniste, travaille depuis dix-neuf ans sous le sr Œben. La maî-

1. J. Guiffrey. Comptes des Batiments du Roi, t. IV (1696-1698).

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