‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 339 sur 397 · Id. O'. 2984 et suiv. rements du 9 juin · texte numérisé non relu

Id. O'. 2984 et suiv. rements du 9 juin

5. Arch. de la Seine. Insinuations de Testaments. Reg. 218, 8. Arch. nat. Y. 14097. Scellés chez Barbe Dulin, veuve de

fol. 166. l’ébén. Michel Roussel, 15 fév. 1772.

jeune, ayant à peine vingt ans, il acquit la maîtrise le 21 août 1745 ', devint juré de sa communauté en 17621 2, député de ce corps en 1777, syndic adjoint en 1779 et syndic en charge l’année suivante 3. Il exerçait rue de Charenton, vis-à-vis la rue Saint-Nicolas, sous Y Image de Saint Pierre, son patron 4. Après d’assez modestes débuts, il réussit à donner une grande extension à son commerce s. Lorsque, en 1767, il fut pris comme arbitre dans un litige entre son confrère Grandjean et un commissionnaire en meubles 6, Roussel s’était classé parmi les premiers ébénistes de la capitale. De 1775 à 1780 7, il reçut du prince de Condé des commandes se montant à un total d’environ 10.000 livres pour le Palais-Bourbon et le château de Chantilly8. La petite fortune qu’il gagna lui permit de marier une de ses quatre filles à un notaire du Chcâtelet; une autre épousa un commis au greffe de la Chambre des Comptes9. Il avait en outre deux fils qui furent ses élèves et ses collaborateurs. Pierre Roussel décéda subitement à l’âge de cinquante-neuf ans. L’inventaire de ses marchandises, dressé après sa mort par les ébénistes Leleu et Cochois, atteste la prospérité de la maison. Dans les ateliers et magasins se trouvaient une cinquantaine de commodes, tant « carrées » que « circulaires » (on nommait ainsi celles en demi-lune), d’autres commodes « en tombeau » et « en console », des tables à l’anglaise, à la Dauphine, à déjeuner, à plusieurs fins, et quantité de différents ouvrages en marqueterie ou en mosaïque de bois des Indes, en laque et en acajou I0.

La veuve Roussel, née Marie-Antoinette Fontaine, continua de gérer l’établissement 11 et garda, suivant la règle, la marque de son mari pour signer les travaux de ses fils associés avec elle. Ces artisans avaient fait leurs preuves: l’aîné, Pierre-Michel, possédait la maîtrise depuis le 28 août 1766; le second, Pierre, dit le jeune, depuis le 13 août 1771 I2. Celui-ci resta auprès de sa mère, tandis que le premier exploitait rue Saint-Honoré, à côté du couvent des Jacobins, une sorte de succursale spécialement consacrée aux meubles de luxe '5. Il conserva la faveur du prince de Condé 14 et devint un des fournisseurs delà Cour15. Au nombre des pièces inscrites soussonnom dans les comptes royaux, figurent un « secrétaire d’acajou moucheté avec des encoignures sur les côtés, orné de jolis bronzes », et une bibliothèque assortie qui portait également des étagères latérales16. — En 1792, Pierre le jeune s’associait avec un sieur Durantin pour entreprendre le commerce des bois exotiques 17 ; peu après Michel vendit son fonds et se retira rue de Grammont. Tous deux vivaient encore en 1800 lorsque s’ouvrit la succession de leur mère18.

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