Ibid., Ier prairial an VIII, p
Le poinçon P. ROUSSEL, employé par les membres de cette famille, se rencontre sur des productions nombreuses et d’une brillante qualité. La plupart sont certainement antérieures à 1782 et datent du vivant de Roussel père. On en connaît de pur style Louis XV. Mme la comtesse F. de Bernard possède une commode de ce genre revêtue de fines marqueteries et dont la façade forme deux galbes symétriques profilés en accolade (planche LVI1I). Le musée Jacquemart- André a recueilli une autre commode d’une époque un peu plus tardive, à décor d’ustensiles et attributs1. Chez Mrae Louise Balthy se trouvait naguère un meuble analogue, montrant un lac animé de cygnes2. Des ouvrages précieux, qui se rattachent à la même période, ont fait partie des anciennes collections Dimitri Schevitch et Parés de Madrid3. Dans le musée des Arts industriels de Berlin, un riche buffet en acajou, avec des tablettes sur les côtés4, rappelle les meubles que Roussel l’aîné livra en 1785 à l’Intendance des Menus-Plaisirs.
ROUSSELET (Pierre-Alexandre-Joseph). — Un personnage de ce nom, domicilié rue du Faubourg Saint-Antoine, prit part à l’insurrection du Quatorze-Juillet, dont il publia un récit intitulé : Détail intéressant sur la prise de la Bastille 5. On le nomma vice-président du Comité des Vainqueurs6. Les documents de l’époque le désignent comme un ébéniste; mais ce prétendu artisan était un folliculaire désireux de se mettre en vedette. Dans un article de l 'Observateur publié en juin 1790, il dénonça un prêtre de sa paroisse, l’abbé Schatzel, qu’il accusait de prêcher la contre-révolution aux ouvriers du faubourg7. Ayant obtenu une place d’inspecteur des Travaux publics, son zèle se calma. Au mois d’août 1792, il fit paraître une protestation contre la fête scandaleuse qui allait être donnée en l’honneur des soldats de Châteauvieux 8. Gorsas, dans son Courrier des 8 3 Départemens 9, flétrit ce libelle qu’il disait « vomi par un mouchard de la cour ». Après la Terreur, Rousselet devint commissaire de police de la section des Amis de la Patrie I0. On connaît encore plusieurs factums qu’il publia sous le Directoire contre les jacobins et les orléanistes 11 . — Il était sans dpute mort depuis longtemps lorsqu’un certain Charles- Antoine-Pierre Rousselet, natif de Provins, abusa d’une similitude de nom pour obtenir la pension de 250 francs accordée par le Gouvernement de Louis-Philippe aux anciens Vainqueurs de la Bastille.
ROUSSELLE (Louis), compagnon ébéniste, né à Paris en 1756, fut, comme le précédent, un des héros du Quatorze-Juillet12. Enrôlé ensuite dans la gendarmerie, il déserta après quelques mois de service. Il habitait en 1795 rue Neuve-[Saint]-Laurent I3.
1. Catalogue du Musée Jacquemart- André, 2e éd., Paris, s. d., n° 48. — Cf. Léon Deshairs. La Tapisserie et le Mobilier au Musée Jacquemart-André (Galette des Beaux-Arts, 19x4, p. 134.)