J.-B. SÉNÉ
uteuil en médaillon irrégulier.
(Mobilier national).
remarquable qui orne le château de Drottningholm (planche LXIV). Cette armoire renferme les premiers écheveaux de soie teints en Suède par des ouvriers français que Gustave III avait fait venir dans sa capitale pour y introduire leur industrie. Le meuble annonce sa destination par quatre tableaux en bois de rapport, qui représentent les travaux des teinturiers de soie d’après les planches illustrant la description de leur métier dans Y Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Un des panneaux porte la signature 7V/7s Vetter Stentstrom Skatullmakare , incrustée en lettres blanches sur fond noir. Comme récompense de cette œuvre, l’artiste eut l’honneur de succéder à Georges Haupt dans l’emploi d’ébéniste attitré de la Cour. Il mourut quatre ans plus tard, au mois d’avril 1790.
STOBWASSER (Johann-Heinrich) l, vernisseur allemand, gagna dans sa patrie une réputation presque égale à celle des frères Martin en France. Fils d’un verrier, il naquit en 1740 à Lobenstein dans la principauté de Reuss. Ayant imaginé dès l’âge de dix-huit ans un nouveau procédé de laquage, il vint à Brunswick pour exploiter son invention et fonda dans cette ville une manufacture qui devint florissante. Avec des cannes, des coffrets, des tabatières en bois et en pâte de papier, Stobwasser fabriquait des meubles et des sièges pareillement décorés de peintures vernies. Pour ces derniers ouvrages, il s’inspirait des modes anglaises, fort en honneur dans le duché depuis que les princes de Brunswick régnaient sur la Grande-Bretagne. Encouragé par le succès de son entreprise, cet industriel ouvrit à Berlin une succursale, qui produisit des objets confectionnés dans le même goût sous la direction d’un vernisseur français nommé Jean Guérin. Longtemps après, à la tête d’une belle fortune, Stobwasser épousa la veuve du célèbre ébéniste David Rœntgen. Il s’éteignit à Brunswick le 3 1 août 1829, dans sa quatre-vingtdixième année.
STÔCKEL (Joseph), ébéniste d’origine allemande, né en 1743 2, mort à Paris le 23 mai 1802 3. Venu en France avant l’âge de vingt-six ans4, il gagna la maîtrise le 2 août 1775, exerça rue de Charenton jusqu’à la Révolution5, puis transporta son atelier rue des Fossés-du-Temple, n° 59 6 . Cet artisan, qui signait I. STOCKEL, se distingua dans la fabrication des meubles de luxe7. Vers la fin du règne de Louis XVI, il collabora avec Beneman à des travaux pour la Couronne. Les deux maîtres ont signé ensemble une superbe commode à trophées guerriers provenant du château de Saint-Cloud et qui orne aujourd’hui le palais de Fontainebleau 8 (planche IV). Dans notre Mobilier national, Stockel est encore représenté par un bureau d’acajou, muni d’un gradin en serre-papiers9. On a trouvé son estampille sur d’autres bons ouvrages, comme une table-console ayant figuré dans l’ancienne collection de Mlle Demarsy I0.
1. Christ. Scherer. Joh.-Hein. Stobwasser und seine Lackwaren-Fabrik in Braunschweig (Braun schweig isches Magasin, 1900, n° 7). — Rich. Graul. Dus XVIII. Jahrhundert Dekoration und Mobiliar, Berlin, 1903, p. 189 et suiv.